Société générale: Kerviel placé en détention provisoire
PARIS (AP)
La cour d'appel de Paris a ordonné vendredi le placement en détention provisoire du trader Jérôme Kerviel, accusé par la Société générale
d'être à l'origine d'un trou de plus de 4,8 milliards d'euros.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris semble avoir suivi les arguments du parquet général. De source judiciaire, on indique
qu'elle a estimé que les nombreuses investigations techniques à venir, les possibles concertations avec d'éventuels complices ou co-auteurs et de possibles pressions sur les témoins nécessitaient
le placement en détention de M. Kerviel.
Son avocate, Me Elisabeth Meyer, n'a pas fait de déclaration immédiatement après l'audience. Elle a cependant déclaré à quelques journalistes
qu'elle ne s'expliquait pas cette décision. "C'est maintenant le pot de terre contre le pot de fer", a-t-elle dit. Me Raphaël Colas, collaborateur de Me Meyer, a dit à l'AP qu'un pourvoi en
cassation sera déposé lundi, car la décision de la chambre "est en opposition frontale avec toutes les décisions des juges d'instruction".
Le parquet général avait fait savoir jeudi qu'il demanderait le placement en détention de Jérôme Kerviel afin de "préserver la sécurité des
investigations à venir".
Jérôme Kerviel a été mis en examen le 28 janvier notamment pour "abus de confiance" et "faux et usage de faux" et laissé en liberté par les
deux juges d'instruction contre l'avis du procureur de la République. Celui-ci réclamait son incarcération provisoire pour éviter une fuite à l'étranger et d'éventuelles pressions sur des
témoins.
Un employé d'une filiale de courtage détenue à 50% par la Société générale a par ailleurs été placé en garde à vue jeudi dans le cadre de cette
enquête. Garde à vue qui a été prolongée vendredi par les juges d'instruction Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset.
Cette personne travaille pour une filiale de la Société générale, la Fimat, qui a fusionné ces derniers mois avec une filiale de Calyon, la
banque d'investissement du Crédit agricole. La nouvelle entité s'appelle Newedge.
Interrogé à l'issue de l'audience, Me Jean Veil, avocat de la Société générale, a déclaré que M. Kerviel avait "menti en affirmant que sa
hiérarchie la plus proche était au courant" avant d'assurer qu'il ne savait pas si M. Kerviel avait agi seul. Ce dernier a été entendu lundi près de huit heures par les juges d'instruction.
AP