Vite, vite, parlons d’autre chose. De la météo par exemple. Hier, Bernard Tapie a finalement obtenu gain de cause (un gain qui pèse pas loin de 40 millions d’euros)
dans l’affaire qui l’oppose depuis 1993 au Crédit lyonnais. Le ministère de l’Economie a béni l’arbitrage rendu dans la chaleur de juillet par trois personnalités
incontestables… pour la bonne raison que, dans le nouveau code de procédure civile, ce genre d’arbitrage est quasiment incontestable en effet. Circulez il n’y a rien à voir.
La main de Nicolas Sarkozy ? Allons ! Il faudrait être malfaisant pour imaginer que le Président souhaite ainsi rendre service à un éminent radical (de gauche) et
conforter sa stratégie d’ouverture au centre. On entend d’ailleurs beaucoup les centristes dans cette affaire, depuis Charles-Amédée de Courson (Nouveau Centre) jusqu’à
François Bayrou. Et puis, même si le ton monte, personne n’est à l’aise quand on parle de Tapie ou du Lyonnais. Ces deux enseignes rappellent les folles années frics
mitterrandiennes. Le pouvoir sarkozyste attaqué par le Modem et par la gauche aura beau jeu de rappeler que Jean Peyrelevade, ex-patron du Lyonnais, est aujourd’hui
vice-président du Modem. Et que c’est parce que Tapie fut ministre de Pierre Bérégovoy qu’il dut faire vendre Adidas par le Lyonnais. Dans ces dossiers, personne n’est
à l’abri de dégâts collatéraux. D’où ce lâche soulagement estival. Quant à savoir à qui profite tout cela… Il suffit d’attendre. En espérant que les auditions en commission
parlementaire demandées par le PS serviront à quelque chose.