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actualité politique nationale et internationale

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PROGRAMME HORIZON

 

 

https://www.aljazeera.com/news/2024/12/18/eu-horizon-funding-israel

https://aurdip.org/des-fonds-de-lue-pour-la-recherche-affluent-en-israel-malgre-lindignation-sur-la-guerre-contre-gaza/

 

Des fonds de l’Union Européenne pour la recherche affluent en Israël, malgré l’indignation sur la guerre contre Gaza.

Mercredi 18 Décembre 2024

Des organisations israéliennes, dont certaines sont liées à l’armée, ont reçu plus de deux cent cinquante millions de dollars depuis le début de la guerre de Gaza.

Samedi 7 Octobre 2023, alors qu’Israël entamait sa dernière guerre contre Gaza à la suite de l’incursion du Hamas dans le sud d’Israël, la position de l’Union Européenne a été claire tout de suite.

« Israël a le droit de se défendre. L’Union Européenne soutient Israël », a posté sur X Ursula Von Leyen, présidente de la Commission Européenne, avec une image de ses bureaux illuminés par un drapeau israélien.

Israël a, depuis, été mis en procès pour génocide par la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye et Benjamin Netanyahou a été inculpé par la Cour Pénale Internationale (CPI), mais l’Union Européenne poursuit son partenariat avec les institutions israéliennes dans le cadre du programme Horizon qui finance la recherche et l’innovation.

Les données collectées par la Commission Européenne et analysées par al Jazeera montrent que, depuis le Samedi 7 Octobre 2023, l’Union Européenne a accordé à des institutions israéliennes plus de deux cent trente-huit millions d’euros, dont six cent quarante mille euros à Israel Aerospace Industries (IAI), un fabricant majeur d’engins spatiaux et d’aviation, fournisseur de l’armée israélienne.

Alors que les lignes directrices de régulation du programme Horizon exigent que les projets soient exclusivement centrés sur des applications civiles, un nombre considérable de technologies et de produits sont génériques et peuvent concerner les besoins civils et militaires.

Une technologie pouvant servir à la fois aux besoins civils et militaires, soi-disant à double usage, peut prétendre aux financements de l’Union Européenne, si l’objectif déclaré est un objectif civil.

Au mois de juillet 2024, alors que quarante mille palestiniens avaient déjà été tués dans le génocide israélien contre les palestiniens de Gaza, plus de deux mille universitaires européens et quarante-cinq organisations ont signé une pétition dans laquelle ils écrivaient que « l’Union Européenne doit cesser totalement de financer des institutions israéliennes. Le programme Horizon a joué un rôle critique dans l’avancement de la technologie militaire israélienne par le transfert de connaissances à l’industrie de la défense. Ces systèmes de financement apportent un soutien direct à des projets qui développent les capacités de l’armée et des armes d’Israël. Étant données l’échelle, la durée et la nature des violations des droits humains par le gouvernement israélien, la participation des institutions israéliennes à des programmes européens de recherche et d’éducation doit être suspendue ».

Il n’y a pas eu de réponse à cette démarche. Le soutien de l’Union Européenne à Israël est une constante de sa politique extérieure depuis bien avant l’attaque du Hamas du Samedi 7 Octobre 2023, qui a fait mille deux cent morts et deux cent cinquante otages.

L’Union Européenne a versé à Israël de grosses sommes d’argent public depuis 1996 pour le financement de programmes de recherche et d’innovation. Israël n’est pas un pays membre de l’Union Européenne, mais Israël s’inscrit, en tant que pays associé, dans des initiatives de financement.

Dans le cadre du programme Horizon 2020 qui s’est déroulé de 2014 à 2020, des organisations israéliennes ont reçu une contribution totale de l’Union Européenne de cent vingt-huit milliards d’euros. Depuis le lancement d’Horizon Europe en 2021, Israël a reçu jusqu’à présent plus de sept cent quarante-sept millions d’euros.

IAI, qui exporte des systèmes d’armement dans le monde entier a reçu deux millions sept cent mille euros dans le cadre d’Horizon Europe et plus de dix millions d’euros dans le cadre d’Horizon 2020, selon les chiffres de la Commission Européenne.

Elbit Systems, l’entreprise militaire basée en Israël, dont le plus gros client individuel est le ministère israélien de la défense, a reçu des subventions pour cinq projets dans le cadre d’Horizon 2020 pour un total de deux millions deux cent mille euros.

Tous les projets financés sont déclarés comme des projets civils, comme la protection des frontières, le contrôle des désastres et la surveillance maritime, et ils sont soumis à des évaluations éthiques pour vérifier leur conformité avec les valeurs de l’Union Européenne, mais il n’y a pas de mécanisme de l’Union Européenne qui interdise l’utilisation de technologie de pointe acquise avec des fonds destinés à des applications militaires en parallèle ou dans une étape ultérieure.

IAI a reçu un million quatre cent mille euros dans le cadre du projet Respon Drone lancé en 2019 pour développer une cartographie en trois dimensions pour la technologie des drones, pour fournir aux premiers intervenants une information localisée pertinente.

Dans un projet lancé en 2017, Elbit Systems et l’Université Hébraïque de Jérusalem (UHJ) ont reçu plus d’un million d’euros pour un travail sur des points quantiques modifiés, une technologie centrée sur des ordinateurs ultra rapides effectuant des tâches telles que briser, perturber ou écouter des systèmes de sécurité du présent.

Al Jazeera a déposé une requête de liberté d’information à la recherche de résultats d’évaluations éthiques de projets impliquant Israël. La Commission Européenne a rejeté la demande, disant que sa divulgation ébranlerait gravement le fonctionnement de la Commission Européenne et le processus de prise de décision interne.  

Au mois de mars 2024, la Commission Européenne a répondu au Groupe de Gauche du Parlement Européen, qui avait demandé les raisons pour lesquelles les subventions étaient signées pour IAI en pleine guerre de Gaza.

La Commission Européenne a écrit qu’elle ne finançait pas d’actions pour le développement de produits et de technologies interdits par le droit international applicable.

Le bureau d’Iliana Ivanova, la commissaire européenne pour l’innovation responsable de la mise en oeuvre du programme Horizon, n’a pas répondu à la demande de commentaires d’al Jazeera.

Al Jazeera s’est rapproché d’une dizaine de chercheurs qui ont travaillé avec des institutions israéliennes dans le cadre du programme Horizon. La majorité d’entre eux ont refusé d’être interviewés, mais ils ont réaffirmé le caractère civil des projets.

Fabrizio Calderoni, professeur à l’Université Catholique du Cœur Sacré de Milan en Italie, a participé au projet Roxanne qui s’est terminé en 2022. Il visait à développer de nouvelles technologies de la parole, de reconnaissance faciale et d’analyse de réseau pour faciliter l’identification de criminels.

Le ministre de la sécurité publique d’Israël, qui contrôle la police et les services pénitentiaires, faisait partie des participants ayant reçu une subvention de près de cent trente-cinq mille euros.

Fabrizio Calderoni a dit que « les programmes de recherche concernant le respect de la loi, par opposition aux programmes de recherche militaire, sont considérés comme étant des programmes de recherche civile par nature selon les paramètres de l’Union Européenne. Ces projets se concentrent sur un réseau de personnes anonymes ayant commis des cambriolages, dans le but de trouver des méthodes d’identification des auteurs de ces délits ».

Quand al Jazeera lui a demandé si les résultats avaient pu être utilisés pour informer les actions de l’armée israélienne à Gaza ou en Cisjordanie occupée, Fabrizio Calderoni a répondu que « nous n’avons aucune preuve que ces outils ont été utilisés à une autre fin que celle déclarée dans les projets ».

Alors qu’il est peut-être impossible d’établir comment l’expertise acquise grâce à des projets financés par l’Union Européenne est utilisée par les partenaires israéliens, des critiques avancent que l’éventualité qu’elle permette des violations systématiques des droits humains devrait suffire à annuler la coopération.

Fabrizio Sebastiani, le directeur du Conseil National de la Recherche Scientifique d’Italie (CNRSI) a eu recours à l’apprentissage machine, une branche de l’Intelligence Artificielle, pour établir quels étaient les auteurs de textes médiévaux anonymes, « alors que ce thème peut paraître inoffensif, j’ai été horrifié d’apprendre que les mêmes techniques d’apprentissage machine sont aussi à la base du système Lavender récemment documenté et employé par l’armée israélienne à Gaza ».

Plusieurs organes de presse ont fait des reportages sur l’utilisation par Israël du système Lavender, un système d’Intelligence Artificielle qui génère des listes de cibles à tuer à partir de l’analyse de données de surveillance.

De même, un autre système d’Intelligence Artificielle trace et établit des liens entre des cibles et des localisations spécifiques et il envoie une alerte quand les cibles reviennent dans les localisations spécifiques. Un autre système d’Intelligence Artificielle peut produire des cibles à une cadence rapide.

Les experts de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour les droits humains disent que l’utilisation par Israël de l’Intelligence Artificielle Gaza a entraîné un coût en vies humaines sans précédent parmi les civils. Human Right Watch (HRW) a averti que ces instruments risquent de violer le Droit International Humanitaire (DIH).

« Ce sont des technologies qui nécessitent de maximiser un objectif et l’objectif peut changer. Un algorithme élaboré pour analyser les occurrences de ponctuation et de la terminologie dans un texte anonyme, par exemple, peut servir à capter des indices censés être des indicateurs d’une menace potentielle et la signaler comme cible militaire », a dit Fabrizio Sebastiani.

Fabrizio Sebastiani a récemment été approché par une institution israélienne pour collaborer à un projet en dehors d’Horizon. Il a refusé.

Al Jazeera a découvert qu’Horizon Europe finance des institutions israéliennes pour qu’elles prennent part à une recherche basée sur l’Intelligence Artificielle et semblable au travail de Fabrizio Sebastiani.

L’Université Reichman de la ville d’Herzliya sur la côte israélienne a reçu près de trois millions d’euros comme partie d’un projet d’étude du sanskrit et de textes bouddhistes tibétains pour développer des instruments informatiques de pointe destinés à révolutionner l’étude de ce matériau.

Des institutions israéliennes sont aussi partenaires de plans de développement d‘instruments de surveillance et de sécurité de contre-terrorisme.

Dans le cadre d’Horizon 2020, l’Université Bar-Ilan a reçu un million trois cent mille euros et le ministère israélien de la sécurité publique a reçu deux cent soixante-sept mille euros pour développer un simulateur d’interrogatoire.

L’institut international d’Israël pour le contre-terrorisme et son institution mère, l’Université Reichman, ont participé au projet Glocter de l’Union Européenne pour la promotion de l’excellence scientifique et de l’innovation technologique dans le contre-terrorisme. La description du projet donne quelques détails et son site internet présente une image de soldats en tenue de camouflage attaquant une maison de briques déchue.

L’Université de la Ville de Dublin, qui coordonne le projet, a dit à al Jazeera que les fonds initialement attribués aux partenaires israéliens avaient été suspendus plus tôt dans l’année. Elle n’a pas développé davantage sur les raisons de la décision, mais ce changement est intervenu à la suite d’une campagne menée par des étudiants en Irlande contre l’implication d’Israël dans le projet. La base de données de la Commission Européenne conserve encore l’Université Reichman dans la liste des partenaires du projet Glocter.

La majorité des fonds d’Horizon Europe attribués à des entités israéliennes sont versés à des institutions académiques. Alors que les universités sont souvent vues comme des bastions des libertés civiles, l’universitaire israélienne Maya Wind a dit que l’université israélienne était la colonne vertébrale de l’industrie militaire du pays, « les universités israéliennes sont les piliers de la loi raciale israélienne, elles sont centrales dans l’infrastructure du colonialisme de peuplement israélien et de l’apartheid et maintenant elles sont aussi actives au service du génocide et elles rendent possible le maintien de la guerre à Gaza depuis plus de treize mois ».

Dans un livre dont le titre est « comment les universités israéliennes refusent la liberté aux palestiniens », aux éditions des Towers of Ivory and Steel, Maya Wind explique que l’UHJ a été la première à être créée par le mouvement sioniste en 1918, suivie par l’Institut Israélien de Technologie Technion en 1925 et l’Institut Weizman pour la science en 1934.

Ces institutions sont devenues des institutions centrales dans le développement et la fabrication d’armes utilisées pour déplacer de force les palestiniens dans la préparation de la formation de l’état d’Israël en 1948. L’Institut Weizman et le Technion ont ultérieurement dirigé le développement de l’industrie militaire d’Israël. En 1954, le Technion a fondé un département d’ingénierie aéronautique et ses étudiants ont dirigé le développement de l’entreprise aérospatiale IAI. La firme d’état Rafael, spécialisée dans la technologie de la défense, est née aussi dans ses locaux.

« La collaboration de n’importe quel type avec une université israélienne se fait directement au détriment de la libération de la Palestine » a dit Maya Wind.

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