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actualité politique nationale et internationale

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DURBAN 2001

Durban 2001 : un événement exceptionnel
qui annonce des bouleversements
 
La Conférence Mondiale Contre le Racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y
est associée s’est tenue à Durban en République d’Afrique du Sud (RSA) du 28 août au 8 septembre 2001.
 
Elle s’est déroulée en deux temps :
 
1° Le Forum des ONGs du 28 août au 1er septembre-
 
2° La Conférence des États du 31 août au 8 septembre.
 
Les temps changent !
 
 (“ The time they are a changin’ ” chanson de Bob Dylan durant les années 60
lors de la montée de l’opposition à la guerre du Viet-Nam à l’intérieur même des Étast-Unis))
 
Depuis que l’ONU existe il n’y a eu que deux conférences contre le racisme.
 
Les précédentes (1978 et 1983), qui ont eu lieu au temps de “ la guerre froide”, ont été mises en échec par
le sabotage des États-Unis et d’Israël aidés en sous-main par les états européens.
 
Durban s’est imposé à l’ONU après les génocides Bosniaque et Rwandais dans un pays (la RSA), où le
gouvernement de l’apartheid fut un symbole du fascisme imposé par l’Occident à l’Afrique après la défaite
du nazisme en Allemagne…
 
Cette conférence précédée depuis deux ans par de nombreuses conférences préparatoires nationales, régionales
et continentales (Strasbourg, Dakar, Vienne, Genève, Téhéran, Vienne....) a fait l’objet de chantage au
boycott pour la question “ du classement de l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité et des
Réparations qui en découlent ”, de l’occultation de groupes victimes directes des discriminations raciales,
de tentatives d’élimination des femmes, de refus de traiter du racisme institutionnel des états, de manipulations
des thèmes et de l’ordre du jour....
 
Depuis de nombreuses années, souvent dans le silence et d’une manière souterraine un important travail de
fourmi s’est développé dans plusieurs pays et continents (Amériques du Nord et du Sud, Afrique, Asie,
Europe).
 
Il y avait pourtant eu un faisceau de signes avant-coureurs dans différents pays (USA, RSA, Zimbabwe,
France…) qui constituaient autant d’indicateurs du fait que la coupe était pleine et débordait, bref qu’il y en
avait assez d’une occultation de la négrophobie et du colonialisme persistants, assez des violences racistes
permanentes vis-à-vis de groupes victimes d’un traitement à géométrie variable des droits civiques dans “
les pays se réclamant des droits de l’homme ”.
 
Durban 2001 a été une magnifique occasion :
 
- De conjuguer les efforts de tous ceux et toutes celles qui souffrent partout dans le monde,
et dont les cris sont étouffés par leurs oppresseurs, notamment par l’initiative et la maîtrise
de l’ordre du jour.
 
- D’expliquer que le combat contre la mondialisation libérale fait partie d’un combat plus
ancien contre la globalisation qui avait commencé dès le 15e siècle lors de la colonisation des
deux Amériques et de l’Afrique accompagnée des génocides et déportations massives des
amérindiens et des Africains
 
- D’indiquer aux états et aux institutions qui les soutiennent que «la société civile mondiale»
avait décidé de faire entendre durablement sa voix pour que les choses changent.
 
Le Forum des ONGs du 28/08 au 1er septembre 2001
 
Un rassemblement de 12000 ONG soit 20000 personnes fortement marqué par la présence de nombreuses
femmes, de jeunes, de noirs, d’asiatiques, de gitans, d’arabes, etc., qui avaient préparé méthodiquement et
démocratiquement de longues listes de doléances mettant en cause des institutions, des multinationales, des
religions, des États, des systèmes politiques et «la civilisation de la barbarie»...
 
Dès le matin du premier jour, les affaires démarrent très fort. C’est Mercia Andrews, Présidente de
SANGOCO (coordination des ONG Sud Africaines) qui donne le ton en demandant à tout le monde un
moment de silence en hommage à toutes les victimes historiques du racisme trop souvent occultées.
“ Il faut réécrire l’histoire de l’humanité pour y redonner toute sa place à la lutte des victimes (traite
transatlantique, apartheid, colonisation)…Il faut briser les silences, corriger les crimes, casser les protocoles,
mettre en pratique concrètement la solidarité. ”
 
Mercia donne un panorama des multiples formes d’oppression et de discrimination à l’ordre du jour: le
système des castes dont souffrent 300 millions de DALITS en Inde, la politique d’écrasement du peuple
Palestinien, le blocage de Cuba, la pauvreté… “ Les réparations pour les maux endurés durant plusieurs
siècles dans le passé ne représentent pas une histoire à laisser derrière nous…” “ Non , ils doivent être
justement inscrits au coeur de la lutte pour un futur meilleur…” “ C’est dans ce contexte que l’on doit situer
la question de la dette du tiers-monde, des ajustements structurels et de la globalisation… ” Mercia Andrews
termine son intervention en annonçant les objectifs de SANGOCO pour le Forum des ONG : une
déclaration finale qui doit inclure un plan d’action contre “ les perpétrateurs d’injustice ”…
 
Les équipes des ONGs, dans leur majorité indépendantes des états et systèmes, ont travaillé sans relâche
nuit et jour pour l’adoption de textes par groupes de travail, en atelier, puis par caucus, ensuite entre caucus
pour finir par un travail collectif coordonnant l’ensemble des travaux des caucus et ONGs de la planète.
 
C’est ainsi que la souffrance du monde entier a pu être consignée dans le document final qui a tant irrité les
représentants occidentaux.
 
Hawaï, les DALITS, le Tibet, les latinos, les Amérindiens, l’Asie du Sud Est, l’Afrique, les ROMS, le
Proche Orient, la situation particulière des femmes et des enfants des pays du sud, les discriminations sexuelles,
les discriminations vis-à-vis des handicapés, tout a été abordé sans exception... et généralement assorti de
propositions pour changer les choses concrètement....
 
Bien sûr la scandaleuse occultation de la souffrance pluriséculaire du peuple noir a souvent été mise en
avant mais ce n’était pas pour masquer les autres détresses mais au contraire leur servir de locomotive...
«Un peuple victime de déportations, réduction en esclavage, colonisation, discriminations, à l’échelle de
plusieurs siècles et dont les membres ont, du seul fait de leur appartenance raciale, été l’objet d’une
expulsion formelle hors humanité, juridiquement et spirituellement codifiée par les États occidentaux !»
 
De Durban on retiendra ce forum des ONGs riche, combatif, volontaire, autonome malgré la trahison de
certaines «ONG gouvernementales» minoritaires (appelées «GONGOs» Governemental NGOs) appartenant
à l’Europe et à d’autres continents…Et la déclaration finale qui restera en l’état malgré la campagne de
calomnies orchestrée par l’occident et ses médias…
 
La diaspora noire de France a joué un rôle important, mais cela ne s’est pas
fait tout seul !
 
Si un grand bond a pu être franchi en France par l’adoption de la loi Taubira-Delanon, c’est grâce à un
combat au long cours de plusieurs générations de militants dans un pays rappelons-le toujours colonial.
 
Pour la dernière décennie du XXème siècle, rappelons quelques “ évènements phares ” :
Fruit d’un travail titanesque de toute une vie, «Le Code Noir ou le calvaire de Canaan» du Pr Louis Salamolins,
arrive en 1987 comme un coup de tonnerre sur la société française héritière du premier État européen
à avoir codifié juridiquement, spirituellement et étatiquement la bestialisation de l’homme et de la
femme noire.
 
Peu de temps après «Misère des lumières» viendra apporter le coup décisif contre la complicité active et
scandaleuse des intellectuels français dans la négrophobie actuelle héritière «des philosophes du siècle des
lumières»...
 
-1992 lors du 500ème anniversaire de l’arrivée de Christobal Colon en Amérique commémoré en grande
pompes par les nations occidentales, contre-célébration en février par «la chaîne des militants noirs sur le
parvis des droits de l’homme au Trocadéro» : chacun portant une lettre formant la phrase CRIME CONTRE
L’HUMANITE - en octobre Place de la Bastille la «Manifestation Symbolique des Peuples Noirs» deman
dant «la reconnaissance par l’Occident du crime contre l’humanité, la réhabilitation de l’homme noir dans
sa dignité, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et des réparations morales et matérielles au peuple noir.»
 
-1993 10,11 et 12 en décembre, le procès de Christobal Colon à Fort-de-France sous l’impulsion de feu
Maître Marcel Manville et du Conseil Mondial de la Diaspora Panafricaine.
 
-1994 année du bicentenaire de la 1er abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, quarante militants
et militantes de la fédération SUD PTT s’enchaînent aux grilles du ministère des DOM TOM, le 26 mai, afin
d’indiquer la persistance de leur situation de colonisés victimes du racisme et de la migration forçée en
France. L’événement, filmé et commenté par la radio fera du bruit dans tout l’outre mer .
 
-1997 lancement du “ Manifeste du cent-cinquantenaire pour le classement de l’esclavage des noirs
comme crime contre l’humanité» par CERFOM et SUD PTT. Premier argumentaire sérieux sur la question
qui sera diffusé, à partir de la France, dans le monde entier.
 
-6 et 7 avril 1998, “ hommage aux combattants de la liberté ”,en l’occurence le général haïtien Toussaint
Louverture et les habitants de Champagney par un pélérinage de cent personnes en Franche Comté orga -
nisé par CERFOM,EMERAUDE et SUD PTT.
 
-23 mai 1998, l’organisation par un collectif de plus de 300 associations de la Marche silencieuse de République
à Nation, aboutissement du travail de plusieurs générations, rassemblera 40000 personnes en hommage
aux ancêtres victimes de «la plus longue et la plus masive déportation de l’histoire de l’humanité».
Silence assourdissant des médias français…
 
-juin 1998, marche défilé organisé par le TAN (Théatre de l’Air Nouveau) pour l’édification d’un mémorial
du Peuple Noir des dizaines de milliers de participants dont beaucoup de jeunes ont occupé le pavé parisien
durant plusieurs heures. L’initiative, puissante, symbolique vient d’artistes noirs comme Luc St
Eloy depuis longtemps sur le terrain aau service de toute la communauté...
 
-1998 à Genève Contre-célébration des célébrations officielles françaises (articulées autour de l’apologie de
Schoelcher) qui s’achève par une «Déclaration sur le Double Holocauste Noir»
 
-Les années quatre-vingt dix vont également être marquées dans la communauté noire en France par : -la
création d’un «mouvement des sans-papiers» qui va servir à la fois de révélateur des limites des «démocra
ies» et de catalyseur de la mobilisation des exclus à l’échelon national et international - la mise en place d’un
Collectif de Lutte Contre les Violences Racistes et Sexistes qui avec le MIB va notamment contribuer à
mettre en lumière l’existence en France d’une justice de type colonial, à plusieurs vitesses selon l’origine
des protagonistes - la création d’un Collectif Panafricain de Soutien à Mumia Abu-Jamal qui va jouer un rôle
clef dans la maîtrise de l’information diffusée sur ce dossier - la mise en place d’un Collectif Egalité,
traitant des discriminations au quotidien (institutionnelles ou non) dont sont victimes les non-Blancs, et les
Noirs en particulier. Dans cette montée en puissance de l’organisation de la mobilisation, certains artistes de
la communauté noire vont résolument s’engager et apporter leur contribution à l’impulsion de la dynamique.
 
-2000 coup de théatre à la cérémonie des Césars, un couple d’artistes noirs membres du Collectif Égalité
vient dénoncer publiquement la négrophobie du monde du spectacle français...
 
-2001 en ce début du 21e siècle, un livre document, résultat d’un patient travail de 20 ans de recherche,
véritable plaidoyer pour tous les damnés de la terre réquisitoire implacable contre la civilisation de la barbarie,
va bousculer les certitudes et contre-vérités officielles occidentales. L’ouvrage de Rosa Amélia Plumelle
Uribe, «La Férocité blanche», paru chez Albin Michel en février 2001 va devenir progressivement une
référence mondiale du témoignage de tous ceux et celles qui ont subi et subissent toujours de 1492 à nos
jours des génocides occultés....
 
Ces mobilisations déboucheront sur le dépôt en décembre 1998 du projet de loi Taubira-Delannon qui après
remaniements sera adopté en mai 2001.
 
C’est le travail de terrain ingrat, permanent, tenace, de longue durée, d’organisations CERFOM, CIFORDOM,
COFFAD, CONSEIL MONDIAL de la DIASPORA PANAFRICAINE, CLVRS, DIASPO’AFRIQUE 2000,
EMERAUDE, RDC, TAN, SUD PTT, de personnalités (Marcel Manville, Louis Sala-Molins, Joby
Valente,Marie-Georges Péria, Luc St Eloy, Rosa Amélia Plumelle Uribe,Dieudonné, Pr Kapet de Bana,
Christiane Taubira Delanon, Brima Conteh, Assani Fassassi, Joss Rovélas, entres autres..) qui a permis la
constitution de ce mouvement de fond pour la réhabilitation de l’homme et de la femme noire...
 
Même amputée des indispensables réparations, la loi du 21 mai 2001 a été jugée, par les caucus des descendants
africains (USA, Canada, Amérique Latine, Caraïbes) des Africains (Afrique noire et maghrébins) ainsi
que de la diaspora noire européenne (GB, Allemagne, Suisse, Norvège, Italie, Suède, Russie, Belgique...)
comme le résultat d’un rapport de force imposé par la lutte par «le mouvement français pour les réparations»
sur lequel il fallait s’appuyer pour aller plus loin tous et toutes ensemble... .
 
Conférence des États du 31 août au 8 septembre
 
La conférence des États commençant dès le vendredi 31 août, alors que le Forum des ONG n’était pas
terminé, a subi une aggravation des manoeuvres du clan des nations colonialistes nanties du G 8.
 
Les USA et l’UE se servant du prétexte du différent du Moyen-Orient entre le peuple palestinien et l’État
d’Israël ont mené une campagne de dénigrement du texte final des ONG avant même que celui-ci ne soit
définitivement adopté et diffusé.
 
Depuis plusieurs mois, les USA soutenus par l’UE avaient fait de la question «des Réparations» une cause
de boycott de la conférence mondiale. Pour ces gens cyniques : il n’y a pas de reconnaissance de l’esclavage
des noirs comme crime contre l’humanité à faire, pas de demande de pardon, pas de réparations évidemment
car ils ne sont pas responsables et, de toutes façons, les noirs ne sont pas dans leur échelle de valeur humaine...
 
Tout cela incluant qu’il n’y avait pas eu de génocide, encore moins d’holocaustes aux pluriels avant
celui contemporain exercé par des européens sur d’autres européens durant la guerre de 1939-1945.
 
La longue tragédie barbare pluriséculaire infligée par l’Europe aux non-blancs amérindiens et africains ne
compte pas même si d’ailleurs elle continue sous les formes modernes du colonialisme et du néo-colonialisme...
 
Nous connaissons la solidarité indéfectible de la France et de l’Europe aux USA (ce “ leader du monde libre
” pratiquant depuis toujours le racisme institutionnel…) Par contre des organisations françaises prétendant
défendre les droits de l’homme n’étaient jamais allés aussi loin dans l’allégeance à la politique discriminatoire
des états. Ce fut chose faite à Durban avec par ordre alphabétique la FIDH, la LICRA, le MRAP, SOS
RACISME, qui menèrent une campagne de soutien inconditionnel aux thèmes et positions défendues par les
États européens.
 
Afin que toutes les positions puissent se faire entendre publiquement, à égalité, les organisations françaises
présentes à Durban qui font partie du mouvement international pour «le classement de l’esclavage des noirs
comme crime contre l’humanité et les Réparations» le CIFORDOM, le C.L.C.V.R.S, le COFFAD,
Diaspo’Afrique2000, le RDC, SUD PTT) ont obtenu deux réunions avec la délégation française conduite
par M. Hénault Ambassadeur des Droits de l’Homme pour le ministère des Affaires Etrangères.
 
Aucune des organisations sponsorisées par le gouvernement Jospin n’ont abordé les problèmes de racisme
en France , dans l’Outre-mer français, en Europe et ailleurs dans le monde leur intervention étant circonscrite
à la question du Proche-Orient mis en cause dans le document de 76 pages des ONG. Ces organisations
n’ont pas hésité dans une manoeuvre grossière à exiger que les mots race et racial soient enlevés des
textes…Reconnaissons que SOS RACISME a du moins eu le mérite de la clarté, en rédigeant un tract
vilipendant l’ouverture même par les représentants des sociétés civiles d’un débat sur les Réparations....
 
Présent jusqu’au bout à ces deux réunions nous avons exigé de la délégation française :
 
1°) Qu’elle nous indique les mesures concrètes qu’elle allait prendre pour régulariser la situation de tous les
sans papiers victimes de la politique de racisme institutionnel de certains états de l’UE, notamment de la
France où le gouvernement actuel a eu une attitude scandaleuse, et où l’égalité des droits civiques reste un
bastion à conquérir principalement pour les étrangers ressortissants des pays du sud.
 
2°) Des sanctions pénales sévères contre les auteurs d’actes de violences racistes vis à vis des
communautés noire et maghrébine notamment lorsqu’ils émanent des services d’état (police, justice, administration)
 
3°) le respect des dispositions de la loi Taubira-Delanon qui prévoient que le classement de l’esclavage des
noirs comme crime contre l’Humanité soit défendu devant l’UE et l’ONU pour extension mondiale et le
positionnement clair du gouvernement Jospin en faveur du “ processus de Réparations ”.
 
4°) Qu’une réunion rassemblant toutes les organisations (associations, syndicats, ONG) s’occupant des
victimes des violences racistes ait lieu à Paris après Durban afin de mettre en oeuvre des décisions concrètes
pour combattre le racisme institutionnel.
 
Visiblement nous ne sommes pas en phase avec les organisations sponsorisées par le gouvernement français.
 
Ces organisations qui combattent aujourd’hui “ la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre
l’humanité avec les réparations ” sont les mêmes qui n’ont pris aucune part dans le combat que des associations
et des syndicats mènent depuis de nombreuses années. Ces organisations n’ont pas hésité à torpiller les
actions conduites en France par des groupes victimes du racisme parce que ces mobilisations mettaient en
évidence le traitement “ à géométrie variable des droits de l’homme ” dans ce pays…
 
Compte tenu de la caducité de cette voie contraire aux intérêts des victimes du monde entier ces organisations
minoritaires se sont coupées de la grande majorité des ONG combatives du monde. Des synergies
nouvelles se sont faites à travers les continents entre courants de même sensibilité,proches du “ mouvement
français pour les Réparations ”.
 
Les femmes ont dominé à Durban, dans les ONG, les Caucus, les groupes de
travail, les comités de rédaction, la direction même de la conférence !
 
Mme Taubira-Delanon, fortement ovationnée, a pris position très fermement pour la mise en route «d’un
processus de réparations» en opposition très nette avec le gouvernement Jospin, l’U.E. et les “ GONGOs ”
(organisations pro-gouvernementales). La plupart des caucus du monde entier lui ont demandé d’établir des
relations de coopération et d’action avec eux afin de bénéficier du bond en avant réalisé par la société civile
française.... Même la délégation de l’état brésilien (pays fortement mis en cause pour sa négrophobie institutionnelle)
a demandé à rencontrer la députée de la Guyane, c’est dire le bouleversement...
 
Malgré la très forte pression des nations occidentales (les mêmes appartenant au G8 que l’on retrouve dans
le clivage pays riches/pays pauvres de la mondialisation), un travail de pression à rebours a été conduit sur
les délégations des états des pays africains, latinos, asiatiques et du moyen-Orient avec succès à tel point que
certains chefs d’états ont été contraints de rallier le camp “ des damnés de la terre ” alors qu’ils avaient pris
des positions premières diamétralement opposées au côté des occidentaux.
 
C’est ainsi que de belles leçons, pour une défense inconditionnelle des droits humains, ont été administrées
durant cette conférence des États jusqu’au dernier jour par des femmes courageuses qui ont choisi très
clairement le camp de tous (tes) les opprimés (es) de la domination coloniale et impérialiste occidentale…
 
Ce fut le cas de l’ambassadrice du Kenya, Mme Amina Mohamed, le samedi 8 septembre qui a administré
une volée de bois vert à l’UE, au Canada, à l’Australie, aux USA et à Israël dans une intervention de 10
minutes sur “ le traitement à géométrie variable des drames de l’humanité ” (Intervention méritoire d’une
anglophone intégralement en français…).
 
Hommage à Mme Mercia Andrews présidente de SANGOCO ( 400 ONGs Sud Africaine) qui a su avec
fermeté lier lutte anticolonialiste, anti-raciste et anti-globalisation avec lutte pour le droit des femmes y
compris dans les pays du sud.
 
Hommage à Angela Davis restée fidèle à son engagement passé aux côtés des Panthères Noires qui a su à
partir de la dénonciation de l’industrie carcérale des USA expliquer comment se perpétuent à l’infini les
discriminations négrophobes commencées voici plusieurs siècles avec le système esclavagiste occidental....
 
Hommage à Mary Robinson qui a dénoncé les manipulations médiatiques tendant à fausser la teneur réelle
des débats de la conférence…
 
Hommage à la présidente de la CMCR (WCAR) Mme Zuma ministre des Affaires Étrangères de RSA qui a
su contre vents et marées conduire cette difficile conférence jusqu’à son terme.
Hommage à Mme Christiane Taubira-Delanon, députée de la Guyane, pour être la première parlementaire à
avoir relevé le défi de la nécessaire dignité que devaient les élus à la terrible tragédie que l’État français avait
infligé au peuple noir et à ses descendants ceci afin de rétablir l’Honneur et le Respect de ces humains trop
longtemps bestialisés….
 
Hommage à toutes ces militantes des pays du sud qui ont joué un rôle déterminant dans les caucus USA,
Canada, Afrique, Latinos et diaspora noire européenne ainsi que dans les comités de rédaction du Forum
lieux décisifs des avancées de Durban.
 
Autres personnalités remarquables Hommage à l’équipe de l’UNESCO conduite par Doudou Diene, hommage
enfin à l’ancien président Ben Bella véritable anti-colonialiste (défendu durant la guerre d’Algérie par
l’avocat martiniquais Marcel Manville et qui ne l’a pas oublié) pour son rôle déterminant dans l’approfondissement
des liens entre le Maghreb, l’Afrique noire, les Caraïbes et les descendants d’africains vivant aux
USA, au Canada et en Amérique du sud et pour sa dénonciation courageuse de l’esclavage transsaharien....
 
1° Le texte adopté par les ONGs le 1 er septembre est un texte complet sur les souffrances du monde entier,
un véritable outil pour s’attaquer aux causes profondes du racisme en lien avec la globalisation. C’est ce
document qui sera dorénavant la base de l’action revendicative mondiale sur les problèmes de racisme, de
discrimination raciale, de xénophobie, d’intolérance qui y est associée et de toutes les formes d’inégalités et
d’injustice qui en découlent.
 
2° Le rôle partial des états dominants l’ONU est désormais connu au grand jour et c’est “ la société civile
mondiale ” qui va conduire cette dénonciation
 
3° Il n’y a plus d’États ni de sujets tabous dès lors qu’ils sont à l’origine de faits démontrant la pratique de
systèmes discriminatoires
 
4° Désormais les ONGs sont prêtes à aller très loin en s’organisant au sein et hors de l’ONU pour placer au
centre des préoccupations de l’humanité la réelle souffrance de tous et de toutes
 
5° Les conséquences de l’adoption d’un certain nombre de points capitaux sur les causes profondes des
discriminations raciales en lien avec le passé et le présent colonial des pays européens et des USA interpellent
certains pays plus que d’autres. C’est le cas de la France qui a colonisé en Afrique et en Asie du sud-est
et qui colonise toujours dans la Caraïbe et en Amérique du Sud, dans l’Océan Indien et dans le Pacifique,
dans ce qu’elle dénomme “ l’outre mer ” (DOM-TOM).
 
La prise en compte au niveau international (ONU) de l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité
entraîne obligatoirement de grands changements dans la stratégie et le contenu des revendications sur la
situation des populations victimes de l’esclavage et de la colonisation.
 
Ces revendications sont désormais partie intégrante du processus de Réparations que nous avons mis en
route et qui vient de connaître un retentissement mondial à Durban.
 
Le mouvement social français est directement concerné du fait des obligations qui vont dorénavant s’imposer
au gouvernement et à toute la société française.
 
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