actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
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Pour l'heure, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim à la tête du pays. Les textes prévoient qu'il faut que les assemblées provinciales et nationales désignent, dans les trente jours,
un nouveau chef de l'Etat. A cet égard, les chefs de la coalition au pouvoir depuis les élections législatives de février se sont réunis, lundi et mardi, afin de redistribuer les cartes.
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CONTESTATION POPULAIRE
L'autre pilier de la coalition est l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), qui a été chassé du pouvoir par M. Musharraf lors d'un coup d'Etat,
en 1999. Il n'avait eu de cesse, depuis mars, d'obtenir sa vengeance en exigeant son départ. Il n'a pas fourni d'éléments sur son avenir, mais son parti juge peu probable que Zardari soit
désigné chef de l'Etat.
La coalition évoquait, mardi, comme candidats potentiels à la présidence, Mehmud Khan Achakzaï, de la province du Baloutchistan (sud-ouest), et Aftab Shoban Mirani, de la province méridionale
du Sind. Le choix pourrait aussi se porter sur des femmes, comme Fehmida Mirza, présidente de l'Assemblée nationale, ou la soeur de M. Zardari, Faryal Talpur. Enfin, le nom de M. Asfandar Wali
Khan, leader du Parti libéral, membre de la coalition, est également cité. Le fils de Benazir Bhutto, âgé de 19 ans, nommé coprésident du PPP à la mort de sa mère, a assuré, lundi, que le
prochain président serait issu de son parti.
La démission de M. Musharraf a mis fin à dix-huit mois de crise politique et paraît entériner l'avancée du pouvoir civil dans un pays que l'armée a dirigé plus de la moitié de son histoire. Ces
dernières années, la population a commencé à se manifester dans la rue réclamant des conditions de vie décentes (30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté).
Au mois de juin, les avocats ont pris la parole et défilé dans la rue pour dénoncer les atteintes du régime aux libertés. Cette profession, traditionnellement muselée et parfois décriée,
s'exprimait de façon inédite. De même, la contestation du régime Musharraf a vu émerger une magistrature en mal d'émancipation par rapport au pouvoir politique. A sa tête figure l'ex-chef de la
justice, Iftikhar Chaudry, radié par M. Musharraf en 2007 pour avoir contesté les conditions de sa réélection. M. Sharif a indiqué, mardi, "croire que les juges" de la Cour suprême,
limogés par l'ex-chef de l'Etat, "devraient être rétablis dans leurs fonctions mercredi 20 août".
UN LONG CALCUL
Enfin, si le choix de la procédure de destitution visant M. Musharraf était le fruit d'un long calcul politique de MM. Zardari et Sharif, il symbolisait aussi le recours à un outil juridique
institutionnel qui renforçait la fragile démocratie pakistanaise.
En dépit des spéculations qui prêtaient à M. Musharraf l'intention de s'engager dans une longue épreuve de force, avec le soutien implicite de l'armée pakistanaise, lui qui était encore chef
des armées en novembre 2007, les militaires sont, pour l'instant, restés dans leur caserne.
Le successeur de M. Musharraf à la tête des armées, le général Kayani, pourtant décrit comme l'un de ses fidèles, n'a pas montré, à ce jour, de volonté de mêler l'institution militaire à la vie
politique et à la société civile pakistanaise. Il a retiré de nombreux officiers de postes civils dans l'administration, mais aussi dans certains ministères. Ce personnage discret s'est fait
remarquer par son intention de restaurer l'image d'une armée qui incarne les privilèges et la force. Lors des législatives de février, qui virent la coalition du PPP et du PML-N l'emporter face
au parti présidentiel du PML-Q, il avait fait savoir qu'il n'admettrait aucun coup de force, entérinant l'affaiblissement de M. Musharraf.
Si les partis de la coalition parviennent à gouverner ensemble, le pouvoir civil pourra s'implanter plus profondément. Mais les rivalités politiques restent fortes, et M. Zardari est toujours
visé par des procédures judiciaires en suspens.
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