actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
Un mois d’offensive raciste contre Verdragon, solidarité avec la Maison de l'Ecologie Populaire (MEP)
Verdragon, la MEP de Bagnolet, subit depuis plus d’un mois une violente offensive raciste et islamophobe, en raison de l'engagement antiraciste des fondateurs du lieu qui organise des ateliers cuisines, une Association pour le Maintien d'une Agriculture Populaire (AMAP) et des conférences contre la crise climatique.
L’offensive raciste contre Verdragon qui s’est ouverte il y a plus d’un mois se poursuit. Celle-ci avait commencé par une pétition, au mois de novembre 2021, d'habitants de Bagnolet s’inquiétant de l’implantation d’une association indigéniste, relayée avec complaisance par Marianne.
Derrière cette accusation, les habitants bien connus sur la ville pour leurs positions islamophobes entendaient s’en prendre à l’association Front de Mères, syndicat de parents qui lutte, entre autres problématiques, sur la question du racisme dans l’institution scolaire. Celle-ci a en effet fondé, aux côtés d’Alternatiba, un lieu nommé Verdragon. Cette MEP, fondée aux côtés d’Alternatiba, est un lieu d’entraide et de lutte pour la justice sociale et environnementale qui propose entre autre des ateliers ludiques pour les enfants, une AMAP, des ateliers cuisine et des conférences sur les grands enjeux climatiques.
Ces dernières semaines, l’offensive n’a fait que prendre de l’ampleur, relayée par des figures réactionnaires connues. Sur CNEWS, Lydia Guirous a ainsi expliqué à propos de Verdragon que « nous sommes en réalité face à l’infiltration de l’islam politique qui utilise l’indigénisme, le racialisme et l’écologie, pour détruire la république », tandis que le polémiste réactionnaire Mathieu Bock-Coté pointait « la multiplication de ces fameux territoires perdus de la république qui sont des territoires conquis de l’indigénisme, de l’islamisme et du décolonialisme ». Valeurs Actuelles ou le Figaro ont dédié des articles à charge au sujet, Causeur allant jusqu’à titrer que « le drapeau vert de l’islam flotte sur Bagnolet ». Enfin, à Bagnolet, l’opposition du Parti Communiste Français (PCF) et du Mouvement de la France Insoumise (MFI) au conseil municipal n’a pas hésité à reprendre à son compte les attaques réactionnaires contenues dans la pseudo-pétition des habitants de Bagnolet.
Un délire que Youcef Brakni, militant antiraciste sur Bagnolet et membre du Comité Adama Traoré, contacté par Révolution Permanente, n’hésite pas à qualifier de complotisme, « c’est toute une théorie complotiste. Le Figaro a sorti un article complètement hallucinant dans lequel il reproche à la MEP de recevoir Assa Traoré, comme si nous devrions en avoir honte. Des témoignages anonymes sont identifiables, dont au moins un qui est le témoignage d’un militant de la République En Marche (REM) du département de la Seine Saint Denis et un autre qui est présenté comme un ancien élu et qui est un autre militant de la REM du département. Cette polémique est montée de toute pièce par un réseau de figures réactionnaires. L’article du Figaro est un article de la même journaliste qui avait fait un article dans le Point contre Assa Traoré et moi, me traitant d’indigéniste. Valeurs Actuelles a fait une émission de quinze minutes de mensonges comme quoi j’aurais été candidat aux élections municipales et que l’indigénisme a pris le pouvoir à Bagnolet ».
Face à l’ampleur de l’attaque, une tribune est parue cette semaine, expliquant notamment que « la laïcité est mobilisée pour tenter de fermer Verdragon, en stigmatisant au passage les habitants de Bagnolet. Nous tenons à réaffirmer l’indispensable liberté associative qui doit être garantie partout en France. Nous disons notre plein soutien à Verdragon, à Alternatiba et au Front des Mères, ciblés par des attaques racistes ». Parmi les signataires, il y a des associations, des groupes politiques écologistes et antiracistes, des syndicats du département et de nombreuses personnalités. Par contre, il n’y a pas de signatures d’élus ou de figures du MFI ou du PCF.
C’est une abstention coupable, alors que la solidarité est plus urgente que jamais. Cette campagne s’inscrit en effet dans la droite ligne de l’offensive raciste et autoritaire d’Emmanuel Macron par la dissolution d’associations comme l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Baraka City et le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF), mais aussi de l’offensive idéologique de la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Frédérique Vidal, qui avait parlé de l’islamo-gauchisme qui gangrènerait les universités. Plus largement, ces derniers mois, pas une semaine ne passe sans qu’une organisation ou un militant se revendiquant de l’antiracisme fasse l’objet d’attaques de la part d’un front de médias, de journalistes et de politiques en guerre contre une prétendue menace woke, indigéniste ou islamo-gauchiste.
Ces attaques visent à faire taire toute critique du racisme d’état, de l’histoire coloniale de la France ou de l’impérialisme français, par l’intimidation. Cette ambiance de chasse aux sorcières est entretenue par le gouvernement, qui fait le lit de la droitisation du champ politique, et le miel de candidats ultra réactionnaires comme Eric Zemmour. Mais ces polémiques visent également des projets qui mettent en cause la pollution causée par le système capitaliste et la classe dominante. Comme l’explique un des membres de l’association pour le Media Télévision, « il y a une minorité de riches qui, c’est prouvé, est celle qui pollue le plus la planète et le miroir de cela est que la grande partie de la population, qui est aussi la plus pauvre, est celle qui subit le plus cette pollution qui est émise ou soutenue par les plus riches ».
Dans cette situation et face à la campagne raciste qui sévit à Bagnolet, nous réaffirmons notre solidarité avec le Front des Mères et Verdragon, la MEP de Bagnolet.
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