actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
A.R.M.A.D.A
Agir pour les Réparations Maintenant pour les Africains et Descendants d'Africains
Tous et toutes
mardi 18 décembre à 9h
Conseil de Prud'hommes de Paris
27 rue Louis Blanc 75010 Paris.
métro : Louis Blanc.
Affaire Badjeck : Les syndicats
soutiennent-ils la discrimination au
travail ?
Le 18 décembre prochain, l’affaire des 4 d’ADP va à nouveau être portée devant les tribunaux : Thierry Badjeck attaque son employeur pour discrimination, en raison d’origines raciales supposées. Le syndicat FO a déjà prêté main forte au patronat contre lui…
Licenciés abusivement en 2006, les 4 d’ADP ont gagné en appel : après plus de 1 an de licenciement injustifié, l’employeur Aéroports de Paris a été condamné à les réintégrer et à leur verser le paiement des salaires correspondant à la période de licenciement sous astreinte de 100 euros par jour et par personne. Dans cette affaire, l’inspecteur du travail et les syndicats avaient outrageusement soutenu la hiérarchie.
Toute l’affaire avait commencé par une manœuvre discriminatoire : empêcher Thierry Badjeck de postuler pour une promotion interne. Badjeck avait tous les diplômes universitaires requis, outre l’expérience des responsabilités dans sa profession. Il a choisi de se battre pour tous ceux qui sont quotidiennement discriminés, et qui n’ont pas les moyens de sacrifier comme lui plusieurs années dans le combat judiciaire pour leur dignité.
Rappel des questions qui se posent : Comment la CGT qui est majoritaire parmi les élus prud’hommaux de cette branche professionnelle a-t-elle pu laisser faire autant de violations du droit des salariés et des droits humains (la négrophobie) lors des différentes audiences prud’hommales ? Comment a-t-elle pu laisser passer tous les faux produits lors de chaque séance par la direction de ADP ? Comment a-t-elle pu accepter le camouflage d’actes racistes négrophobes avérés de la part de certains responsables locaux de ADP alors que les preuves en étaient apportées lors de chaque audience ?
Une négrophobie institutionnelle qui doit être enrayée ! Dans cette affaire des manoeuvres totalement illégales ont été accumulées pour casser détruire des êtres humains : diffamation, exactions, vols avec effraction, ethnicisation des rapports entre salariés, violation de correspondance et de vie privée, harcèlement moral. Le but avoué de ces pratiques était « la mort sociale », il s’agissait de faire un exemple, de casser la résistance à l’arbitraire en ciblant un camerounais pour dissuader tous les moins blancs ou moins français de faire respecter leurs droits tandis que l’on châtiait sévèrement les trois blancs solidaires de Thierry afin de stopper net une mobilisation sans barrière de couleur. C’est le principe du lynchage, et les syndicats ont accepté de participer au lynchage, par des tracts ignobles pour discréditer Thierry, par des pressions pour qu’il renonce à exercer ses droits et à exiger le respect du droit pour tous.
La Cour d’Appel dans son arrêt du 5 juillet 2007, en donnant tort à l’employeur ADP, en fustigeant tous les autres acteurs complices de celui-ci, en intimant l’ordre de réintégration immédiate sous astreinte financière, a très clairement dit « Stop à la discrimination négrophobe et à la violation des droits des salariés dans l’entreprise ! » Un chemin qu’il faut suivre...et que nous invitons les syndicats dignes de ce nom à suivre également !
Face au racisme qui structure l’autorité de la hiérarchie, le préambule de la constitution de 1958 garantit l’égalité des droits et le principe de non-discrimination. La lutte contre les discriminations est un objectif de l’Union Européenne et un engagement de la France conformément au Traité d’Amsterdam. C’est donc la combinaison de dispositions constitutionnelles et d’engagements internationaux que l’employeur a violés par une rupture de l’égalité des droits.
« La discrimination raciste est une déshumanisation de l’autre, une chosification de l’être, un crime sans cadavre, une mise à mort sociale. Elle met en péril l’intégrité de l’Etat de droit, et à ce titre ne peut bénéficier d’aucun égard. La discrimination raciste est un mode de domination d’un genre particulier qui assigne l’être à domesticité et nie fondamentalement le sujet de droit. C’est, absolument, une atteinte aux droits premiers de la personne. » Thierry Badjeck
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