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actualité politique nationale et internationale

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DE CAROLIS CONTRE SARKOZY

Patrick de Carolis hausse le ton contre l'Elysée


PARIS (Reuters) 


  Les tensions, déjà vives, entre l'Elysée et les responsables de l'audiovisuel public se sont attisées mercredi à la suite d'une cinglante réplique de Patrick de Carolis à Nicolas Sarkozy, qu'il a accusé de porter un jugement "stupide" et "faux" sur France Télévisions.

Le patron de la télévision publique a par ailleurs prévenu sur RTL qu'il "prendrait ses responsabilités" courant septembre si le budget alloué en 2009 à France Télévisions, privée de la manne publicitaire à compter du 1er janvier prochain, s'avérait insuffisant. Une menace à peine voilée de démission.

La ministre de la Culture et de Communication, Christine Albanel, a dénoncé ces propos, déclarant qu'"on ne peut pas dire ça du président de la République, de l'actionnaire qui vient s'exprimer sur France 3". L'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, a réclamé des "excuses".

Lors de son passage au 19/20 de France 3, lundi soir, Nicolas Sarkozy avait estimé que France Télévisions pouvait "faire mieux" en termes éditoriaux et que ses programmes ressemblaient "encore trop aux programmes d'une chaîne privée".

"Faux", "stupide", "profondément injuste", a répliqué Patrick de Carolis sur RTL, précisant que son appréciation visait "tous ceux qui portent un jugement qui est inexact sur le travail qui est fait par des milliers de collaborateurs".

"La télévision, c'est un métier qui est fait par des professionnels. (...) Il est bon qu'on laisse travailler les professionnels", a-t-il souligné.
Défendant son "indépendance", le patron de France Télévisions a déclaré que "jamais" il ne soumettrait les grilles de programmes "à un quelconque visa venu de l'extérieur".

Nommé en juillet 2005 par six voix contre trois par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Patrick de Carolis a affirmé entretenir un contact "franc" et "respectueux" avec le chef de l'Etat, qui a déclenché un tollé en annonçant que le patron de la télévision publique serait nommé par l'exécutif.

Son mandat court théoriquement jusqu'en 2010, mais il a laissé entendre qu'il pourrait l'abréger si le financement de la télévision publique, qui doit combler un manque à gagner de 450 millions d'euros, n'était pas à la hauteur de ses attentes.


"À L'IMPOSSIBLE NUL N'EST TENU"


L'Elysée préconise une taxe de 0,9% sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms et fournisseurs d'accès à internet pour financer la télévision publique.

"A la fin de l'été, courant septembre, nous verrons si le compte y est. Si le compte y est, je m'en féliciterai et je le dirai. S'il n'y est pas, je prendrai mes responsabilités. A l'impossible nul n'est tenu", a dit Patrick de Carolis.

"Si à un moment donné, je vois que je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, d'avoir les moyens de nos ambitions, je le dirai et je dirai 'stop'", a-t-il expliqué.

Christine Albanel a déclaré qu'elle n'envisageait pas le départ de Patrick de Carolis.

"J'ai entendu le président de la République dire à Patrick de Carolis qu'il y avait une réforme à conduire et que nous allions la conduire avec les dirigeants de France Télévisions", a-t-elle rappelé à l'issue du conseil des ministres.

Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République, a assuré sur RMC Info et BFM TV qu'"il n'y aujourd'hui rien de décidé".

"Il faudra probablement renommer les dirigeants de France Télévisions, quand on va changer le statut de France Télévisions pour en faire une entreprise unique, probablement avant la fin de l'année", a-t-il dit. "Ça ne veut pas dire que l'équipe en place ne sera pas reconduite".

Pour l'heure, le gouvernement et l'UMP font bloc autour de Nicolas Sarkozy pour défendre son "sauvetage" de l'audiovisuel public.

"Quand, par exemple, on allume sa télévision dimanche soir et que, sur France 2, on a trois séries américaines qui s'enchaînent, on ne peut pas se contenter de dire, 'circulez il n'y a rien à voir'", plaide Laurent Wauquiez.

"De grâce, ne sombrons pas dans la caricature ou les anathèmes. (...) Il est légitime qu'il y ait des opinions différentes mais soyons à la hauteur de ce débat", a dit à Reuters le secrétaire d'Etat à l'Emploi.

"Ce que nous attendons c'est que le service public et le président de France télévisions, comme il l'a indiqué, se mobilisent pour la mise en oeuvre de cette réforme (...) Au travail tout le monde. Le service public ne doit pas attendre", a lancé Luc Chatel, porte-parole du gouvernement.



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