Je vous informe que 7 de nos camarades qui ont participé à une manifestation le mercredi 29 août 2007 devant la mairie d'Asnières en vu de soutenir
les familles expulsées, ont été interpellés par les force de l'ordre et contraints à faire 24h de garde à vue.
Motif = INCITATION A L'EMEUTE !!
Depuis quand une manifestation sans violence est une incitation à l'émeute?
Nous sommes dans un pays ou la liberté d'expression est née sur les murs, mais ou le droit d'expression, n'est pas valable pour les noirs...
Sommes nous inférieurs aux murs?
Ils veulent plutot que nous restions muets comme des murs...
Mais ils oublient que les murs ont des oreilles !
Et meme si ils nous empechent d'etre libres, nos pensées le sont,
meme si ils nous empechent de dévoiler l'injustice, nous la dénoncerons aux yeux de tous...
Le combat est dur, mais nous ne baisserons pas les bras et bien au contraire, nous sommes de plus en plus à lutter contre
l'injustice...
LA JUSTICE EST AVEUGLE et si nous n'ouvrons pas les yeux et n'agissons pas maintenant, nous prendrons tôt ou tard le revers de sa canne blanche
en pleine figure. Car l'inaction nous rend complice du processus d'humiliation et de déshumanisation dont nous sommes victimes.
Suite à cette garde à vue abusive, les forces de l'ordre ont été les porte-paroles du procureur de la république. Un rappel de nos
droits nous a été rapporté oralement juste avant notre sortie, 20 heures après les faits. Le but était de nous intimider et de nous dissuader à agir là où se trouve l'injustice. Il nous ont fait
clairement entendre que suite à la toute nouvelle loi sur la récidive, toute nouvelle 'manifestation illicite' de notre part conduirait chacun de nous en prison pour un minimum de 3 mois. Juste
pour avoir oser dénoncer ce que nous qualifions d'injuste.
Voilà la teneur du discours original prononcé le mercredi 29 août 2007 devant la mairie d'Asnières et qui nous à value d'être traité
comme de vulgaires criminels :
En tant que citoyens français, nous nous devons d’informer M.
Le Maire et l’opinion publique d’une situation aussi inhumaine qu’intolérable.
En 2007, comment se peut il qu’au dit pays des droits de l’homme des familles entières
puissent être expulsées par les autorités de l’état alors qu’elles ont été les victimes d’un marchand de sommeil peu scrupuleux.
La mairie d’Asnières via le 115 (SAMU SOCIAL) avait déjà dirigé des personnes qui
rencontraient des problèmes de logement vers ce gérant malhonnête. A cette période ignoraient ils la non-conformité aux normes incendie du batiment ???
Quoi qu’il en soit, nous sommes dans l'incompréhension quand nous
voyons des familles dormir dehors. Comment est-il possible, d'un point de vue éthique et moral, d'expulser des gens sans les reloger?
Au delà des questions matérielles, comment, d'un point de vue moral, peut-on prendre
l'initiative de déloger des hommes, des femmes et des enfants sans leur proposer une alternative digne et humaine afin de ne pas dormir dehors.
La France , en théorie le pays des Droits de l'Homme, n'applique pas le droit
fondamental de tout être humain, qu'est celui du droit au logement.
Vous nous insultez, quand vous traitez ces hommes comme des animaux, qui doivent
demander l'autorisation et être accompagner de la police municipale pour se rendre aux toilettes et se réapprovisionner en nourriture.
Vous nous humiliez quand vous laissez des femmes démunies, entassées comme du bétail,
avec la charge d'élever leurs enfants sans l'amour d'une République qui les rejette.
Vous nous méprisez quand vous punissez les enfants, plutôt que le marchands de sommeil
responsabes de l’escroquerie qui a conduit a l’expulsion de ces familles
Ces enfants sont mis en danger par la politique de votre mairie qui les oblige à jouer sur le bitume, à proximité des
voitures. A croire que vous êtes dans l’attente d’un drame.
En tant que citoyens français qui avons foi au principes
républicains, nous sommes humainement révoltés par votre manière de traiter ces gens avec qui vous prétendez être en négociation.
Peut on prétendre négocier avec des gens que l’on installe volontairement dans une précarité et une humiliation supérieure à celle qu’ils connaissaient
avant que vous ne les expulsiez.
Nous sommes d’autant plus touchés et appeurés pour notre avenir que ces personnes nous ressemblent jusqu’à la couleur de leur épiderme.
Est-ce juste une coîncidence si ces familles ressemblent aux nôtres.
Est-ce ainsi que vous nous traiterez nous aussi lorsque nous nous trouverons en proie à de telles difficultés. Nous contraindrez vous à dormir sur le
bitume comme des chiens, au milieu de leur trace d’urine et autre déjection.
Imaginez vous un seul instant entassé sur le trottoir, contraint de dormir dehors à la vue de vos enfants et de vos femmes, qu’il
pleuve, neige ou vente sous la surveillance étroite de la police. Représentez vous l’image d’un homme humilié et avili, rabaissé plus bas que terre et qui se doit d’être un exemple
pour ces enfants. Surveillé comme un délinquant en prison, filtré à chacune de ses entrées dans le batiment où vivent leur femme et enfants.
Pourtant nous avons à faire à des travailleurs qui payaient jusqu’alors des loyers exorbitant à un marchand de sommeil qui a pris la fuite.
Imaginez votre couple séparé par la frontière invisible de l’injustice et peut être d’un racisme qui n’ose pas dire son nom. Imaginez les femmes et
les enfants entassés à l’intérieur comme à une certaine époque.
Ces familles ne demandent pas la charité. En revanche, elles demandent aux autorité qui les ont expulsés pour les installés dans une situation encore
plus précaires qu’auparavant d’assumer ces responsabilité en les relogeant décemment.
En attendant que ces négociations aboutissent, il est intolérable de laisser ne serait ce qu’une partie de ces familles dormir dehors alors que le
temps est de moins en moins clément.
Nous ne voulons pas nous immicer dans la technicité des dossiers de relogement que vous avez à traiter, mais nous vous demandons de gérer autrement
cette situation d’urgence le temps que les négociation trouve une issue décente.
Ne laissez plus ces familles démunies exposés à une telles précarité et aux aléas du temps alors que vous avez le pouvoir d’y
remédier. En tant que citoyens français, nous vous demandons de faire preuve d’Ethique, de morale et d’humanisme, et de ne pas oublier que vous gérez la situation d’être humain et non
d’animaux.
Nous sommes des citoyens français, nous n’aurions pas voulu fait état du fait que nous sommes noirs nous aussi. Mais cette situation nous rappelle
des temps historiques que nous ne souhaitons en aucun cas revivre. Alors ne vous rendez vous pas complice de tels crime. Car nous ne pouvons oublier qu’en d’autre temps, La loi à pu justifier
l’injustifiable. Mais si l’on écoute la raison, rien ne justifie qu’une institution de l’état censée représenter le pays des droits de l’homme laisse dormir des être humain dehors.
Comment les garant de la justice peuvent faire payer les victimes d’un marchand de sommeil peu scrupuleux qui a pris le large, plutôt que le
coupable lui-même.
Ces familles sont victimes d’une double peine. Malgré tous les efforts que nous
faisons pour croire à la justice et à l’adage liberté, égalité, fraternité, nous craignons que se dissimule derrière le prétexte de la crise du logement le spectre d’un racisme
exterminateur.
Nous aurions pensé que les incendies meurtriers et successifs du printemps-été 2005 qui ont vu périr plus de 50 personnes dont 33 enfants
essentiellement noirs auraient incités les instiutions de l’état à renforcé la sécurité et la justice auprès de ces populations. Mais au lieu de cela, on a plutôt l’impression qu’elles ont
utilisé à leur avantage ces actes criminelles et racistes qui servent aujourd’hui de prétextes pour expulsés des familles familles entières qui peinent déjà à s’en sortir.
Comble de l’ironie, vous prétendez aujoud’hui que c’est pour leur bien que vous les mettez à la rue ; selon vous elles y serait plus en
sécurité que dans des logements qui ne répondent pas aux normes incendies.
Mais si l’on faisait le tour des batiments qui ne répondent pas aux normes incendies, sans doute faudrait il mettre à la rue une bonne partie du
pays. Y compris ce que l’on qualifie de français de souche. Mais les faits montre que ce que vous expulsez massivement ont toujours la même couleur. A l’instar des triste célèbre « 1000 de
Cachan » il y a un an et laissés à la dérives aujourd’hui. L’actualité de cet été crève l’écran avec les expulsés de Massy, de Lille, d’Aubervilliers ou d’Asnières. Pourtant cette
information ne sucite chez vous aucune émotion si l’on s’en tient aux faits et à la gestion que vous en faite.
Nous sommes citoyens français, mais nous avons peine a croire que ce n’est pas le spectre du racisme qui se dissimule derrière toute cette
mascarade. Nous avons tous fréquenté l’école de la république et avons appris les ravage « tsunamiesque » provoqués par toutes sortes d’idéologies racistes qui tendent à inférioriser
des individus par rapport à d’autres. Nous n’attendrons donc pas que sa vague meurtrière déferle sur nous pour la combattre. En tant que citoyens français, c’est contre l’Injustice et non contre
la Loi que nous nous élevons aujourd’hui.
Nous sommes ici pour porter assistance à personne en danger et demandons à M. Le Maire d’en faire de même, au moins le temps des
négociations.
Nous le répétons, nous ne souhaitons pas pour l’instant intervenir sur la technicité des dossiers de relogement, mais sur l’urgence d’une situation qui
installe des familles dans une précarité que même M. Le Maire ne souhaiterait pas à son pire ennemi. Et nous ne sommes pas ces ennemis et encore moins ces familles qui attendent qu’il
accomplissent son devoir de maire.
L’association Alliance Noire Citoyenne tiendra ce discours à proximité de la mairie autant de jours qu’il faudra à M. Le Maire pour l’entendre et
corriger le tir sur le traitement de ces êtres humains traités jusqu’à aujourd’hui comme des animaux.
Ne vous méprenez pas, comme ces familles, nous ne sommes ni des criminels ni des victimes. Nous sommes des citoyens français qui
réclamons un peu plus d’humanisme et de Justice