A Paris, le dimanche 24 juin 2007
C’est l’heure du bilan des élections présidentielles d’avril mai 2007 et des élections législatives de juin 2007. Ce bilan manifeste en même temps le profond conservatisme et en même temps
les perspectives d’évolution de la vie politique française.
Le phénomène majeur, c’est bien sûr l’élection de Sarkozy à la présidence de la république, un président de droite succède à un président de droite, une majorité de droite à l’assemblée
nationale succède à une majorité de droite.
La campagne électorale pour les élections présidentielles était une nouvelle preuve de la profonde dérive nationaliste franco française de la totalité de la classe politique française, de
la droite à la gauche, de l’extrême droite à l’extrême gauche, c’est une nouvelle manifestation de la bipolarisation, de l’américanisation de la vie politique française. Les questions
internationales n’apparaissaient jamais dans la campagne électorale, ni la Palestine, ni l’Irak, ni l’Iran, ni la Syrie, ni le Liban, ni le Vénézuela. Le monde brûle, le monde est en feu, le
monde est en guerre, mais les politiciens français ne le savent pas.
Sarkozy tirait les leçons de ses deux prédécesseurs, il en est le digne successeur, cette année électorale voyait la naissance et la victoire d’une nouvelle idéologie, le sarkozysme de
gauche. Kouchner, Glucksmann, Gallo, Hanin, Besson, Bockel, Seguela, Attali, Tapie, ils étaient mitterrandistes en 1981, ils sont sarkozystes aujourd’hui. De la même manière, Sarkozy tirait la
leçon de la défaite de Balladur contre Chirac en 1995, et de sa propre défaite en 1995, dans la mesure où il était le principal conseiller de Balladur. L’élection de Chirac en 1995 était la
conséquence d’un discours démagogique de gauche contre la fracture sociale. Les conseillers de Chirac en 1995 sont les conseillers de Sarkozy aujourd’hui.
Sarkozy en tirait immédiatement les conséquences. Il nommait Fillon comme premier ministre. Fillon, c’était en 2003 le ministre de la plus réactionnaire réforme de la cinquième république
contre le régime des retraites, et cette réforme était le résultat d’un accord entre Fillon et la CFDT, le syndicat de la deuxième gauche de Kouchner, Rocard, Strauss Kahn et Royal. Le sarkozysme
de gauche, c’est aussi la participation de quatre ministres socialistes dans le premier gouvernement Sarkozy Fillon et de six ministres socialistes dans le deuxième gouvernement Sarkozy Fillon.
Cette année électorale, c’est aussi la rupture d’un couple politique, le couple de Hollande et de Royal, et la naissance d’un nouveau couple politique, le couple de Bayrou et de Royal. Le
seul désir d’avenir du parti socialiste français, c’est l’ouverture au centre sans rivage à droite, c’est le blairisme à la française. Le parti socialiste français est définitivement depuis
longtemps un parti démocrate à l’américaine.
Nous rêvons et nous construisons une nouvelle gauche alternative anti raciste et anti impérialiste solidaire des peuples du monde, ce ne sera pas la vieille social démocratie
européenne ;
Cette année, il y avait la candidature de José Bové au premier tour des élections présidentielles et il y avait des candidatures anti racistes et anti impérialistes au premier tour des
élections législatives. Nous ferons mieux la prochaine fois.
Bernard Fischer