actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
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Lundi, comme en écho au spectacle orchestré par le Hezbollah, l'Autorité palestinienne a donc organisé une cérémonie en grande pompe en l'honneur des 198 "combattants de la liberté"
qui sont pratiquement tous membres du Fatah.
Arrivé au check-point de Betunya dans une berline noire officielle, Saïd Al-Atabeh a traversé en héros les faubourgs et le centre de Ramallah. "Je suis joyeuse et triste à la fois,
bredouille sa soeur, Sana, bouleversée par l'émotion. Parce que Saïd est libre et parce que tellement de Palestiniens restent prisonniers."
Son grand frère avait été arrêté par l'armée israélienne le 29 juillet 1977, à l'âge de 26 ans. A l'issue d'un procès expédié en une journée, ce militant du Front démocratique de libération de
la Palestine (FDLP, gauche) avait été condamné à la prison à vie en tant que cerveau d'une série d'attentats à la bombe qui avait fait un mort et quelques dizaines de blessés dans la région de
Tel-Aviv.
A la Moqataa, le quartier général de l'Autorité palestinienne, les anciens prisonniers remontent une haie d'honneur, s'inclinent sur la tombe de Yasser Arafat avant d'être accueillis par le
président Abbas et une foule en liesse. "La libération de ce groupe nous comble de joie mais nous ne serons pas tranquilles avant la libération de tous les prisonniers, les 11 000 qui
attendent toujours", déclare M. Abbas.
Propulsé au milieu de ces réjouissances obligées, une casquette blanche vissée sur la tête et une écharpe à damier noir et blanc plaquée sur les épaules, l'ancien doyen des prisonniers semble
hébété. " C'est un jour de joie pour tous les combattants de la liberté et de l'indépendance", déclare-t-il dans une allocution couverte par des chants pro-Fatah.
Dans la foule, Qadura Farès, le président du club des prisonniers, a du mal à s'enthousiasmer. "Le président Abbas avait transmis à Ehoud Olmert (le premier ministre israélien) une
liste de cent vingt noms qu'il voulait voir libérer, explique-t-il. Israël n'en a accepté que trois. La moitié des détenus relâchés aujourd'hui devaient finir leur peine l'année
prochaine."
Dans une maisonnette, à cinq cents mètres en contrebas de la Moqataa, Awdeh Rantissi, un menuisier à la retraite, éprouve la même amertume. A 5 heures du matin, des soldats israéliens sont
venus embarquer son fils, Sam, âgé de 27 ans, sans fournir la moindre explication. "Cette cérémonie c'est de la blague, dit-il. Comment Abbas peut-il espérer négocier un
accord de paix avec Olmert quand il n'est pas capable d'arrêter les incursions israéliennes ?"
Chaque nuit, quel que soit le climat politique, l'armée israélienne arrête une dizaine de Palestiniens dans les villes et villages de Cisjordanie.
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