actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
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Pendant les deux décennies qui ont suivi Mai 68, l'heure est restée à la confrontation. Entre les syndicats et la droite. Entre la gauche et le patronat. Sur fond de désyndicalisation,
accélérée après la crise de 1973, la CGT creusait son sillon dans l'ombre du PCF, soutenant le programme commun de la gauche et appelant à voter pour le candidat communiste à la présidentielle.
"Parti syndical", selon la formule de M. Bergeron, la CFDT jouait la carte de "l'union des forces populaires" avant de se resyndicaliser en 1978, en jugeant que le changement
social ne devait plus être subordonné au changement politique. En 1981, elle soutenait François Mitterrand avant de décider, en 1985, de ne plus donner de consigne de vote aux élections
présidentielle et législatives.
La mue de la CGT a été plus lente. En décembre 1996, son secrétaire général, Louis Viannet, quitte la direction du PCF. Son successeur, Bernard Thibault, va plus loin. Le 17 juillet 2001, lors
d'une rencontre avec le PCF, il rompt avec la conception tendant à faire du syndicat la "courroie de transmission" du parti. La CGT, ajoute-t-il, est "disposée à débattre en
permanence avec tous les partis démocratiques (...) dans le respect des prérogatives et de l'identité de chacun". Travaux pratiques : en début d'année, M. Thibault a rencontré, à l'UMP,
Patrick Devedjian, son secrétaire général. Et après avoir longtemps résisté, il a déjeuné, le 22 février à l'Elysée, avec M. Sarkozy, en qui il avait vu, durant la campagne, un "Thatcher à
la française".
A défaut d'être social-démocrate, en s'appuyant sur une relation privilégiée avec le mouvement syndical, le PS se flatte d'avoir une proximité naturelle avec les syndicats. Peu ou prou, ils
font partie de la famille de la gauche. A contrario, le patronat, qui s'était prononcé contre Mitterrand en 1981, restait l'adversaire. M. Jospin a changé la donne. Le 26 septembre 1996, Jean
Gandois, président du CNPF, était reçu au PS. François Hollande a fait de même avec Ernest-Antoine Seillière, président du Medef. Et M. Seillière a rencontré Robert Hue quand il dirigeait le
PCF. Désormais, droite et syndicats, gauche et patronat se reconnaissent, se rencontrent, s'écoutent. C'est l'heure de la confrontation civilisée. Avec ses fausses notes. Si elle est invitée,
la CGT n'est pas sûre d'aller à la convention de l'UMP. Pour ne pas servir de "faire-valoir". La confrontation civilisée a aussi ses couacs.
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