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actualité politique nationale et internationale

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LE TIERS MONDE COMMENCE DE L AUTRE COTE DU PERIPHERIQUE

Le bras de fer entre squatteurs et police continue à Aubervilliers
 
Evacués manu militari jeudi matin, la centaine de sans-logis avait aussitôt réinvesti le parvis qu'ils occupent depuis près de deux mois.
 
Par Cordélia Bonal
 
LIBERATION.FR : vendredi 7 septembre 2007
 
Vendredi matin, une soixantaine de policiers est à nouveau intervenue pour tenter de déloger la centaine de sans-logis qui occupe un parvis du quartier de la Maladrerie depuis près de deux mois. Le face-à-face a duré deux bonnes heures, «dans un climat parfois tendu», selon Edwige le Net, du Droit au Logement (Dal). Cette fois, les sans-abris n'ont pas été délogés, mais les forces de l'ordre ont emmené une partie des matelas et couvertures. 
En fin d'après-midi, les représentants des familles ont été reçus à la sous-préfecture de Saint-Denis. «Nous n'avons rien obtenu de concret, mais c'est la première fois qu'il y a eu une vraie rencontre avec le sous-préfet, c'est positif», reconnaît Lacine Koné, l'un des représentants du groupe. Dans le même temps, les forces de l'ordre avaient repris position aux abords du campement.

Evacués de force la veille entre 7h30 et 10h, les familles avaient immédiatement réinvesti les lieux. Dans la soirée, la police était de nouveau intervenue pour démonter une toile faisant office de campement. Entre temps, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, avait rendu une visite aussi impromptue que critiquée aux familles. Ce qui lui valu le rappel à l'ordre immédiat de François Fillon. Vendredi, c'est Mgr Gaillot qui est allé apporter son soutien aux familles. Reçu par le maire dans l'après-midi, il compte adresser une requête à Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, pour qu'elle se saisisse du dossier.

La situation sur le parvis s'est fortement tendue depuis que lundi la municipalité communiste a obtenu du tribunal de Bobigny une décision d'expulsion. Motif : «trouble à l'ordre public», le campement étant situé devant une école. Une mesure de dernier recours, à en croire Lucien Marest, adjoint au maire, qui ne mâche pas ses mots pour dénoncer «le véritable scandale du désengagement de l'Etat». «La préfecture aurait très bien pu régler ça vite, au lieu de ça elle a préféré laisser pourrir la situation, alors que je ne cesse depuis deux mois de réclamer au préfet une table ronde. Il faut se battre pour que l'Etat assume ses responsabilités», assène-t-il. Egratinant au passage Rama Yade : «Elle se pointe comme ça sans prévenir personne, comme si elle découvrait seulement maintenant le problème. Si elle veut agir, et bien qu'elle le fasse, on ne demande pas mieux», ironise-t-il.

Sur le campement, les familles affichent leur détermination : «Nous souhaitons une issue sans violence, mais nous irons jusqu'au bout, assure Lacine Koné. Nous resterons là tant que nous n'aurons pas une vraie solution de logement.» Les familles, d'origine ivoirienne ou malienne, avaient installé des tentes le 11 juillet après l'expulsion de certaines d'entre elles de leurs logements sociaux squattés. Elles réclament le relogement des cinq familles expulsées et des 21 autres, menacées d'expulsion début juillet.

Selon le Dal, les squatteurs sont majoritairement en situation régulière et ont fait une demande de logement, parfois depuis plusieurs années. Mais pour la mairie, il est hors de question de faire passer ces familles avant les autres : à Auberviliers, qui compte 41% de logements sociaux, 3800 familles sont déjà en attente sur les listes.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/276934.FR.php
© Libération
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