actualité politique nationale et internationale
La partie qui se joue au Tibet
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Il semble que la partie qui se joue au Tibet soit pour nous Français
partiellement insaisissable ou en tous les cas occultés au profit d'une
mobilisation des affects. L'étonnante déclaration du dalaï-Lama menaçant de
démissionner a donné lieu à peu de commentaires, il y a là pourtant une clé de
l'antagonisme. Bernard Kouchner interviewé sur la 2 hier a lâché « je ferai des
pétitions quand je comprendrai ce que veut le dalaï Lama ». D'abord pourquoi
cette menace de démission, selon Raphaël Lioger, directeur de l'observatoire du
religieux et professeur des universités à l'Institut d'études politiques
d'Aix-en Provence interviewé par Libération.
Danielle Bleitrach
1- UN INTERVIEW INTERESSANT (1)
Comment comprendre la menace de démission brandie hier par le dalaï-lama ?
C'est très subtil, mais elle s'adresse d'abord aux Chinois. Ces derniers
savent que le dalaï-lama, âgé de 72 ans, a une santé fragile. Pékin estime
pouvoir décider de sa succession quand il disparaîtra, en choisissant à sa guise
sa réincarnation. Or si celui-ci décide de lui-même de passer le flambeau avant
son décès, un conseil de dignitaires choisira un jeune et, à partir de ce
moment-là, la Chine repart pour cinquante ans d'affrontement avec le Tibet.
C'est le scénario qui inquiète le plus les Chinois.
Mais cette menace peut être vue aussi comme une adresse aux Tibétains plus
radicaux.
Certes, car effectivement la situation de ces derniers jours semble lui
échapper avec ces débordements. Il y a chez lui l'idée que toute action est
forcément non-violente, qu'elle ne doit, en aucun cas, finir en bain de sang.
Sinon, le dalaï-lama s'en sentirait personnellement responsable, il apparaîtrait
comme un traître. Il redoute, d'ailleurs, que la Chine perde la face, se cabre
et, finalement, se pose en victime.
Pourquoi le dalaï-lama semble-t-il si modéré dans ses positions ? Pourquoi
n'exploite-t-il pas plus la tribune offerte par les Jeux olympiques qui
démarrent dans moins de cinq mois ?
Mais il profite des JO ! Il a deux revendications qui ne sont pas anodines.
D'abord, il exige une réelle autonomie puisque Pékin ne respecte plus la coutume
de «chapelain-protecteur» qui régissait les relations entre le Tibet et la Chine
depuis le XVIe siècle. Pékin empêche la pratique religieuse en imposant une
«éducation patriotique». C'est pourquoi les Tibétains parlent de «génocide
culturel». Deuxième revendication: le rétablissement des vraies frontières du
Tibet, puisque la Région autonome ne représente, sur les cartes chinoises,
qu'une petite moitié du Tibet traditionnel. Ces demandes sont difficiles à
manier pour la Chine. Pékin aimerait tellement que le dalaï-lama soit radical et
prône l'indépendance. Mais les Chinois n'arrivent pas à faire de lui l'ennemi
qu'ils voudraient qu'il soit. C'est ce que les jeunes générations n'ont pas
compris.
La division guette-t-elle les Tibétains ?
C'est déjà le cas, notamment, entre les jeunes et les plus âgés qui respectent
leur chef spirituel. Mais si les plus radicaux parviennent à se contrôler, le
dalaï-lama apparaîtra d'autant plus modéré. Et d'autant moins saisissable pour
Pékin.(1)
II -QUELS SONT LES ELEMENTS D'ANALYSE DONT NOUS DISPOSONS ?
Cet interview d'un partisan du dalaï Lama est très intéressant parce qu'il
nous permet de saisir un peu des réalités de la situation actuelle. D'abord il
permet de préciser un point tout à fait central, celui du contenu réel de la
"revendication culturelle". Il s'agit en effet de l'éducation et de la santé,
traditionnellement assurés par les monastères(2). Le Parti Communiste Chinois
considère que la religion doit être soumis à l'ordre socialiste. la religion
lamaïste est autorisée à la condition de ne pas être un foyer d'opposition
politique. Ce qui bien évidemment est parfaitement contradictoire avec
l'existence d'un gouvernement de religieux en exil. Pourtant il existe des
négociations que les Chinois actuellement estiment rompues par les événements.
J'ai demandé à un des mes anciens étudiants devenue professeur de sociologie
Jose Egido, qui a enseigné en Chine pendant trois ans et a épousé une Chinoise,
de compléter mes informations, il m'a signalé que d'après ses chiffres déjà
anciens il y avait au Tibet en 1999, 2632 médecins, 95 hôpitaux municipaux et
770 cliniques. La mortalité infantile était en 1998 de 3%. L'espérance de vie
de 65 ans. Il y avait un travailleur sanitaire pour chaque 200 habitants. En
1997 avait été inauguré un hôpital moderne à Lhassa. A cette époque là, la
scolarisation des enfants était de 82% et se faisait en chinois et tibétain.
Avec toujours ma différence entre zones rurales et urbaines. Les Chinois
nouvellement arrivés étaient des citadins, mais les tibétains migraient de plus
en plus des campagnes vers les villes. Il m'a également signalé que pour que la
population tibétaine reste plus nombreuse, elle n'avait pas été soumise à la
restriction de l'enfant unique, les familles avaient droit à trois enfants. (3)
On voit que la question de la destruction culturelle tibétaine a de multiples
dimensions, certes il y a lié au tourisme une folklorisation, voire une
marchandisation que dénoncent les religieux tibétains mais cela se mêle à la
volonté par ses derniers de continuer à contrôler santé et éducation selon les
méthodes traditionnelles, avec des enseignements majeurs comme la religion, et
l'astrologie, ce que refuse Pékin. Toutes proportions gardées bien que les
analogies soient toujours préjudiciables nous sommes devant une bataille pour la
laïcité, toutes proportions gardées parce qu'il faudrait mieux connaître l'accès
réel des Chinois à l'éducation(4). On sait qu'instituer un véritable système de
protection sociale est un des enjeux actuels du gouvernement chinois.
Une première hypothèse devant l'explication de l'étrange proposition du Dalaï
Lama serait qu'effectivement celui-ci est actuellement débordé par ses troupes
et alors qu'il avait envisagé des séries de manifestations non violentes
permettant de pousser l'avantage à l'occasion des jeux olympiques et celles-ci
ont dégénéré en manifestation racistes et meurtrières face auxquelles, en Chine
même, la colère monte contre lui. Le Monde faisait état de la manière dont les
internautes chinois détournant la censure débattaient sur les événements du
Tibet. Il y avait un fort courant nationaliste selon ce journal, même le
blogueur que ce journal considérait comme le plus "indépendant" qui faisait un
appel à témoignage expliquait qu'il fallait faire attention à Radio free Asia
financée par les Etats-Unis. Il y a au moins une chose sur lequel tout le monde
s'accorde c'est sur le fort sentiment patriotique chinois et le refus de tout
séparatisme.
Une deuxième interprétation qui est celle des autorités chinoises et que ne
contredit pas du tout cet interview d'un spécialiste serait une entente entre le
dalaï Lama et ceux qui sont tout de même encore aujourd'hui ses bailleurs de
fond les Etats-Unis. Un partage des rôles conçu de longue date entre le dalaï
Lama modéré et pacificateur, limitant sa revendication à une « autonomie
culturelle » et des éléments radicaux qui eux sèment la violence. Ces jeunes
radicaux, membres du Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC), prônent
l'indépendance et non l'autonomie revendiquée par le dalaï-lama. Plus
politiques, ils réclament la poursuite des manifestations, jugeant que la Chine
«ne mérite pas les Jeux olympiques».
Leur leader Tsewang Rigzin, président du TYC a été formé aux Etats-Unis dont
il prône l'intervention directe ou indirecte. Est-ce qu'il y a opposition ou
partage des rôles, le Dalaï Lama comme le dit l'interview pré-cité expliquant
que derrière lui il y a des "méchants" et si Pekin ne cède pas les chiens seront
lâchés. Il faudrait également mesurer le rôle de l'Inde, très inquiète sur ce
qui se passe au Nepal, avec l'avancée irrésistible des "maoistes" qui sont les
seuls à dénoncer les castes, et la féodalité, ce qui peut avoir un effet
dévastateur sur l'Inde. Le tout sur fond de vieille rivalité entre la Chine et
l'Inde. Ce que le Dalaï-Lama et le TYC ont en commun c'est bien leurs liens
politiques et financiers avec les Etats-Unis. Il y a incontestablement une
volonté de ces derniers d'endiguer le rôle conquérant de la Chine au plan
international mais également la volonté de contrôler cette zone asiatique où se
met en place l'Organisation de Shanghai économique mais aussi militaire dont les
deux pilier sont la Chine et l'URSS mais qui attire de plus en plus les
Républiques d'Asie centrales. Casser la Chine comme a été cassée l'ex-URSS est
une stratégie.
Mais si nous voyons bien les groupes radicaux qui semblent avoir engagé une
lutte violente non seulement au Tibet mais dans une zone plus large celle du
grand Tibet autour des monastères nous mesurons mal les effets de la
transformation touristique et du désenclavement du Tibet, là encore à qui et à
quoi avons-nous à faire, il est difficile de répondre à cette question. Un autre
article bien documenté de Libération du 19 mars nous présente la réalité
suivante :
« En quatre mois, les Chinois ont réussi l'exploit de transformer en route la
piste qui conduit au camp de base de l'Everest. Un investissement de quelques
millions de yuans, une miette dans les 16 milliards (1,45 milliard d'euros)
injectés l'an dernier dans l'économie de la «région autonome du Tibet» qui porte
mal son nom. Le chemin de fer Qinghai-Tibet, avait coûté à lui seul 26 milliards
de yuans (2,35 milliards d'euros). Ces 2 000 kilomètres de rails, entre Xining
et Lhassa, ont tout changé. Lhassa, désenclavé, est hérissé de grues et se
peuple chaque jour de nouveaux colons han (chinois), attirés par un taux de
croissance qui rejoint celui de l'est du pays.
Il y a aujourd'hui 200 000 Chinois pour 100 000 autochtones dans la capitale
tibétaine. Les investissements privés, chinois ou internationaux, auraient fait
un bond de 30 %. Le coût des transports, humains ou fret, a baissé et le
tourisme (60 % du PIB tibétain) a explosé, en grande partie grâce aux Chinois,
attirés par ce qu'ils ont perdu chez eux, la beauté sauvage des paysages et la
spiritualité. Des spécialités malheureusement en baisse chez les Tibétains,
irrésistiblement attirés par la société de consommation. Le revenu annuel moyen
aurait grimpé en 2007 à 10 000 yuans (895 euros), l'équivalent des salaires dans
les usines de Canton. Les supermarchés de Lhassa sont pleins et les monastères
se vident sous l'effet de la répression.
L'engouement pour l'Himalaya chinois, lui, ne se tarit pas. Bientôt sera
inauguré entre Pékin et Lhassa un train cinq étoiles, «le plus luxueux du
monde», avec suites et salles de bains. Le voyage coûtera près de 4 000 euros.
Un prolongement de la ligne Qinghai-Tibet est programmé vers Shikaze, le
deuxième centre urbain et la plaque tournante du commerce du cuivre.
Dans les cinq prochaines années, le gouvernement central envisage d'investir
encore 76 milliards de yuans dans les grands travaux : 180 projets, routes,
usines et ouvrages d'art. Rien n'est trop beau pour le Tibet. Même s'il faut
rééditer Tiananmen 1989, la Chine semble prête à tout pour garder le Tibet. Sa
façon de gérer la crise actuelle le prouve. Le nombre des victimes est nié, les
journalistes sont empêchés de travailler, les médias étrangers censurés, les
troupes déployées en masse autour des zones de conflit. Et la propagande marche
à fond. Jusqu'à présent, les Chinois n'ont vu des émeutes que le saccage des
magasins et les voitures brûlées par des hordes de voyous. Pas une image de
véhicule blindé ou de militaires casqués à Lhassa ou Aba. A l'ère d'Internet, il
faut un gros moral. »(5)
La question qui se pose alors est celle de la popularité à l'intérieur du
Tibet lui-même des revendications des indépendantistes. On dit que les Tibétains
de souche ne profitent pas de l'essor économique, comme je l'ai noté dés le
début, le développement chinois a engendré de formidables inégalités, encore
attisées par la hausse du coût de la vie. Si les manifestations sur ce sujet ne
prennent pas le caractère dramatique du Tibet, elles existent dans toute la
Chine et c'est sans doute le principal défi auquel est confronté le gouvernement
chinois, le sujet de préoccupation avec l'environnement essentiel tel qu'il est
apparu dans les récents travaux de l'Assemblée populaire. L'article que nous
venons de citer non seulement montre qu'il y a aujourd'hui à Lhassa 200.000
chinois pour 100.000 autochtones, mais de surcroît le revenu moyen aurait
augmenté. Ce que l'on sait par ailleurs et dont ne parle pas l'article est que
désormais il y a eu équipement de santé et d'école. Il faudrait une analyse
beaucoup plus précise de cette situation. L'article nous parle d'une jeunesse
tibétaine attirée par la société de consommation et qui déserte les monastères
qui n'ont plus le monopole de l'éducation et des soins de santé.
D'un autre côté la plupart des informations que j'ai pu glaner dans diverses
sources font état d'un double développement inégal, celui que nous avons vu
entre les villes et les campagnes à propos de l'école qui existe dans toute la
Chine et qui est une des préoccupations au titre de "l'harmonie"du gouvernement
chinois. A cause de cette inégalité il y a un exode rural et afflue dans les
villes un prolétariat dont le statut tranche avec celui des industrieux
commerçant han . En gros toutes les sources consultées s'entendent sur le fait
quee Tibet connaît un boom économique, provoqué par des investissements centraux
massifs dont l'exemple type est le chemin de fer, mais les fruits de la
croissance profitent plus aux Hans qu'aux Tibétains. Sur dix yuans dépensés par
le gouvernement régional du Tibet dans son budget, neuf viennent du gouvernement
central, expliquait en juin dernier le président de la région du Tibet, Qiangba
Puncog. Jusqu'en 2010, Pékin prévoit d'investir, chaque année, 77,8 milliards de
yuans (près de 7 milliards d'euros). paradoxalement c'est la volonté de
rééquilibrage avec investissement massif qui a provoqué de type de problème.
Dans le cadre plus général du développement de l'Ouest chinois défavorisé, le
Tibet a bénéficié d'une forte croissance, de plus de 12%, entre 2001 et 2006,
selon les chiffres officiels. Le secteur public, qui représente 60% de
l'économie, tire largement cette croissance, avec notamment des salaires plus
élevés pour les fonctionnaires chinois afin de les attirer.
Outre les grands projets d'infrastructures de ces dernières années, comme le
chemin de fer inauguré en 2006, les villes sont les plus concernées par ce boom,
avec le développement du secteur de la construction. A Lhassa, selon les
derniers chiffres officiels de 2005, le revenu annuel est de 10.272 yuans,
contre 8.700 yuans pour l'ensemble du Tibet. Cependant, des experts étrangers
n'ont cessé de mettre en garde contre les fortes inégalités provoquées par cette
croissance. "Tout l'argent qui afflue dans la zone arrive par l'intermédiaire
des sociétés chinoises, tout est contrôlé par des gens de l'extérieur, dans ce
contexte, vous avez une croissance rapide mais la population locale en est
privée", constate Andrew Fischer, un économiste spécialiste du Tibet, à
l'Institut des études sur le développement de Londres. "Sur les 10 à 15
dernières années, cette stratégie économique a produit une inégalité croissante
rapide, beaucoup plus forte que dans le reste de la Chine", dit-il. Dans les
villes, comme Lhassa ou Shigatse, où se trouvent les opportunités économiques,
"les Chinois dominent la plupart des activités économiques", explique le
spécialiste.
3- UNE IMPASSE
Ce qui apparaît également et que j'avais noté dés le début est l'attaque des
commerçants chinois, j'avais été frappé par le côté émeutes de Los Angeles, les
témoignages des touristes confirment effectivement cet aspect du problème.
S'agit-il d'une violence provoquée par de jeunes radicaux qui dépassent les
consignes du dalaï Lama? S'agit-il d'une haine spontanée des laissés pour compte
pour ceux qu'ils estiment les bénéficiaires de la croissance? S'agit-il d'une
flambée de haine nationaliste ? probablement tout cela à la fois mais le fait
est que face à ces événements on imagine mal n'importe quel gouvernement
n'intervenant pas. Quelle est la nature de l'intervention ? Ce qui est sûr c'est
que la Chine ne cédera pas, la question du boycotte des jeux olympiques est sans
commune mesure avec l'enjeu de l'intégrité de son territoire et aujourd'hui le
dalaï Lama se rend compte de la nature du bras de fer engagé. Il est clair que
la question de la protection de la population tibétaine, de sa culture, semblent
complètement secondaire pour ceux qui ont engagé ce combat dont on voit mal
l'issue. ils ne peuvent ignorer que leur combat tel qu'il est engagé ne peut que
nuire à ceux qu'ils prétendent défendre. Que cherchent-ils exactement ?
Donc il faut comprendre le contexte politique avec ses subtilités, ses
interrogations sur le rôle réel du dalaï Lama, le bras de fer diplomatique qui
se joue entre le gouvernement chinois et ce dernier, avec derrière un autre bras
de fer celui de l'occident qui n'ose pas attaquer frontalement la Chine tant
l'imbrication économique et financière rend périlleuse tout affrontement direct
et qui sur la plan légal international n'a aucun droit face à ce qui est une
portion du territoire chinois mais en même temps met en place les conditions
d'un « choc de civilisation » dans l'opinion publique peut-être pour monter un
scénario à la kosovar qui paraît mal embouché. Il y a aussi un contexte
économique et social intérieur, celui d'une croissance, d'une transformation
accélérée des mentalités comme celle que nous avons connu dans les années
soixante qui reste à analyser. Le tout sur un fond patriotique chinois qui ne
supportera ni l'intrusion étrangère, ni une quelconque tentative séparatiste.
D'ailleurs le ton est clair "ce sera une lutte à mort" . De toute manière sur le
fond, le dalaï Lama qui soit par sens politique, soit par conviction mesure les
limites de l'entreprise lance une opéraion de conciliation relayée par tous les
médias qui hier jetaient de l'huile sur le feu, opération y compris relayé par
sa sainteté le Pape en faveur de sa sainteté le grand lama.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao s'est cependant déclaré prêt à discuter
avec le dalaï lama, a affirmé mercredi son homologue britannique, qui le
recevait à Londres. "Le Premier ministre a dit que, si le dalaï lama respectait
deux choses qu'il a déjà affirmées, à savoir qu'il ne soutient pas
l'indépendance totale du Tibet et qu'il renonce à la violence, il était prêt à
entamer un dialogue avec le dalaï lama", selon Gordon Brown. Ce dernier s'est
proposé de servir de go between entre le dalaï Lama et le gouvernement chinois,
cela rappelera de bons souvenirs au Chinois puisqu'on se souvient qu'après avoir
imposé la guerre de l'opium, massacré à tour de bras, et obtenu dans le sang la
cession de Hong Kong, les Britanniques s'étaient déjà entremis entre le grand
lama et la république chinoise aux dépends de celle-ci.
L'affaire a été si mal menée que Robert Mesnard est contraint de se rabattre
sur le boycott de la cérémonie d'ouverture.
danielle Bleitrach