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actualité politique nationale et internationale

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DROIT AU LOGEMENT

 
DESHUMANISATION DES EXPULSES D ASNIERES SUR SEINE
 
 
TROISIEME CAMPEMENT DE FAMILLES SANS LOGIS EN ILE DE FRANCE
 
Après le campement de la Coudraie à Poissy, celui de la Maladrerie à Aubervilliers un nouveau campement a été installé depuis vendredi 10 août cette fois-ci à proximité de l’hôtel expulsé du 56 rue Diderot à Asnières sur Seine.
Le matin, les forces de l’ordre ont expulsé une soixantaine de familles avec enfants d’un hôtel situé au 56 rue Diderot à Asnières sur Seine suite à un arrêté pris par la mairie « l’hôtel ne répondait plus aux normes incendie » selon la mairie.
 
Toute évacuation doit être obligatoirement suivi d’un relogement.
 
4 nuits d’hôtels ont été proposées aux familles et après ces nuitées d’hôtels, elles devraient prendre contact avec le Samu Social.
Cette proposition a été refusée par les familles qui ont décidé de monter un campement devant l’hôtel en attendant de réelle solution de relogement.
Ces familles, parmi lesquelles de très nombreux enfants, inscrites comme demandeurs de logements sont des victimes de la crise du logement.
Depuis la loi de décentralisation de 2004, le contingent préfectoral réservé aux plus démunis a été délégué au Maire d’Asnières sur Seine.
Ce vendredi soir, sous la pression des familles, la mairie a accepte d’ouvrir un local pour héberger les femmes et le enfants pour le week-end. Les hommes restent à l’extérieur sur le trottoir vu que le refuge pour S.D.F que leur propose provisoirement la mairie d’Asnières a été conçu pour héberger temporairement 10 S.D.F au plus. Au base, la mairie avait demandé aux hommes de choisir dix de leur femme avec enfants afin qu’elles occupent le site, les autres étaient sensés dormir dehors avec les hommes. Ces derniers leur ont fait savoir qu’ils ne pouvaient trancher sur une décision aussi insensée qu’inhumaine. Les enchères sont donc montées à 15 femmes au lieu de 10. Les hommes sont restés sur leur refus de trancher. Et ont accepté de dormir dehors à même le béton à condition que toutes les femmes et tous les enfants intègre le refuge sensé accueillir 10 S.D.F. La mairie a finalement refusé en insistant bien sur le fait que les hommes devaient impérativement rester dehors qu’il neige, pleuve ou vente. Leur refusant même au départ l’accès au sanitaire. Pour veiller à cela les services de la mairie ont mis en faction des agents de police municipale qui filtrent l’entrée des hommes dans le refuge. Cet habitat initialement conçu pour recevoir temporairement une dizaine de S.D.F abrite donc temporairement plus d’une trentaine de femmes (dont certaines sont en ceinte), et plus d’une trentaine d’enfants en bas âges. L’ensemble des expulsés doit s’organiser pour utiliser les 2 douches, les trois lavabos et l’unique toilette mis à leur disposition. Dans ce contexte il est utile de souligner qu’à chaque fois qu’un homme (qui dort à l’extérieur sur le trottoir) demande à aller aux toilettes, il est accompagné par un agent de la police municipale qui veille au bon déroulement de sa vidange. En ce qui concerne les stocks de nourriture essentiellement constitués de dons offerts par des citoyennes solidaires, ils sont sous clefs. Cette clef est conservée par un des agents de la police municipale en faction devant et à l’intérieur du refuge. C’est aux expulsés d’en faire la demande à chaque fois qu’ils ont besoin de quelque chose. Cette situation indigne et infantilisante tend à leur rappeler (in)consciemment qu’il ne sont pas là chez eux, mais a surtout la fâcheuse conséquence d’agacer certains des agents de la police municipale qui se montre réticents à faire de multiple aller-retour pour veiller à ce que les expulsés soient bien approvisionnés* .
 
 Avec ces familles, nous demandons une table ronde avec la préfecture, la municipalité, les familles et les soutiens, nous demandons un relogement décent et durable des familles expulsées, si nécessaire par la loi de réquisition, nous demandons l’arrêt des expulsions sans relogement.
 
Vous pouvez témoigner votre soutien en vous rendant à l’adresse suivante : « Le Havre » situé au 59 boulevard Voltaire face au dépôt de Bus RATP à Asnières.
Ces familles ont besoin de nourritures, couverture, articles de soins : lingettes, couches…
 
Assister sans rien faire à de tels actes d’intimidation et de déshumanisation, c’est accepter d’être COMPLICE. Aujourd’hui c’est eux demain ce sera NOUS si nous ne faisons rien pour empêcher cela. N’oubliez pas en lisant ces lignes de tirer des leçons d’une HISTOIRE à la fois lointaine et récente. Et n’oubliez pas qu’actuellement nous sommes en train d’écrire l’histoire qui va déterminer le FUTUR de nos enfants. Tous les jours des signes nous annonce à quelle sauce nous allons être mangé et nous feignons lâchement de ne pas les voir réfugiés dans un confort aléatoire. La matrice se charge d’abord des plus faible et progressivement l’étau se resserrera et c’est à notre porte que ces sbires viendront frapper demain. Ce jour là lâchement nous crierons à l’aide en nous rappelant que finalement notre sort n’est pas si différent de ceux à qui nous avons refusé de venir en aide hier, car le système nous a formater pour que nous ne nous sentions plus concerné quand il frappe celui ou celle qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau. Mais ceux que nous avons laissé se débattre seuls entre ses griffes ne nous viendront plus en aide. Non pas par rancœur, mais parce qu’ils ne seront plus là pour nous pour nous apporter l’aide précieuse que nous leur avons refusé. Méditez devant votre miroir et si vous regarder en profondeur vous finirez par percevoir le reflet de la lâcheté et de l’égoïsme. Car voila ce qu’il ont réussi à faire de nous*.
 
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