Les forces de l'ordre ont procédé mercredi à la
troisième évacuation en un mois, rue de la Banque.
LIBERATION.FR : mercredi 31 octobre 2007
Pour la troisième fois en moins d'un mois, les mal-logés installés depuis début octobre rue de la Banque à Paris ont été évacués. L'opération, menée
par une centaine de gendarmes et policiers, a débuté peu avant 6 heures mercredi matin, et s'est achevée une heure plus tard.
Rhadia, une évacuée, explique à l'AFP que l'évacuation s'est déroulée «sans violence» et que les forces de l'ordre «ont demandé
gentiment», pour plier toutes les tentes qu'ils occupaient et entasser leurs matelas et affaires personnelles sur le trottoir. D'autres mal-logés affirment pourtant que l'évacuation ne s'est
pas aussi bien passée. Aminata (1) : «Il y a eu de la violence. Ceux qui ne voulaient pas se lever ont été pris avec force.» Ce que confirme Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Droit
au Logement, en affirmant qu'il il y avait «eu des brutalités» dans un car de police, présisant que Benoîte Bureau, une militante du DAL, qui surveillait les lieux, a été
interpellée.
Certains ont été conduits par bus vers un centre d'accueil, mais une majorité a préféré s'en aller à pied, avec leurs affaires. C'est notamment le cas
d'une trentaine de femmes, certaines avec des enfants en bas âge, en majorité africaines, qui s'étaient regroupées à l'entrée du métro Bourse.
Pour demander l'évacuation de la rue, une quarantaine de riverains ont écrit le 25 octobre au préfet de police Michel Gaudin, énumérant les
«nuisances nocturnes», l'«insalubrité» et l'«insécurité». Les commerçants déplorant eux une perte de chiffre d'affaire depuis l'installation du campement.
Les mal-logés, en majorité d'origine africaine et en situation régulière, s'étaient installés rue de la Banque le 3 octobre. Ils en avaient été
évacués le 10 octobre mais s'y étaient réinstallés le jour même. Le lendemain, une nouvelle évacuation avait été suivie d'une réinstallation qui, au fil des jours, avait abouti à l'installation
d'une centaine de tentes.
(1) Le prénom a été modifié à la demande de l'intéressée.
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