Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

actualité politique nationale et internationale

Publicité

DISSOLUTION DU RAJ

 

 

https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/algerie-dissolution-raj-hirak-societe-civile-repression-dissidence-opposition

 

La dissolution du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) met un terme définitif aux acquis du mouvement du mois d'octobre 1988

Le ministère algérien de l'intérieur a réclamé la dissolution du RAJ, lui reprochant notamment d’agir en violation de la loi sur les associations

Le tribunal administratif d’Alger a prononcé Mercredi 13 Octobre 2021 la dissolution du RAJ, une des plus anciennes associations de la société civile algérienne, qui avait notamment été aux premiers rangs du hirak, vaste mouvement populaire ayant conduit à la démission d’Abdelaziz Bouteflika.

Scandaleux, a déploré, sur Facebook, Said Salhi, vice-président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LADDH). « Halte aux attaques contre les acquis démocratiques du peuple algérien, payés au prix du sacrifice ultime », a-t-il ajouté pour exprimer la solidarité de la LADDH avec les militants du RAJ.

Cette décision fait suite à une requête du ministère de l'intérieur réclamant la dissolution du RAJ, qui existe depuis vingt huit ans. Il lui était reproché d’agir en violation de la loi sur les associations et en contradiction avec les objectifs énumérés dans ses statuts.

Dans un communiqué publié à la fin du mois de septembre 2021, le RAJ avait rejeté ces accusations basées essentiellement sur les activités publiques de l’association durant le hirak.

L’association avait dit au contraire que ses diverses actions étaient compatibles avec son mandat visant à œuvrer à la promotion de l’implication des jeunes dans la gestion de la cité.

Plusieurs militants du RAJ, notamment son président Abdelouahab Fersaoui, âgé de trente neuf ans, ont fait l’objet de poursuites judiciaires et jusqu’à neuf d’entre eux ont été incarcérés.

Condamné à un an de prison pour atteinte à l’intégrité du territoire national, Abdelouahab Fersaoui a purgé une peine de six mois de prison entre le mois de décembre 2019 et le mois de mai 2020, une peine prononcée en appel.

La LADDH a appelé au respect du droit et des libertés d’association et d’organisation, pierre angulaire de toute démocratie.

« Cette procédure judiciaire inéquitable est sans précédent depuis l’avènement du pluralisme politique, associatif et médiatique sanctionné par la constitution de 1989 », a dénoncé le Front des Forces Socialistes (FFS).

Lundi 11 Octobre 2021, Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, l’Institut du Caire pour les Etudes des Droits de l'Homme (ICEDH), la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) et Mena Rights Group (MRG), ont uni leurs voix pour appeler les autorités algériennes à renoncer à leurs efforts en vue de dissoudre une importante organisation de la société civile pour violation présumée de la loi sur les associations.

« La requête des autorités algériennes pour dissoudre le RAJ est un indicateur alarmant de leur détermination à réprimer davantage l’activisme indépendant et à supprimer les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique », relève Amna Guellali, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty international.

L’auteur et réalisateur Sid Ahmed Semiane a aussi dénoncé sur les réseaux sociaux une remise en cause des acquis du mouvement du mois d'octobre 1988, en référence au soulèvement populaire algérien qui, en 1988, a permis de mettre fin au système du parti unique et d’amorcer un semblant d’ouverture démocratique, « les autorités devraient abroger la loi algérienne répressive sur les associations plutôt que de l’instrumentaliser pour écraser la dissidence ».

La loi algérienne encadrant le travail des associations, promulguée en 2012, soumet leur création à la délivrance préalable d’un agrément par les autorités.

Cette loi avait été approuvée dans le cadre de réformes politiques du président Abdelaziz Bouteflika, mort le 17 septembre, 2021 pour couper court à toute contagion du printemps arabe de 2011.

L’opposition et les militants des droits de l’homme avaient alors dénoncé un texte renforçant, selon eux, l’hégémonie étatique sur la société civile.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article