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actualité politique nationale et internationale

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LA SOCIETE GENERALE DES ACTIONNAIRES ANONYMES

Une Société générale "deux fois coupable"


LE MONDE | 28.05.08 | 15h20  •  Mis à jour le 28.05.08 | 15h45


'orage gronde en cet après-midi du mardi 27 mai au-dessus de l'esplanade de la Défense, à Paris. A l'extérieur, le ciel est menaçant. Au sous-sol de la Grande Arche, où se tient l'assemblée générale de la Société générale - la première depuis l'affaire Kerviel -, l'atmosphère est électrique. Les actionnaires sont venus nombreux - ils sont environ 1 600 - en découdre avec les dirigeants, quatre mois après "la fraude" de 4,9 milliards d'euros qui les a laissés incrédules et furieux.

 


Tout a été fait pour contrôler la situation. Les dirigeants se sont prêtés à des séances d'entraînement avec des professionnels de la communication. Les journalistes ont été confinés dans une petite salle aux hauts murs gris, loin des actionnaires en colère, devant un écran n'offrant qu'un plan fixe sur la salle. Seule la tribune est éclairée. On ne voit pas les visages de ceux qui prennent le micro. Les bruits parviennent étouffés.



Mais dès les premiers échanges, le ton est donné : "Nous sommes des grognards, eh bien, je vais grogner, lance un actionnaire. (...) Je pense que vous avez été deux fois coupable. On a dit que le trader avait commis ces actes parce qu'il voulait conserver son bonus. Quand on crée les conditions pour obtenir un gros bonus, on abaisse le seuil d'honnêteté des gens." La salle applaudit. Chahute. S'enhardit : "Comme Nicolas Sarkozy, je demande votre démission, M. Bouton !", s'enflamme un actionnaire encouragé par la clameur, à l'adresse de l'ex-PDG, resté président du conseil d'administration. "Vous devez assumer vos manquements. Vous êtes le deuxième PDG le plus rémunéré de France."


A leur tour, les commissaires aux comptes sont hués. L'un d'eux grimace. A la tribune, les visages sont crispés. Daniel Bouton fait acte de contrition. Reste stoïque. Même à ce mot, cruel, d'un "vieil actionnaire" : "Warren Buffet, l'homme le plus riche du monde, ne spécule pas. Il investit (...). Vous, Frédéric Oudéa (le nouveau patron de la Générale), vous êtes jeune, si vous faites une bêtise, assumez-la, ne la faites pas porter à d'autres". "Merci pour l'encouragement donné à M. Oudéa", répond M. Bouton d'un ton neutre. Le rideau tombe. Toutes les résolutions ont été adoptées.


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