Bush: Washington "maîtrise la
situation" économique
WASHINGTON (AP)
Face à la menace de récession, le président George W. Bush a admis lundi que la période était "difficile" mais a assuré que son
gouvernement gardait "la maîtrise de la situation" et qu'"à long terme" l'économie des Etats-Unis "irait bien".
"Une chose est certaine: nous traversons des temps difficiles, mais une autre chose est certaine: nous avons pris des mesures fortes et
décisives", a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion à la Maison Blanche avec le secrétaire au Trésor Henry Paulson et d'autres hauts conseillers économiques.
Le président a salué l'action de la Réserve fédérale ainsi que M. Paulson pour son travail en collaboration avec la Fed qui montre, selon lui,
"au pays et au monde que les Etats-Unis maîtrisent la situation".
Les marchés financiers internationaux ont connu de nouvelles turbulences et ont plongé lundi, tandis que le cours du pétrole grimpait à un
niveau record en Asie et que le dollar tombait au plus bas.
"Nos institutions financières sont fortes" et "nos marchés financiers fonctionnent efficacement", a cependant assuré M. Bush, aux côtés de ses
conseillers économiques. "Si nécessaire, nous agirons de façon décisive pour continuer de ramener l'ordre sur les marchés financiers", a-t-il ajouté, sans plus de détails. "A long terme, notre
économie ira bien", même si "en ce moment précis, nous sommes confrontés à une situation difficile".
Le président devait ensuite consulter son "Groupe de travail sur les marchés financiers", au sein duquel se trouvent Henry Paulson, le
président de la Fed Ben Bernanke et Christopher Cox, président de la Securities and Exchange Commission (SEC), l'instance de régulation de la bourse américaine.
La Réserve fédérale a pris des mesures exceptionnelles pendant le week-end pour endiguer la crise du crédit, qui affecte le système financier
américain et menace de plonger les Etats-Unis dans une sévère récession.
Les courtiers en valeurs mobilières américains ont été autorisés, à compter de lundi, à emprunter des fonds à la Fed, en grande partie selon
des termes similaires à ceux dont bénéficient les banques. La Fed a aussi ramené son taux d'escompte (prêts à court terme aux grandes institutions financières) d'un quart de point de pourcentage,
à 3,25% et allongé la durée maximale des prêts à terme de 30 à 90 jours. On s'attend en outre à ce que la Fed abaisse une nouvelle fois mardi son taux directeur sur les prêts interbancaires,
actuellement à 3%, d'au moins un demi-point.
La banque centrale américaine a par ailleurs accepté de prêter 30 milliards de dollars à la banque commerciale J.P. Morgan Chase & Co. afin
de racheter la banque d'affaires Bear Stearns & Co (BSC) pour un montant de 236,2 millions de dollars (149,78 millions d'euros), soit environ 1% de la valeur de l'établissement seulement 16
jours auparavant. Mais Bear Stearns se trouvait au bord de la faillite et la Fed l'avait déjà renflouée vendredi par l'intermédiaire de JP Morgan Chase. Les prêts seront garantis sur des actifs
difficiles à valoriser de Bear Stearns, au risque que la Fed subisse le coût d'une dépréciation de ces actifs.
Le cas de Bear Stearns, qui niait connaître des problèmes de liquidités jusqu'à ces derniers jours, a sérieusement ébranlé Wall Street et la
confiance dans les autres banques d'affaires.
La responsable de la presse à la Maison Blanche, Dana Perino, a ajouté que le gouvernement américain allait aider les propriétaires incapables
de rembourser des prêts hypothécaires à taux élevé.
Les turbulences financières actuelles sapent les perspectives de croissance mondiale. L'OCDE (Organisation de coopération et de développement
économiques) et le FMI (Fonds monétaire international) annonceront dans les prochains jours qu'ils ont revu leurs prévisions de croissance à la baisse pour les Etats-Unis, l'Europe et les
économies émergentes, selon leurs dirigeants respectifs, Angel Gurria et Dominique Strauss-Kahn. AP