actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
Plongée dans l’empire du captagon de Bachar al Assad
Asphyxié par les sanctions occidentales, conséquence de la guerre civile en Syrie, le régime de Bachar al Assad a fait main basse sur le trafic de captagon, un puissant psychotrope, transformant le pays en état du trafic de drogue. Depuis la fuite du clan au pouvoir, les rebelles islamistes d’Hayat Tahrir al Sham (HTS) montrent à la presse internationale les coulisses de ce trafic juteux.
« C’est un complexe situé à Douma, à vingt minutes de Damas, qui se présentait comme une usine de savon, mais ses produits étaient tout sauf propres. Les rebelles d’HTS ont pris le contrôle des lieux, Dimanche 15 Décembre 2024, et ils ont découvert des millions de pilules de captagon et des quantités industrielles de précurseurs chimiques. Ils ont trouvé des fruits en plastique contenant des centaines de petites pilules, de fausses bobines de cuivre truffées de ce narcotique et des plaques de plâtre dissimulant des comprimés de captagon, de gros efforts de créativité avaient été faits pour cacher cette drogue lucrative », écrit le Guardian.
« Au rez-de-chaussée, des sacs de produits chimiques importés d’Arabie Saoudite attendaient d’être mélangés avec de l’acide pour produire les petites pilules grises. Les rebelles triomphants qui ont fait visiter les lieux aux journalistes avaient placé sur le sol de l’entrée un poster de Bachar al Assad allègrement piétiné », écrit le Times, qui s’est aussi rendu sur place avec les nouveaux maîtres du pays.
Le captagon est un psychotrope initialement commercialisé dans les années 1960 pour traiter les troubles de l’attention et la narcolepsie. L’un de ses principaux actifs, la fénétylline, est une drogue de synthèse de la famille des amphétamines. Étouffé par les sanctions occidentales à la suite de sa répression sanglante des opposants lors de la guerre civile, le régime de Bachar al Assad a progressivement mis la main sur ce juteux marché illégal.
« D’après les experts, ce trafic rapportait cinq milliards de dollars par an au régime de Bachar al Assad, soit bien plus que le budget officiel du pays, et il constituait une bouée de sauvetage vitale à cet état en faillite. Le trafic était géré par Maher al Assad, frère de Bachar al Assad, qui s’est tristement illustré en dirigeant la quatrième division blindée, une unité connue pour la brutalité sans nom qu’elle exerçait contre les opposants au régime », écrit le Guardian.
Une vidéo partagée par le Times montre la somptueuse villa de Maher al Assad, désormais à l’abandon et aux mains des rebelles, qui servait de laboratoire et de centre logistique dans le trafic de captagon. Sous les somptueux lustres, il y a des milliers de pilules stockées dans des sacs ou encore cachées dans des stabilisateurs de tension prêts à être envoyés illégalement en Jordanie. Le site, qui était l’une des plus grandes usines de narcotiques du pays, était gardé par des troupes d’élite.
Le média qatari al-Jazeera partage, de son côté, les images d’un entrepôt servant de stockage à cette drogue désormais sous le contrôle des combattants d’HTS.
Des dizaines de milliers de pilules de captagon auraient également été saisies dans la base aérienne de Mazzeh, au sud-ouest de Damas, comme le rapporte Câble News Network (CNN), preuve supplémentaire de l’implication de tout l’appareil d’état syrien dans ce trafic.
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