Les FARC annoncent la prochaine libération de trois otages en raison de leur "état de santé"
LE MONDE | 04.02.08 | 09h38 • Mis à jour le 04.02.08 | 09h38
Un communiqué des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), reçu samedi 2 février par
une chaîne de télévision de Bogota, annonce la prochaine libération de trois otages de la guérilla.
Il s'agit des anciens parlementaires Gloria Polanco de Lozada, Luis Eladio Perez et Orlando Beltran, enlevés par les FARC en 2001, alors que la
guérilla disposait de la zone démilitarisée du Caguan, un territoire aussi vaste que la Suisse, destinée, en principe, aux pourparlers de paix.
Les FARC expliquent leur "décision unilatérale" par "l'état de santé" des trois otages. M. Perez, qui a tenté de s'enfuir en
compagnie de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, aurait souffert de deux comas diabétiques en captivité, selon le policier Jhon Pinchao, qui est parvenu à s'échapper des mains des FARC.
Mme Polanco a des problèmes de thyroïdes et M. Beltran souffre d'hypertension, d'après leurs proches.
Le communiqué de la guérilla ne précise aucun délai pour leur libération. Le texte se contente de dire que sa mise en œuvre sera faite "sans
empressement ni pause". Les otages seront remis en territoire colombien au président vénézuélien Hugo Chavez et à la sénatrice colombienne d'opposition Piedad Cordoba, ou à leurs
représentants. Le communiqué réaffirme que les autres séquestrés retrouveront leur liberté uniquement à travers un "accord humanitaire", c'est-à-dire un échange avec les guérilleros
emprisonnés en Colombie.
"Le Venezuela apprécie que les FARC restent motivées pour obtenir un échange humanitaire, ce qui constituerait un pas ferme et définitif vers
la paix en Colombie et dans toute la région", assure un communiqué gouvernemental diffusé à Caracas, dimanche.
De son côté, le gouvernement colombien a promis "toutes les facilités" pour la remise en liberté des trois otages. Le commandant des
forces armées, le général Freddy Padilla de Leon, estime que l'annonce de la guérilla est "une réaction à la pression des Colombiens" qui devaient manifester contre les FARC,
lundi.
La France et le Brésil tentent de former un nouveau groupe de pays qui puissent œuvrer à la libération des otages, a révélé, samedi, Marco Aurelio
Garcia, conseiller du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à la suite de ses entretiens à Paris, avec le ministère des affaires étrangères.