L'UE demande à Idriss Déby la libération des chefs de
l'opposition tchadienne
LEMONDE.FR avec AFP | 11.02.08 | 20h16 • Mis à jour le 11.02.08 | 20h18
Le commissaire européen au développement, Louis Michel, a rappelé, lundi 11 février, au président tchadien, Idriss Déby,que ce
dernier "s'est porté garant de l'exécution de l'accord politique [du 13 août 2007] et qu'il lui incombe d'apporter des preuves concrètes de son soutien à ce processus par la
libération immédiate [des] personnalités de l'opposition politique non armée".
Cet accord, signé entre majorité présidentielle et opposition politique en vue du renforcement démocratique et parrainé par la communauté
internationale, est censé permettre l'organisation d'élections libres et transparentes d'ici à 2009.
Selon des sources concordantes, au moins trois responsables de l'opposition auraient été arrêtés début février après les combats entre rebelles et
armée. Il s'agirait de l'ancien chef d'Etat et président du comité de suivi de l'accord du 13 août, Lol Mahamat Choua, le porte-parole de la Coordination pour la défense de la Constitution
(CPDC), Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar, le président de la Fédération action pour la république (FAR). Sans confirmer ces arrestations, le ministre de la sécurité publique, Ahmat
Mahamat Bachir, a affirmé que les "complices locaux" des rebelles seraient "remis à la justice".
"CHASSE À L'HOMME"
Reporters sans frontières dénonce également la "chasse à l'homme" à N'Djamena depuis l'attaque rebelle des 2 et 3 février. Selon l'ONG,
"peu après la fin des combats dans la capitale (...) plusieurs journalistes ont échappé à une arrestation par des hommes en tenue militaire, soupçonnés d'être des agents des
renseignements généraux".
"Dans ce contexte, de nombreux journalistes de la capitale ont fui vers le Cameroun ou le Nigeria voisins, à la faveur des jours d'accalmie
ayant suivi l'échec de l'offensive rebelle", rapporte RSF.
Pour l'organisation, "il n'est donc pas illégitime de s'inquiéter sérieusement pour les journalistes, que le pouvoir tchadien a souvent
identifiés à l'opposition la plus radicale".