Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

actualité politique nationale et internationale

Publicité

CONCLAVE

 

 

https://www.revolutionpermanente.fr/CGT-CFDT-et-FO-negocient-avec-Bayrou-et-le-MEDEF-la-base-doit-denoncer-cette-mascarade

 

La Confédération Générale du Travail (CGT), la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) et la CGT Force Ouvrière, négocient avec François Bayrou et avec le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) la base doit dénoncer cette mascarade.

Alors que François Bayrou cherche à rouvrir un cycle de discussion sur les retraites pour mieux assurer sa stabilité et imposer l’austérité, les directions syndicales ont choisi de jouer le jeu. Contre ce dialogue social au service des plans d’Emmanuel Macron, plusieurs sections syndicales dénoncent cette mascarade.

En passant un accord avec le Parti Socialiste, François Bayrou a gagné du temps face au spectre de la censure mais, s’il permet à l’exécutif de souffler, cet accord in extremis est loin de refermer la crise politique et d’assurer une réelle stabilité au gouvernement. Face à une Assemblée Nationale qui reste divisée et instable et à la nécessité d’imposer l’austérité, le macronisme en phase terminale se doit ainsi de chercher un autre appui, les partenaires sociaux.

Déjà le gouvernement de Michel Barnier avait tenté d’afficher une posture plus ouverte en apparence au dialogue social avant de tomber. L’actuel premier ministre cherche le même appui, par une manœuvre sur la réforme des retraites. Dans son discours de politique générale, il a annoncé la tenue d’un conclave avec les syndicats et le patronat pour discuter des retraites dans les mois qui viennent.

En réalité, la concertation annoncée a tout de l’enfumage politicien. Premièrement, la discussion sans totem ni tabou annoncée par François Bayrou est surtout sans possibilité, puisqu’elle est limitée à la fois par le droit de veto du MEDEF et par la feuille de route imposée par Emmanuel Macron qui sera bornée par les chiffres incontestables de la cour des comptes. Cette dernière est d’ailleurs consultée en lieu et place du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), mis sur la touche comme de nombreux libéraux l’exigeaient.

En bref, ce qui se joue avec le conclave, comme le disait la ministre du travail à France Info, c’est d’abord et avant tout une forme de stabilité.

Le macronisme est de plus en plus minoritaire. Même les outils antidémocratiques de la cinquième république ne suffisent plus à lui garantir de pouvoir gouverner. Dans ce contexte, prendre appui sur le paritarisme devient quasiment vital pour lui, ne serait-ce que pour gagner du temps. Cette situation rend d’autant plus grave le choix des directions syndicales de participer à cette mascarade. Déjà au début de la crise politique, Sophie Binet faisait la promotion du dialogue social comme solution à l’instabilité politique dans un débat à la fête de l’Humanité avec Patrick Martin, président du MEDEF.

En 2025, les directions syndicales, qui revendiquaient encore récemment le retrait de la réforme, accourent dans un conclave destiné à empêcher son abrogation à tout prix. Ainsi, la CFDT, qui dirigeait en 2023 l’intersyndicale, voit dans la manœuvre macroniste une opportunité inédite, comme l’affirme sa secrétaire générale Marylise Léon. La Fédération Syndicale Unitaire (FSU), dans un premier temps, le jour du discours de François Bayrou, a défendu dans un communiqué qu’il fallait l’abrogation et qu’il ne fallait pas un conclave, mais, n’ayant pas été invitée, comme l’Union Syndicale Solidaire (USS), à la réunion avec François Bayrou pour mettre en place ce conclave, elle s’est finalement fendue d’un nouveau communiqué pour supplier d’être conviée.

De son côté, la direction de la CGT n’a même pas laissé entendre qu’elle pourrait boycotter. Tout en se plaignant du format nébuleux de la concertation annoncée, son communiqué se préparait à y participer et la CGT demandait en même temps à François Bayrou de s’émanciper de la tutelle du patronat. Ces espoirs auxquels personne ne croit sont fait pour jouer la surprise et la déception en sortie de réunion. « Le tour de table a été l’occasion de constater l’ampleur des désaccords » a finalement écrit Sophie Binet. Au cirque parlementaire s’ajoute donc le cirque du dialogue social.

Les directions confédérales expliquent toujours qu’il faut éviter la politique de la chaise vide. Cette possibilité est souvent présentée par les leaders nationaux comme un piège qui viserait à écarter certains syndicats. Pourtant, c’est précisément l’inverse. La manœuvre de François Bayrou vise au contraire à intégrer au maximum les syndicats au dialogue avec le gouvernement. C’est ce que certains syndicats de la CGT ont bien compris et c’est ce qu’ils dénoncent à juste titre.

La CGT de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP) par exemple, a pris une position claire, « notre confédération n’a rien à faire dans un conclave dans lequel nous savons par avance que le MEDEF n’acceptera jamais l’abrogation. Nous ne sommes pas dupes sur la stratégie d’Emmanuel Macron. Avec seulement dix-huit pour cent d’avis favorables, Emmanuel Macron et son gouvernement sont en mauvaise posture. Emmanuel Macron cherche uniquement à gagner du temps. Cette tentative pour intégrer les syndicats au fonctionnement de l’état est un piège ».

Dans la même ligne, l’Union Départementale du Nord de la CGT appelle à ne donner aucun crédit à ces discussions sans lendemain, mises en place pour gagner du temps et pour valider, en fin de compte, une réforme rejetée pas la majorité des français. De son côté, la Fédération Nationale des Industries Chimiques (FNIC) n’est pas aussi ferme quant à une participation aux négociations, mais elle appelle surtout à la mobilisation affirmant que « s’il doit y avoir discussion avec le patronat, elle doit se faire dans le cadre d’une grève générale avec occupation des lieux de travail ». L’opposition au conclave s’est même exprimée Vendredi 17 Janvier 2025 dans une réunion extraordinaire du Comité Confédéral National (CCN) de la CGT. Près d’un tiers de la direction n’a pas voté pour la participation au conclave.

Mais il existe aussi des interventions médiatiques de la CGT qui alimentent les illusions sur ces discussions. L’Union Départementale des Pyrénées Atlantiques de la CGT, le département de François Bayrou, expliquait par la voix d’Anne Séguier que « nous pouvons espérer, et peut-être que François Bayrou créera la surprise, de vrais échanges, une vraie avancée et une prise en compte de ce que souhaitent les français ». Il paraît que l’espoir fait vivre, mais véhiculer l’espoir que la crise du macronisme va conduire logiquement à faire des concessions est grave.

Ces déclarations entretiennent la passivité des travailleurs, qui elle-même sert d’argument pour justifier l’absence de plan de bataille. C’est d’autant plus problématique dans une situation dans laquelle le patronat mène une casse sociale de grande ampleur avec plus de trois cent plans de licenciements pour la seule année 2024 recensés par la CGT et que le gouvernement de François Bayrou défend un budget austéritaire inédit en multipliant les attaques contre les travailleurs.

A l’opposé de cette logique, il faut que les syndicats et les militants prennent fermement position contre la manœuvre de François Bayrou. Assurer la stabilité politique maintenant, c’est assurer la stabilité du macronisme. Le rôle des syndicats n’est pas à Matignon, il est dans la préparation d’un plan de bataille qui cherche à profiter de la faiblesse du macronisme pour lui arracher des victoires, plutôt que de lui assurer une survie en échange de miettes hypothétiques.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article