La bande de Gaza placée sous
blocus général
LEMONDE.FR avec AFP | 18.01.08 | 05h20 • Mis à jour le 18.01.08 | 11h41
L'armée israélienne a accentué la pression sur la bande de Gaza, jeudi 17 janvier, imposant un blocus et multipliant les
raids, alors que les tirs de roquette sur le sud d'Israël s'amplifiaient. "Le ministre [de la défense israélien] a ordonné la fermeture de tous les passages frontaliers entre Israël
et la bande de Gaza", a ainsi déclaré, jeudi soir, un porte-parole du ministère de la défense. Il a toutefois précisé qu'Israël autoriserait des passages pour répondre à des "nécessités
humanitaires exceptionnelles".Et de pousuivre : "Cette mesure, qui devrait rester en vigueur plusieurs jours, concerne aussi bien le trafic des marchandises que le passage des
personnes."
Israël a imposé depuis plusieurs mois toute une série de sanctions économiques à la bande de Gaza, décrétée "entité
hostile" après sa prise de contrôle par le mouvement islamiste Hamas qui prône la poursuite de la lutte armée. Israël n'avait cependant pas imposé de blocus général à ce territoire
jusque-là.
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait annoncé plus tôt que son pays poursuivrait ses attaques contre la bande de
Gaza. "Dans le sud [d'Israël], il y a une guerre en cours, et nous ferons tout notre possible pour mettre fin à ces tirs inacceptables (...). Nous allons continuer de lutter
sans merci contre le Hamas, le Djihad [islamique] et tous nos ennemis", avait-il fait savoir.
Le Hamas est responsable, avec le Djihad islamique, de la plupart des tirs de roquette depuis la bande de Gaza vers le sud
d'Israël. Jeudi, une quarantaine de roquettes ont été tirées depuis Gaza contre le territoire israélien, faisant quatre blessés légers et des dommages matériels, selon l'armée israélienne.
RAIDS ISRAÉLIENS MEURTRIERS
Parallèlement, dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a mené jeudi et vendredi matin, une série de raids.
Vendredi matin, un activiste palestinien a été tué et quatre personnes blessées dans un raid aérien dans le nord de la bande
de Gaza. Une porte-parole de l'armée israélienne a confirmé l'attaque, affirmant qu'il a visé "un groupe qui a tiré des roquettes sur Israël ce matin".
La veille, un raid a fait deux morts, un activiste et sa femme qui se trouvaient à bord d'une voiture dans le nord du
territoire.
Dans un autre raid aérien, un missile a touché une voiture transportant des membres de la branche armée du Djihad islamique,
tuant deux hommes.
L'explosion a également touché une carriole toute proche, tuant une femme et blessant grièvement un enfant. Un porte-parole
militaire a confirmé cette attaque, dans le nord de la bande de Gaza, affirmant qu'elle avait visé des Palestiniens qui "venaient de tirer des roquettes contre Israël". Il a accusé les
groupes armés palestiniens de lancer leurs attaques à partir de zones habitées, mettant ainsi en péril les civils.
Dans une attaque sur un quartier sud de la ville de Gaza, un chef local de la branche armée du Hamas et un autre activiste ont
également été tués.
"Les raids et l'escalade militaire d'Israël visent à infliger un camouflet aux négociations de paix
israélo-palestiniennes", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina. Il
a appelé les Etats-Unis "à intervenir rapidement pour empêcher une nouvelle détérioration, qui pourrait porter un coup fatal à la chance historique de paix".
De son côté, Washington a appelé Israël à éviter "autant que possible" les victimes civiles dans la bande de Gaza,
tout en qualifiant de "légitime défense" les raids de l'aviation israélienne à Gaza après de nouveaux tirs de roquette.