actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
Immenses files d’attentes pour recevoir des colis alimentaires, reportage sur la précarité étudiante
Toujours plus d’étudiants font la queue pour recevoir de l’aide alimentaire, offerte par des associations, un signe emblématique de leur précarité grandissante et de l’abandon du gouvernement à leur égard.
Alors que les étudiants, qui doivent suivre des cours en distanciel et dont les revenus ont considérablement baissé à cause de la crise, sont sacrifiés par le gouvernement, leur précarité et leur isolement, déjà importants avant la crise du coronavirus, atteignent désormais des proportions extrêmement inquiétantes.
Quand le gouvernement n’a répondu à cette situation d’urgence que par des demi-mesures ou des fausses annonces, nombre d’étudiants sont contraints d’avoir recours à l’aide alimentaire. Ces centres de distribution de colis alimentaires, gérés par des associations et des bénévoles, ont vu leur affluence décupler ces dernières semaines.
Militants à Révolution permanente et au Poing Levé, nous étions à leur rencontre, Jeudi 4 Février 2021, dans un des trois seuls lieux de distribution à Paris, près du campus de Grands Moulins, dépendant de l'université de Paris.
Deux fois par semaine, nous pouvons y voir une file d’attente chaque fois plus longue d’étudiants attendant dans le froid, venus pour certains une heure et demi en avance, afin d’être sûrs de bénéficier de cette aide qui leur est désormais indispensable.
S’ils faisaient déjà face à une précarité importante avant la crise, presque tous font état de leurs pertes d’emplois et de revenus qui les forcent à demander une aide. Venus de loin pour recevoir cette aide alimentaire, ils expriment le sentiment d’être délaissés par les pouvoirs publics. Alors que beaucoup d’entre eux sont des étudiants étrangers, leur abandon s’accompagne en effet d’une grande détresse économique.
Un abandon qui suscite d’autant plus de colère quand l'état a pu débloquer cent milliards d'euros dans un plan de relance pour aider les grandes entreprises, sans qu’elles arrêtent de licencier pour autant, et qu’il ne peut fournir aux étudiants de quoi se nourrir correctement, en proposant seulement des repas des Centres Régionaux des Oeuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) à un euro ridiculement maigres.
Les priorités du gouvernement sont claires, elles avaient déjà été déjà mises en évidence lors du premier confinement, quand l'état offrait vingt milliards d'euros aux grandes entreprises et seulement trente neuf millions d'euros pour l’aide alimentaire et quand les distributions d’aide d’urgence battaient leur plein.
Face à la détresse étudiante et l’abandon de l'état et du gouvernement, il est dès lors plus que nécessaire d’organiser la riposte.
Quand dans la sixième puissance mondiale, les étudiants n’ont pas assez d’argent pour se nourrir convenablement alors que l'état abreuve de subventions les grandes entreprises, il faut exiger un revenu étudiant décent, à hauteur du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) financé par ce grand patronat, pour que tous puissent étudier convenablement, sans être forcés de travailler. Mais il est aussi urgent de mettre fin à toute une série de dispositifs qui handicapent en premier lieu les étudiants précaires. Aussi nous exigeons l'ouverture des universités et la validation automatique de cette année, car ce sont les étudiants fragilisés économiquement qui travaillent ou peinent à subvenir à leurs besoins et qui souffrent le plus du distanciel. A cela s’ajoute la nécessaire gratuité des soins psychologiques, pour ne pas choisir entre se nourrir et se soigner dans une période où la dépression touche toute une génération.
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