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actualité politique nationale et internationale

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DEUXIEME NUIT D EMEUTE

Le retour au calme reste fragile ce matin dans la commune du Val-d'Oise théâtre de violences hier soir. Les habitants craignent les nuits à venir.
 
 
Hakim Djeroudi
 
 
LIBERATION.FR : lundi 26 novembre 2007
 
 
Dans les rues de Villiers-le-Bel, aujourd'hui en début d'après-midi, une marche silencieuse à la mémoire des deux jeunes victimes décédées hier soir rassemble plusieurs centaines de personnes, dont beaucoup de jeunes et de mères de famille.


Alors que le cortège passe devant le commissariat incendié de Villiers-le-Bel, dont seuls les murs tiennent encore debout, des jeunes prennent des photos, l'un d'entre eux lâche: «Ça me fait tellement plaisir de voir ça». Signe qu'au lendemain des violences qui ont éclaté hier soir dans cette commune du Val-d'Oise, le climat reste très tendu aujourd'hui. Le ressentiment à l'égard de la police comme des médias est palpable.
 
Rue Louise Michel, où s'est produit l'accident mortel qui a coûté la vie à deux adolescents hier, les traces de voitures calcinées témoignent des échauffourées de la nuit lors desquelles 25 policiers et un sapeur pompier ont été blessés. Ce matin, l'artère était quasi-vide: quelques groupes de jeunes, et d'autres à moto qui s'interpellent en passant.

Aux arrêts de bus, chez les commerçants, les violences d'hier alimentent toutes les conversations. Les journalistes ne sont pas les bienvenus, les équipes de télé sont prises à partie, parfois physiquement. Une équipe de télé de France 3 s'est fait dérober sa caméra, sans violence. L'utilisation par les médias de l'expression «homicide involontaire» suscite en particulier la colère, beaucoup étant convaincus que la collision a été volontairement déclenchée par la patrouille de police, qui aurait ensuite pris la fuite, comme l'affirment certains témoins.

A en croire les habitants du quartier, la tension pourrait vite remonter.Un jeune dans le bus: «Ce soir faut qu'on soit tous là». Pour Ali, 36 ans, né à Villiers-le-Bel, «tant que la vérité ne sera pas faite, ça peut repartir comme il y a cinq mois».

«Ça va être chaud ce soir»
, prévient également Ikram, jeune commerçant de 23 ans, qui a habité quinze ans Viliers-le-Bel avant de déménager au Blanc-Mesnil. «Les jeunes ne s'arrêteront pas tant qu'ils n'auront pas cramé le commissariat de Sarcelles.» La patrouille de police qui a percuté la mini-moto était rattachée à la circonscription de Sarcelles, commune très proche de Villiers-le-Bel. Autre cible évoquée dans les conversations: le commissariat de Garges-lès-Gonesses, commune limitrophe de Sarcelles.


D'après des témoignages recueillis sur place, il y aurait eu une sorte de contentieux entre l'une des victimes et la police. Le père de Larami, 16 ans, l'un des jeunes de la Cité des Cerisaies décédé hier, a affirmé aujourd'hui à des habitants qu'un policier aurait menacé son fils la semaine dernière. Ce dernier a ainsi rapporté un échange qu'il a eu avec un policier affirmant queson fils «aura à faire à eux».

Vers 13 heures lundi, la ministre de l'Interieur Michèle Alliot-Marie s'est entretenue avec le maire PS de la ville, Didier Vaillant. A la sortie de l'entrevue, elle a dit partager l'émotion et la tristesse des familles des victimes, et souhaité rencontrer les familles, les pompiers et policiers blessés, ainsi que les commerçants victimes de dégradations. Il n'y a selon elle pas lieu de craindre une généralisation des violences. 


http://www.liberation.fr/actualite/societe/293868.FR.php
 
 
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