Début d'une nouvelle évacuation des mal-logés rue de la Banque à Paris
PARIS (AFP)
Les forces de l'ordre commencent à évacuer de force plusieurs dizaines de mal-logés installés rue de la Banque à Paris
Des policiers et des gendarmes ont commencé jeudi après-midi à évacuer de force plusieurs dizaines de mal-logés installés rue de la Banque à
Paris (IIe) après le démantèlement la veille de leur campement de fortune.
Quatre militants du DAL (Droit au Logement), dont le porte-parole, Jean-Baptiste Eyraud, ont été menottés au sol au cours de l'opération. Cette
nouvelle évacuation, menée par une quarantaine de gendarmes mobiles, une vingtaine de CRS et une dizaine de policiers en civil, a commencé peu avant 17H30.
Les forces de l'ordre, qui ont déployé plusieurs véhicules, faisaient entrer de force les mal-logés, dont un grand nombre de femmes, certaines
avec des enfants, dans le "ministère de la Crise du logement", un bâtiment où des associations, dont le DAL, se sont installées en décembre 2006, racheté depuis par la Ville de Paris, qui leur a
accordé un bail.
Les policiers s'emparaient des couvertures et bâches installées sur le trottoir pour les emporter dans leurs véhicules.
Des femmes ont hurlé et tenté de résister. L'une d'entre elles, visiblement choquée, a était prise en charge sur place par des
pompiers.
Plusieurs dizaines de manifestants venus à la rescousse des mal-logés ont entrepris de bloquer la rue du Quatre-Septembre, provoquant un
embouteillage jusqu'à la place de l'Opéra, scandant des slogans comme "application de la loi de réquisition", "solidarité avec les mal-logés" et "la honte, la honte, la honte sur
Sarkozy!".
Au début de l'évacuation, un policier en civil avait appelé son état-major pour se plaindre d'un manque d'effectifs.
"Cela commence à bien faire, on est trois pour les évacuer, les gendarmes nous regardent en se marrant", avait-il déploré devant un journaliste
de l'AFP.
Les mal-logés qui avaient réinstallé leur campement rue de la Banque ont été contraints par des policiers et des gendarmes de quitter les lieux
mercredi matin.
Le 3 octobre, plusieurs dizaines de familles de mal-logés s'étaient installées sous des tentes à même la chaussée, dans la même rue, au pied du
"ministère de la Crise du logement", après une intervention policière qui avait fait tourner court une opération lancée à l'initiative du DAL.