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actualité politique nationale et internationale

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LA CHINE ET TOTAL

Un fonds souverain chinois fait irruption dans le capital

 

du groupe pétrolier Total

 

LE MONDE | 04.04.08 | 14h44  •  Mis à jour le 04.04.08 | 14h44


  Tous les actifs pétroliers, en papier (actions) ou en réserves (barils), intéressent la Chine. L'annonce par Total, jeudi 3 avril, qu'un fonds public chinois était entré "graduellement" dans son capital au cours des derniers mois - sans citer son nom ni le pourcentage détenu - n'en a pas moins créé la surprise. Cette opération discrète a immédiatement donné le sentiment que le deuxième consommateur de la planète partait à l'assaut de la quatrième "major" mondiale et d'un fleuron de l'industrie française.

Le discours de Total tranche sur l'inquiétude exprimée par les hommes politiques devant la montée en puissance des fonds souverains, ces structures alimentées par les recettes des hydrocarbures, des minerais ou des excédents commerciaux. "C'est une bonne nouvelle que ce fonds s'intéresse à Total", commente une porte-parole du groupe, qui affirme que cette entrée n'est pas vécue comme hostile. Elle a donné lieu, au préalable, à des "discussions régulières", ajoute-t-elle.


Total y voit un moyen de "diversifier" son capital avec un type de structure "qui investit à long terme dans des actifs rentables". "Acheter des titres de Total représente une opportunité d'acheter des actifs qui sont sous-évalués", estime un analyste de la banque UBS, mais que des investisseurs plus "court-termistes" hésitent à acquérir. Total affirme qu'il compte déjà ce type d'investisseurs dans son capital. De plus, cette opération accroît "la visibilité en Chine", où le groupe est bien implanté dans la chimie, la pétrochimie, le raffinage et les stations-service.


C'est le fonds gestionnaire de la majeure partie des réserves de changes de la Chine (1 650 milliards de dollars), placé sous l'autorité de la banque centrale chinoise, qui a acheté 1,6 % de Total pour 2,8 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros), indique le Financial Times dans son édition du vendredi 4 avril. Cette opération illustre l'offensive des fonds souverains des pays émergents sur les entreprises occidentales : China Investment Corporation s'était illustrée fin 2007, en pleine crise des subprimes, en acquérant 9,9 % de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley pour 5 milliards de dollars.


L'actionnariat de Total, première capitalisation boursière de Paris, est réparti entre Europe, Asie et Amérique du Nord. Les institutionnels (banques, fonds, entreprises...) en détiennent 88 %, les individus 8 % et les salariés 4 %. Le premier actionnaire est le financier belge Albert Frère (présent dans Suez et Lafarge), qui fin 2007 détenait 5,3 % du capital à travers Groupe Bruxelles Lambert (3,9 %) et la Compagnie nationale à portefeuille (1,4 %).


La Chine déploie une stratégie tous azimuts pour se procurer pétrole, gaz et minerais. Pékin passe des accords énergétiques d'Etat à Etat et finance des infrastructures (routes, ports, hôpitaux...) en échange de contrats d'approvisionnement. Les filiales cotées des entreprises publiques investissent dans des gisements ou tentent de racheter des compagnies entières. En 2005, la China National Offshore Oil Corporation avait essayé de racheter l'américaine Unocal, attirée par ses contrats et ses réserves d'hydrocarbures (Caspienne, Asie centrale, Birmanie, Indonésie...). Elle avait dû y renoncer devant l'hostilité du Congrès, et c'est la société californienne Chevron qui avait raflé la mise pour 18 milliards de dollars.

 

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