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actualité politique nationale et internationale

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LE SYSTEME DELANOE

Verts, MoDem... les deux mains tendues de M. Delanoë
 
LE MONDE | 13.02.08 | 10h55  •  Mis à jour le 14.02.08 | 06h55
 
Une élection qu’on dit gagnée d’avance peut être le
pire des cauchemars. Si le 
maire sortant (PS), Bertrand Delanoë, semble bien
parti pour conserver la Mairie
de Paris, la question délicate sera, pour lui, celle
des alliances de second tour.
 
Plus la campagne avance, plus le maire socialiste semble creuser l'écart avec ses adversaires. Selon la dernière enquête d'opinion TNS-Sofres des 8 et 9 février, 45 % des Parisiens se disent prêts à voter pour M. Delanoë au premier tour, le 9 mars, et 59 % préféreraient le voir rester dans son fauteuil de maire. Son score avait été de 31,3 %, au premier tour, en 2001.
 
 
La candidate de l'UMP, Françoise de Panafieu, recueillerait 30 % des voix, le MoDem 8 %, les Verts 6 %. Mme de Panafieu peine à incarner l'alternance, y compris dans l'électorat de droite. M. Delanoë rassemblerait bien au-delà de la gauche : selon un sondage CSA réalisé en janvier 2008, 62 % des sympathisants de droite se disent satisfaits de son bilan.
 
La candidate de l'UMP risque de pâtir de la "conjoncture nationale qui n'est pas bonne", analyse le député de Paris, Claude Goasguen, tête de liste (UMP) dans le 16earrondissement, qui se dit "inquiet" d'un vote-sanction contre Nicolas Sarkozy, arrivé légèrement en tête, à Paris (50,1 %), à l'élection présidentielle de juin 2007.
 
L'UMP, qui ne détient plus aujourd'hui que huit
mairies d'arrondissement, pourrait en perdre de
nouvelles. Dans le 5e, Jean Tiberi (UMP) semble
menacé
par la candidate socialiste, Lyne Cohen-Solal. La
gauche espère aussi ravir le 1er
arrondissement au maire sortant, Jean-François
Legaret (UMP), et elle paraît plutôt bien placée
pour conserver la mairie du 12e, qui envoie un fort
contingent
de dix élus au Conseil de Paris.
 
"APPROCHES COMPLÉMENTAIRES"
 
La situation n'est pas pour autant confortable pour M. Delanoë. Même si les candidats PS font un bon score le 9 mars, le maire a peu de chances d'être en mesure de se passer d'une alliance de second tour. Les Verts restent ses "alliés naturels", comme il les désigne lui-même, mais ils ont, au grand dam du maire, arrêté une stratégie d'autonomie au premier tour.
 
"Bertrand Delanoë semble en train de préparer les esprits à un renversement d'alliance, où il remplacerait les Verts par le MoDem au sein de la majorité municipale", a déclaré à Libération, mardi 12 février, Denis Baupin, chef de file des écologistes et adjoint chargé des transports. "Je ne me vois pas, a-t-il ajouté, faire partie d'un exécutif avec des gens de droite."
 
Même si les écologistes réalisent de bons scores dans le 14e et le 10e, où leurs
candidats sont bien implantés, ils paraissent très affaiblis eu égard à leur 12,3 %
du premier tour de 2001, et tous les sondages les placent derrière le parti de
François Bayrou.
 
Dans ce cas de figure, et si le MoDem continue à creuser l'écart, ce dernier pourrait s'imposer comme partenaire à M. Delanoë. D'autant plus que sa chef de file, Marielle de Sarnez, a manifesté une volonté d'ouverture plus forte vis-à-vis de la gauche que vis-à-vis de l'UMP. Après avoir ouvert ses listes à plusieurs ex-écologistes, elle a multiplié, récemment, les appels au maire de Paris. Sur le logement ou les transports notamment, insiste-t-elle, son programme comprend de nombreuses "approches complémentaires" avec celui des socialistes.
 
M. Delanoë se trouve ainsi devant l'éventualité de devoir marier la carpe Verte et le lapin centriste, avec le risque d'une majorité écartelée.
 
Pour sortir de cette difficulté, il lui faut réaliser le score le plus haut possible au premier tour. "Donnez-moi suffisamment de force dès le 9 mars, a-t-il déclaré au Journal du dimanche, le 10 février, pour que j'aie les moyens de rassembler plus large au second tour."
 
M. Delanoë espère ainsi être en position d'imposer ses conditions au MoDem comme aux Verts. En attendant, il accuse les écologistes de pratiquer la "surenchère". Quant à ces derniers, ils rêvent de franchir la barre des 10 % le 9mars et n'ont pas d'autre choix, pour cela, que de faire des socialistes leurs principaux adversaires.
 
Béatrice Jérôme
 
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