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actualité politique nationale et internationale

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LE NEW DEAL DE BUSH

George Bush lance le plan de sauvetage de l'immobilier américain Etats-Unis

LE MONDE | 31.07.08 | 10h55  •  Mis à jour le 31.07.08 | 11h25

WASHINGTON CORRESPONDANTE


  Sans publicité, le président George Bush a signé, mercredi 30 juillet, le plan de sauvetage de l'immobilier le plus ambitieux jamais mis en place depuis plusieurs dizaines d'années aux Etats-Unis. La cérémonie a eu lieu à 7 heures du matin, en présence de quelques membres de l'administration seulement.


Le président n'avait pas caché qu'il n'approuvait pas les aides financières de 3,9 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) contenues dans le plan et visant à permettre aux collectivités locales d'acheter les propriétés saisies, pour éviter de laisser péricliter des quartiers entiers. Mais il avait décidé de ne pas mettre son veto, estimant qu'il faut d'urgence aider les familles endettées. Il ne voulait pas non plus, probablement, apparaître aux côtés des principaux artisans de la loi, deux sénateurs démocrates, alors qu'une majorité de républicains ont voté contre ce qu'ils estiment être un cadeau fait à des emprunteurs et à des organismes de prêts imprudents.

"FRANKENSTEIN FINANCIERS"

En discussion depuis des mois, la loi, qui relève le plafond des prêts immobiliers susceptibles d'obtenir une garantie publique, va permettre à 400 000 propriétaires, étranglés par le remboursement de leurs dettes, de refinancer leurs emprunts. Elle crée un fonds de l'administration fédérale du logement (Federal Housing Administration Fund), doté de 300 milliards, pour aider les particuliers. Ceux-ci pourront annuler leur emprunt et le remplacer par un prêt à taux fixe sur trente ans, pour 90% de la valeur de la maison. La décision d'accorder ces refinancements reviendra aux banques, qui devront faire quelques sacrifices.

Surtout, la loi vient au secours des organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac qui ont perdu 50% de leur valeur en l'espace d'une semaine au début du mois. Ces deux institutions sont placées sous l'autorité d'un nouvel organisme de contrôle, aux pouvoirs renforcés. La loi autorise le Trésor à acheter leurs actions ou à leur prêter de l'argent jusqu'à fin 2009.

Le sénateur démocrate du Connecticut, Christopher Dodd, l'un des principaux artisans de la loi, a indiqué qu'il s'agit surtout d'une mesure de sécurité, destinée à rassurer les créditeurs étrangers. "La garantie implicite n'était pas assez forte pour nombre de ces créditeurs. Une grande partie de cette dette est détenue par des pays dans l'ensemble du monde, et ils devenaient nerveux", a-t-il expliqué.

L'office budgétaire du Congrès a estimé que le plan pourrait coûter jusqu'à 25 milliards de dollars aux contribuables. Trois quarts des républicains, à la Chambre, ont voté contre le projet, dénonçant pareille intervention fédérale pour sauver des entités du secteur privé. L'un d'eux a qualifié Fannie Mae et Freddie Mac de "Frankenstein financiers", menaçant d'engloutir leurs créateurs. Après la signature de la loi, les actions de ces deux établissements de refinancement hypothécaire ont augmenté respectivement de 5,3% et 3,3%.

M.Dodd a indiqué que 8400 nouvelles familles sont chaque jour dans l'incapacité de rembourser leur emprunt. Il a envisagé un déclin de 30% dans les prix de l'immobilier, soit la plus forte baisse depuis la Grande Dépression. Le nombre d'Américains qui pourraient perdre leur maison d'ici à fin 2009 est estimé à 2,8 millions.



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