e mandat d'Ehoud Olmert à la tête du gouvernement israélien se termine comme il avait commencé : sur un parfum de scandale. Porté au pouvoir en mars 2006, dans la foulée de l'accident cérébral
d'Ariel Sharon, l'ancien maire de Jérusalem avait été mis en cause quelques mois plus tard pour sa conduite jugée calamiteuse de la guerre au Liban. Vilipendé par l'opinion et les médias, il
n'avait dû sa survie qu'à l'épouvantail Benyamin Netanyahou, le leader du Likoud donné à tous les coups gagnant en cas de démission forcée et d'élections anticipées. Dès lors, M. Olmert n'a plus
été lâché par les critiques et les allégations de corruption. Abus de pouvoir, favoritisme, pots de vin : les accusations se sont multipliées. Du coup, chacune de ses initiatives politiques, en
particulier la relance du processus de paix avec les Palestiniens et l'ouverture de négociations indirectes avec la Syrie, a été interprétée comme une diversion destinée à ralentir son
inéluctable sortie de scène.
|
La direction palestinienne n'est pas loin de partager cette sévérité. A ses yeux, Ehoud Olmert, volontiers modéré dans ses discours, est resté dans les faits un homme de droite incapable
d'enrayer la mécanique infernale de la colonisation. Son départ, pourtant, ne fait pas l'affaire des autorités de Ramallah. Les trois ou quatre mois qui seront nécessaires pour désigner et
installer un nouveau gouvernement sont d'ores et déjà perdus pour les négociations.
A supposer qu'il se révèle sur le tard un homme de paix, Ehoud Olmert, qui assurera l'intérim, n'aura pas la marge de manœuvre indispensable pour réaliser une percée. Les Palestiniens en sont
ainsi réduits à méditer sur les caprices du système politique israélien.
Depuis le mandat d'Yitzhak Shamir, pas un seul premier ministre de l'Etat juif n'est allé au bout d'une législature. A la fragilité congénitale des coalitions, tributaires trop souvent de
petits partis aux intérêts volatils, s'est ajouté l'assassinat d'Yitzhak Rabin en 1995. Même si la ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, favorite des militants de Kadima, parvient à se
hisser au pouvoir, ses belles intentions diplomatiques risquent encore une fois d'achopper sur l'émiettement des forces au sein de la Knesset.