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PLAN BLANC

 

 

https://www.leparisien.fr/societe/sante/covid-19-le-plan-blanc-declenche-dans-tous-les-hopitaux-dile-de-france-08-12-2021-DKIIE3K74JH2BLYV4IANPWR6EQ.php

 

Le plan Blanc déclenché dans tous les hôpitaux de la région Ile De France (IDF)

« La situation est difficile mais très variable d’un hôpital à un autre », a expliqué Amélie Verdier, directrice de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de la région IDF. Les autorités veulent anticiper pour éviter notamment de rogner sur les congés de soignants déjà épuisés.

Après les hôpitaux de Lyon et ceux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), les hôpitaux de la région IDF vont déclencher le plan Blanc, Jeudi 9 Décembre 2021, afin de faire face à la pression épidémique du coronavirus, a annoncé l’ARS de la région IDF, Mercredi 8 Décembre 2021. Ce plan Blanc doit permettre aux hôpitaux d’augmenter le nombre de lits en soins critiques et en médecine pour les patients du coronavirus.

« L’augmentation de l’incidence s’est accélérée ces dernières semaines, passant de cent deux cas pour cent mille habitants au 17 novembre 2021 à quatre cent quarante-six cas pour cent mille habitants actuellement. Quant à la situation hospitalière, la dynamique est nettement orientée à la hausse, mais elle demeure pour le moment plus favorable qu’au cours des quatre premières vagues grâce à la couverture vaccinale. Quatre-vingt-six pour cent des franciliens éligibles ont un schéma de vaccination complet. La tension s’est accentuée depuis plusieurs jours, avec actuellement mille cent quatre-vingt-huit patients du coronavirus en hospitalisation conventionnelle, contre cinq cent trente à la fin du mois d’octobre 2021, et cinq cent cinq patients en soins critiques, contre deux cent soixante-cinq patients à la fin du mois d’octobre 2021. La majorité des patients sont non vaccinés », écrit l’ARS de la région IDF dans un communiqué.

« Ce plan Blanc va permettre de mobiliser tous les acteurs de santé de la région, notamment les acteurs privés. Le public ne sera ainsi plus le seul à supporter la pression de cette cinquième vague », dit Rémi Salomon, président de la Commission Médicale d’Etablissement (CME) de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP).

Le plan Blanc avait été réclamé par des personnels hospitaliers. Il est accueilli avec soulagement à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, par exemple, comme en témoigne un médecin, « c’est un éclaircissement de la situation que nous attendions. Cela évite de dire que tout baigne alors que nous sommes dans une situation très difficile avec trente pour cent de blocs fermés et des services qui manquent de personnel ». Par exemple, dans le groupe des hôpitaux de l’est parisien, qui comprend l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, l’hôpital Tenon et l’hôpital Saint-Antoine, le taux de vacance chez les infirmières en anesthésie et réanimation culmine à treize pour cent et celui des infirmières de bloc à quatorze pour cent. Alors, en théorie, le plan Blanc doit permettre de lisser les efforts sur tous les hôpitaux de la région, soulageant ceux qui craquent.

Mercredi 8 Décembre 2021 dans la soirée, Amélie Verdier, directrice de l’ARS de la région IDF, a précisé que « le moment est difficile mais encore gérable. L’hôpital n’est pas débordé, mais il faut anticiper. La situation est très variable d’un hôpital à un autre ». Il semble que certains hôpitaux du département de la Seine-Saint-Denis soient particulièrement impactés. Déjà, au mois d’août 2021, le plan Blanc avait été déclenché au Centre Hospitalier Intercommunal (CHI) Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Il s’agissait à l’époque de remédier à un manque de personnel.

Contacté, Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) du département de la Seine Saint Denis et délégué syndical de la Confédération Générale du Travail (CGT), explique que « la Seine-Saint-Denis a moins de lits que d’autres départements et une population qui vient plus fréquemment à l’hôpital, parce qu’elle est pauvre et qu’il y a moins de médecins traitants en ville. Le problème, ce n’est pas le coronavirus. Le nombre de malades augmente, certes, mais dans des proportions qui restent gérables. Nous constatons qu’une toute petite augmentation d’activité fait craquer le système ».

Lors d’une réunion interne, dans un hôpital francilien il y a quelques jours, Didier Jaffre, directeur de l’offre de soins de l’ARS de la région IDF, expliquait que « nous sommes dans une situation compliquée avec des lits fermés par manque de ressources humaines, environ quinze pour cent de lits sont fermés sur la région. Il faut que nous arrivions à jongler. La situation est différente d’un département à l’autre, puisque certains établissements ont déjà atteint le deuxième palier, dans lequel la moitié de leurs lits de réanimation et de soins continus sont occupés par des malades du coronavirus. Il faut environ vingt pour cent de taux de déprogrammation en moyenne régionale, à adapter selon les établissements, pour dégager du personnel. La pédiatrie ne fait pas partie des déprogrammations, comme la cancérologie, les greffes, la chirurgie cardiaque et la néphrologie ».

Faudra-t-il transférer des patients d’un hôpital à un autre, voire d’un département à l’autre ? « Ce sera à la marge », affirme Rémi Salomon. Pourtant, l’ARS de la région IDF annonce avoir réactivé « la cellule régionale d’appui aux transferts intrarégionaux de malades en soins critiques ainsi que la cellule de renforts des ressources humaines et la cellule régionale de gestion des lits, afin d’appuyer les établissements dans la gestion des flux de patients ».

Une question inquiète au plus haut point les personnels de santé. Devront-ils rogner sur leurs vacances ? « Quand un tel dispositif est déclenché, la direction peut annuler les vacances, presque réquisitionner les personnels », note Rémi Salomon, « c’est une ligne rouge. Les personnels sont au bout du rouleau et la période de Noël est essentielle et symbolique, pour eux. Qu’on n’y touche le moins possible ». Le risque, selon certains observateurs, serait qu’une sixième vague soit celle des démissions en masse de l’hôpital.

La semaine dernière, le Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU) de Strasbourg et les hôpitaux de Colmar et de Mulhouse, dans la région Grand Est, avaient déclenché leur plan Blanc. Lundi 6 Décembre 2021, les Hospices Civils de Lyon (HCL) leur avaient emboîté le pas, tout comme les hôpitaux de la région PACA, Mardi 7 Décembre 2021.

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