Cuba célèbre la gloire du Che, "guérillero héroïque"
SANTA CLARA (AFP)
Des cérémonies officielles d'hommage au révolutionnaire argentin Ernesto "Che" Guevara se sont déroulées lundi à Santa Clara, à Cuba et à Vallegrande en Bolivie, à l'occasion du quarantième anniversaire de sa mort le 9 octobre 1967.
Le président cubain par intérim, Raul Castro, a présidé l'hommage rendu au guérillero en présence de la famille de Guevara et des hautes
instances dirigeantes militaires et gouvernementales cubaines, sur la place de la Révolution de Santa Clara (centre), à 300 km à l'est de La Havane.
La commémoration a débuté par la lecture d'un texte composé à la mémoire du "Che" par le leader cubain en convalescence Fidel Castro, paru
lundi dans la presse gouvernementale.
Fidel y a salué "la grandeur du combat quotidien" du Che et a dit "incliner (son) front, avec respect et gratitude devant le combattant
exceptionnel tombé le 8 octobre il y a quarante ans".
Pendant l'insurrection menée contre la dictature de Fulgencio Batista (1952-58), le "Che" avait libéré Santa Clara en août 1958 et ouvert ainsi
les portes de La Havane à Fidel et ses troupes révolutionnaires qui y pénètrèrent triomphalement en janvier 1959.
En 1997, un mausolée y a été érigé pour abriter les restes du "guérillero héroïque", rapatriés de Bolivie 20 ans après sa mort.
Après avoir salué la veuve du "Che", Aleida March, 71 ans, et leurs quatre enfants, Raul Castro a assisté, en silence, aux
cérémonies.
Au pied d'une gigantesque statue de bronze du révolutionnaire argentino-cubain, de nombreux officiels ont participé à cet hommage dont le
ministre de la Culture Abel Prieto et José Ramon Machado Ventura, haut dirigeant du Parti communiste cubain ainsi que Ramiro Valdès, ministre de l'Informatique et des Télécommunications et
ex-commandant de la révolution.
Ce dernier, qui fut très proche du "Che", avait fait le voyage, au nom du gouvernement cubain, jusqu'en Bolivie pour y récupérer ses
restes.
Valdès a pris la parole pour inviter les Cubains à se souvenir du "Che" et de la cérémonie qui avait suivi la rapatriation de ses restes, que
Fidel Castro avait alors présidée.
Occasion aussi pour le ministre de regretter l'absence du leader et que les Cubains aient "à souffrir du sévère coup (porté) par la maladie de
Fidel, notre guide, un homme capable d'accomplir simultanément une énorme quantité de tâches".
"Aujourd'hui (Fidel) récupère et travaille à un projet irremplaçable d'orientation, fondé sur son expérience et ses idées", a-t-il
affirmé.
La capitale cubaine a réentendu lundi la voix de Fidel avec la diffusion de l'enregistrement radiophonique du 3 octobre 1965 dans lequel Castro
avait dévoilé aux Cubains la lettre que lui avait adressé "Che" Guevara.
"L'Argentin", comme l'appelait Raul, annonçait dans cette missive sa démission, son renoncement à la citoyenneté cubaine octroyée en 1959 et sa
décision de quitter l'île communiste pour porter ailleurs le combat insurrectionnel, en Afrique notamment.
"D'autres terres du monde réclament la contribution de mes modestes efforts", avait-il écrit à Fidel Castro. Dans ce message, l'Argentin avait
réaffirmé son engagement révolutionnaire qu'il avait résumé par sa célèbre formule: "hasta la victoria siempre" (Jusqu'à la victoire, toujours).
S'ensuivirent des mois de "disparition" alors qu'il était au Congo à tenter d'imposer une révolution armée, avant d'engager en Bolivie sa
dernière guérilla, où il fut exécuté le 9 octobre 1967 dans le hameau de La Higuera.
En Bolivie, le président socialiste Evo Morales, admirateur du "Che" et Fidel Castro, devait participer lundi, comme l'an passé, à la
commémoration de la mort du légendaire guérillero.