Les sans-papiers arrêtés à Paris placés en centres de rétention
PARIS (Reuters)
Les 105 étrangers en situation irrégulière arrêtés mardi lors d'une opération de police d'une rare ampleur dans un foyer du XIIIe
arrondissement de Paris ont été transférés en centres de rétention administrative, notamment à Vincennes, apprend-on de source judiciaire.
Cette mesure signifie que ces personnes, qui seraient essentiellement des Maliens et des Sénégalais, ne seront pas poursuivies mais risquent en
revanche une expulsion.
Dans le volet strictement judiciaire de l'affaire, trois personnes, soupçonnées d'avoir favorisé le séjour irrégulier de ces personnes et leur
hébergement "dans des conditions incompatibles avec la dignité humaine", demeuraient en garde à vue. Six autres ont été libérées sans aucune charge.
Des organisations de défense des sans-papiers et des partis de gauche ont appelé à une manifestation mercredi en fin de journée devant le foyer
concerné.
Ils voient l'opération comme une "rafle" et estiment que son objet judiciaire affiché était un prétexte pour une opération de police
administrative. Ces associations dénoncent en outre la supposée brutalité de l'opération, qui a mobilisé environ 400 policiers. Une trentaine de portes ont été brisées.
Entre avril et septembre 2005, plusieurs incendies à Paris dans des foyers d'immigrés vétustes avaient fait une cinquantaine de morts. Ces
drames avaient mis en lumière l'ampleur du problème dans la capitale, qui souffre d'un manque de capacité d'hébergement pour travailleurs à bas salaires.
Le ministère de l'Immigration dirigé par Brice Hortefeux s'est vu assigner par l'Elysée des objectifs chiffrés d'expulsions, qui n'ont pas été
complètement atteints en 2007. Des consignes de fermeté ont été données aux services spécialisés pour intensifier les actions.