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actualité politique nationale et internationale

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VIDAL DOIT PARTIR

 

 

https://academia.hypotheses.org/31060

 

Diffamation contre une profession tout entière, Frédérique Vidal doit partir.

Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)

Mardi 16 Février 2021

Malgré leur habitude des faux-semblants et du peu d’attention portée à leur profession, les enseignants chercheurs sont confrontés à une campagne de dénigrement sans précédent, désignant en particulier par le terme aussi infamant qu’imprécis d’islamo gauchisme des établissements ou des disciplines entières.

Il serait attendu d’une ministre qu’elle prenne quelque hauteur dans ce débat de plus en plus nauséabond et qu’elle refuse de reprendre à son compte des notions aussi peu scientifiquement fondées. On attendrait que la responsable de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle-même issue de ce milieu, relève avec gratitude la façon dont les enseignants universitaires ont en première ligne fait face à la détresse étudiante en cette période de pandémie. Ils n’ont pas démérité en tant que pédagogues, allant même au-delà dans leur rôle d’accompagnement des étudiants par ailleurs largement oubliés.

Mais, plutôt que de s’intéresser à la crise qui les touche, Frédérique Vidal, sur les ondes d’une chaîne télévisuelle dont un des animateurs a été condamné pour injure et provocation à la haine, répond par l’affirmative lorsque Jean Pierre Elkabbach décrit les universités françaises, dont elle a la charge, comme étant régies par une sorte d’alliance entre Mao Tsé-Toung et l’ayatollah Khomeini.

Et elle enchaîne le lendemain en demandant à l'alliance Athena, qui n’est pas une inspection mais qui est une institution qui coordonne les sciences sociales, d’enquêter sur l’islamo gauchisme et ses courants dans le milieu académique.

Une accusation typique de l’extrême-droite est ainsi reprise une nouvelle fois par une ministre de la république, rassemblant dans une formule ignominieuse un groupe fantasmatique et fantasmé de pseudo-adversaires qui ne sont, en réalité, jamais nommés, ou au prix d’approximations grossières amalgamant des concepts mal compris et de noms de collègues ne partageant parfois que peu de choses, si ce n’est les menaces parfois graves que ces accusations font tout à coup tomber sur eux.

Bref, à ces accusations mensongères faisant courir des risques parfois graves à des fonctionnaires, leur ministre ne trouve à répondre que par de vagues admonestations décousues, selon lesquelles, par exemple, en tant que biologiste elle peut dire que la race n’existe pas, et par la réitération des accusations portées à leur encontre. Plus encore, elle en appelle à une sorte de police par et dans les institutions d’enseignement et de recherche, rejoignant de la sorte les interdictions de certaines thématiques, comme par exemple les études sur le genre, dans les universités hongroises, brésiliennes ou roumaines.

Elle se fait ainsi complice de faits de diffamation collective contre une profession toute entière, mais aussi d’une dévalorisation accrue des universités. Elle parvient ainsi, au-delà de ces dégâts dans l’opinion qui ne peuvent qu’accroître le désespoir des étudiants dont les formations sont ainsi décrites, à confirmer sa décrédibilisation personnelle aux yeux des personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR).

Un appel à la démission de Frédérique Vidal avait été porté au mois de novembre 2020 par la Commission Permanente du Conseil National des Universités (CNU), représentant l’ensemble des disciplines, après le  vote de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR).

Plus que jamais, au regard de ces nouvelles dérives dans un contexte de difficultés sans précédent pour l’université et la recherche, sa démission s’impose, tout comme l’abandon de cette prétendue enquête non seulement nauséabonde mais déshonorante au regard des difficultés sans précédent dans lesquelles se débat l’ESR. Danger, vigilance et action contre la ministre, qu’aucun collègue, quel que soit son statut, ne prête main forte à cette campagne de dénonciation.

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