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Par FISCHER
L'UIMM a financé CGT et PS, assure un ancien responsable
PARIS (Reuters)
L'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a financé de manière occulte le Medef, la CGT et des partis politiques, dont le PS, dans les années 80 et 90, a dit à un juge d'instruction un dirigeant patronal mis en examen
Dans sa déposition du 16 juillet publiée en partie dans Le Monde, Jacques Gagliardi, ancien bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995, n'apporte pas de preuves directes et ne fournit pas de noms.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est dite satisfaite "de voir la justice et l'enquête progresser". Dans un communiqué, elle dit que les déclarations de Jacques Gagliardi la confortent
"dans la démarche de transparence qu'elle a initiée il y a plusieurs mois."
Tout en regrettant que le secret de l'instruction n'ait pas été respecté, l'UIMM a pour sa part réaffirmé sa volonté de continuer à coopérer avec la justice. "Elle n'a pas de commentaire
particulier à faire sur les éléments cités dans cet article qui concernant des faits passés", dit son président, Frédéric Saint-Geours, dans un communiqué.
Daniel Sanchez, secrétaire de la CGT, a quant à lui qualifié de "profondément scandaleuses" des affirmations qu'il voit comme une "opération de diversion". Jacques Gagliardi rapporte le plus
souvent des propos de son ancien patron, mort le 2 juillet. "On fait parler un type que personne ne connait et cite quelqu'un qui est mort deux semaines avant", relève Daniel
Sanchez.
COMITÉ DES FORGES
Selon l'extrait de sa déposition publié dans Le Monde, Jacques Gagliardi a dit "qu'un représentant du CNPF (l'ancien nom du Medef) venait régulièrement s'alimenter en munitions. Cette personne
repartait avec sous le bras un paquet de la dimension d'une boite de chaussures".
Sur le financement supposé de la CGT, il explique : "(Pierre Guillen) m'en avait parlé en me disant qu'il donnait des sommes en liquide à des syndicats. Il m'en avait parlé du reste à propos de
la CGT parce que c'était une première, car à ma connaissance et à la sienne aussi, la CGT ne recevait pas d'argent de l'UIMM avant lui".
"Concernant la CGT, il m'avait dit qu'il leur donnait quelques centaines de milliers de francs tous les ans", ajoute-t-il.
Prié de dire si les syndicats CFDT et FO étaient financés de la même manière, Jacques Gagliardi répond : "vraisemblablement. M. Guillen m'en a peut-être parlé de façon épisodique".
Il dit aussi croire que l'UIMM et son prédécesseur, le Comité des forges, finançaient les partis politiques depuis toujours, sauf le Parti communiste : "cela consistait en de la distribution
d'argent en espèces à des hommes politiques de tous bords, hormis le parti communiste".
"A l'époque, il n'y avait pas d'extrême droite, mais des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand", assure Jacques Gagliardi.
L'instruction conduite par le juge Roger Le Loire concerne des retraits en espèces d'une vingtaine de millions d'euros des comptes de l'organisation de 2000 à 2007.
L'ancien patron de l'UIMM Denis Gautier-Sauvagnac est mis en examen pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé", ainsi que plusieurs autres dirigeants patronaux. Tous
ont refusé de nommer les bénéficiaires de l'argent retiré, tout en expliquant qu'il s'agissait d'organisations "participant à la vie sociale" du pays.
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