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actualité politique nationale et internationale

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DECLARATION DE GUERRE D ISRAEL CONTRE LE SOUDAN

Le président soudanais Bachir inculpé de génocide au Darfour

 

LA HAYE (Reuters)


 
Le procureur de la Cour pénale internationale de La Haye a inculpé le président soudanais Omar Hassan Bachir de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour et a requis de la CPI un mandat d'arrêt international à son encontre.


Le procureur Luis Moreno-Ocampo a précisé à la presse que les juges de la CPI, qui mettent habituellement deux à trois mois pour répondre à une réquisition de mandat international, se donneraient sans doute plus de temps cette fois, au vu de la complication du cas soudanais.


A Khartoum, le gouvernement a rejeté les chefs d'inculpation de la CPI et a rappelé qu'il ne reconnaissait pas l'existence de cette instance pénale permanente créée en 2002, soit un an avant que n'éclate le conflit du Darfour, qui a fait selon les experts 200.000 morts - 10.000 seulement d'après les autorités soudanaises.


Troisième président poursuivi par la justice internationale dans l'exercice de ses fonctions, après le Yougoslave Slobodan Milosevic et le Libérien Charles Taylor, Bachir est accusé par Moreno-Ocompo d'"avoir pris personnellement la décision de lancer le génocide" dans la province occidentale soudanaise.


"Bachir exécute ce génocide sans chambres à gaz, sans balles, sans machettes. C'est un génocide par mort lente", a-t-il affirmé, en précisant que les cibles en étaient les ethnies africaines Four, Massalit et Zaghawa dans la province occidentale du
Soudan bordant le Tchad.


"Pour cela, il a utilisé l'appareil d'Etat, les forces armées et les milices djandjaouids", souligne l'acte d'inculpation en précisant que les agents aux ordres de Bachir ont tué au moins 35.000 civils et causé la "mort lente" de 80.000 à 265.000 autres personnes déplacées par les combats.


CRAINTES POUR LA FORCE CONJOINTE UA-
ONU


Le procureur a observé que Bachir avait promu ministre des Affaires humanitaires l'ex-ministre de l'Intérieur Ahmed Haroune pour avoir exécuté "ses ordres génocidaires". Haroune est l'une des deux personnalités soudanaises, avec le chef de milice arabe Ali Kouchaïb, faisant d'ores et déjà l'objet de mandats d'arrêt d'internationaux.


Outre trois chefs de génocide et deux de crimes de guerre, le magistrat argentin a relevé cinq chefs d'inculpation contre Bachir pour crimes contre l'humanité: meurtres, extermination, transferts forcés, torture et viols - ceux-ci à l'encontre de milliers de femmes âgées de cinq à soixante-dix ans.


Le ministre de la Justice soudanais avait déclaré dimanche que l'inculpation de Bachir "pourrait bien tuer le dernier espoir d'un règlement pacifique" au Darfour, mais le ministère des Affaires étrangères a affirmé lundi que le gouvernement de Khartoum restait résolu à poursuivre le processus de paix.


Il a assuré en outre que les autorités protégeraient les 9.000 militaires de l'Union africaine et des Nations unies déployés dans la province en guerre. Néanmoins, l'affaire pourrait entraver la fin du déploiement de la force conjointe UA-Onu, dont plus de 17.000 hommes ne sont pas encore à pied d'oeuvre.


Le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a déclaré ne pas exclure des représailles contre les forces internationales déjà sur le terrain et a "invité à la retenue toute les parties au Soudan".


De Paris, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a déclaré respecter l'indépendance de la CPI et "attendre du gouvernement du Soudan qu'il continue à coopérer pleinement avec les Nations unies au Soudan, tout en remplissant ses obligations pour assurer la sécurité de tous les personnes et biens de l'Onu".


KHARTOUM COMPTE SUR SES AMIS A L'ONU


En revanche, le gouvernement Tanzanien, qui préside l'Union africaine, dont les militaires forment le gros des troupes internationales au Darfour, a invité la CPI à suspendre "pour le moment" ses poursuites contre Bachir "jusqu'à ce qu'aient été résolus les problèmes élémentaires au Darfour et au Sud-Soudan".


Dans un communiqué, la présidence française de l'
Union européenne prend acte de l'inculpation de Bachir, mais souligne "l'importance stratégique" d'une solution politique au Darfour et exhorte le gouvernement soudanais et "l'ensemble des parties, groupes et mouvements de la région" à oeuvrer en ce sens dans l'interêt de la population, du pays et de la région.


Si les mouvements de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch se réjouissent de l'inculpation de Bachir, les organisations humanitaires travaillant sur le terrain craignent pour leur sécurité et avaient renforcé ces derniers jours leurs mesures de protection en anticipant la nouvelle.


Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré à la presse que le président Bachir devait se plier à la décision de la Cour pénale internationale de lui demander des comptes.


Mais le Soudan, qui a déjà refusé de livrer à la CPI Haroune et Kouchaïb, compte sur ses amis au Conseil de sécurité, dont la
Chine, son principal pourvoyeur d'armes, pour bloquer toute tentative d'arrestation de son président.


"La prochaine étape sera la bataille diplomatique dont le siège new-yorkais de l'Onu sera le théâtre", a déclaré un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères. "Des amis comme la Chine, la
Russie, l'Afrique du Sud, l'Indonésie et des groupes régionaux comme les Arabes et les Africains soutiendront, si Dieu le veut, le Soudan contre la Cour", a-t-il prédit.


Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront samedi prochain au Caire, siège de l'organisation, une réunion extraordinaire pour tenter de mettre au point une réaction commune à l'inculpation du président d'un de ses 22 pays membres.


Après l'annonce de celle-ci, quelques dizaines personnes ont manifesté devant la représentation de l'Onu et l'ambassade de
Grande-Bretagne à Khartoum. Les Etats-Unis, qui accusent déjà depuis longtemps le régime islamiste de Bachir de génocide, ont annoncé avoir "pris les mesures appropriées" pour la sécurité de leur ambassade au Soudan et de leur représentation à Jouba, dans le Sud.

 

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