Bruno Gollnisch et Marine Le Pen en concurrence pour la tête du parti
LE MONDE | 19.11.07 | 15h52 • Mis à jour le 19.11.07 | 16h05
Les adhérents du Front national ont refusé de trancher entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen, tous deux prétendants à la succession
de Jean-Marie Le Pen. Invités pour la première fois à élire directement leur président et 100 des 120 membres du comité central lors du congrès du parti organisé les 17 et 18 novembre à Bordeaux,
ils ont plébiscité Jean-Marie Le Pen (97,67 %) qui, à l'âge de 79 ans, briguait un nouveau mandat - le dernier, commence-t-il à laisser entendre.
Ils ont confirmé M. Gollnisch, délégué général sortant (85,14 %), à une place, la première, qu'il occupait déjà à l'issue des congrès de 2000 et
2003. Mais ils ont élu juste derrière lui (75,76 %) Mme Le Pen, vice-présidente, qui s'était retrouvée, il y a trois ans, à la 34e place. De même, les amis de cette
dernière, qui avaient été victimes d'une manoeuvre d'une partie des cadres contre eux, se retrouvent nettement mieux élus.
EQUILIBRE ENTRE LES SENSIBILITÉS
Un message de rassemblement entendu par Jean-Marie Le Pen qui n'a toutefois pas pu s'empêcher de donner un avantage à sa benjamine, son meilleur
soutien, dans la hiérarchie du parti restructuré. Si tous deux obtiennent une "vice-présidence exécutive", des postes nouveaux, Marine Le Pen se taille la part du lion. Elle se voit octroyer la
formation des cadres et des militants, la communication et la propagande tandis que Bruno Gollnisch devient responsable des affaires européennes et internationales et dirige les CAP, ex-comités
d'action présidentielle, en charge du programme ainsi que du prégouvernement.
Une fonction que ce dernier a acceptée après de longues discussions avec Jean-Marie Le Pen, en émettant toutefois, dimanche, une réserve sur les
moyens financiers qui lui seront octroyés.
Les deux services que comptait le parti depuis 1988 sont fondus en un seul, le secrétariat général, dont la responsabilité continue d'être confiée
à Louis Aliot, un proche de Marine Le Pen.
Le nouveau bureau politique formé par Jean-Marie Le Pen, qui compte dorénavant 36 membres et non plus 50, respecte mieux les équilibres entre les
sensibilités. Le président du FN a ainsi "repêché" Carl Lang et Fernand Le Rachinel, qui n'avaient pas voulu se présenter aux suffrages de militants pour protester contre la transformation de
cette instance en simple exécutif, et l'emprise de Marine Le Pen sur l'appareil.
Les adhérents du parti ont manifesté également leur réticence à l'influence exercée par l'essayiste Alain Soral et son ami Marc Georges lors de la
campagne présidentielle, dans les choix stratégiques pris en faveur des électeurs orphelins de la gauche et des Français d'origine immigrée. Les deux hommmes ne se présentaient pas, mais
Jean-Marie Le Pen les a nommmés au bureau politique.
Lors de son discours dimanche après-midi, le président du Front national a montré qu'il avait compris leur souhait de revenir aux fondamentaux :
"Notre programme commun est simple, il tient en trois formules : immigration zéro, insécurité zéro, préférence nationale", a-t-il martelé, en précisant, à la grande satisfaction des
militants, que "la lutte contre l'invasion migratoire reste en effet le mot d'ordre numéro un".
Il a toutefois rattrapé les deux hommes contestés en les nommant au comité central sur son quota personnel tout comme il a repêché Gérald Gérin,
son majordome, qui s'était présenté aux élections législatives de juin à Vitrolles, la ville où Bruno Mégret, le président du MNR, était également candidat.
Christiane Chombeau
Article paru dans l'édition du 20.11.07