actualité politique nationale et internationale
La démarche et les objectifs de La Riposte - Réponse aux camarades du blog « Vive le PCF »
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Les responsables du blog Vive le PCF – c’est-à-dire les dirigeants de la section du PCF Paris 15e, qui en sont les principaux animateurs – ne sont pas contents de la publication de notre projet
de texte alternatif : Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme. Le 22 juillet dernier, ils ont publié sur leur blog un article qui vise manifestement à discréditer et à marginaliser les
camarades qui soutiennent les idées de La Riposte (voir ici). Au moyen d’un tissu d’affirmations fausses et d’insinuations malveillantes, les camarades et sympathisants de La Riposte sont
présentés par Vive le PCF comme des éléments « extérieurs » au parti.
Il n’est jamais très agréable de se trouver dans l’obligation de répondre à une attaque de ce type, d’autant qu’elle ne concerne pas les idées et la politique de La Riposte. Mais, d’une part,
nous ne pouvons pas laisser ce genre d’article sans réponse – et, d’autre part, cela nous fournit l’occasion de mieux expliquer, à l’intention de tous les communistes, quels sont les objectifs et
la démarche de La Riposte.
Les rédacteurs de Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme accueilleraient à bras ouverts toute tentative d’engager une discussion entre communistes sur les idées défendues dans ce texte. Une
confrontation d’idées fraternelle et constructive ne peut qu’enrichir les discussions préalables au congrès. Cependant, les camarades de Vive le PCF ne traitent pas le contenu de notre document.
Ils préfèrent combattre La Riposte d’une toute autre façon. Pour eux, les communistes qui se reconnaissent dans les idées marxistes de La Riposte, qui rédigent ses articles, qui participent à ses
activités, qui assurent son financement, etc., deviennent de ce fait des camarades n’ayant « rien à voir avec le PCF, sa structure et son histoire. » Cette affirmation stupéfiante nous met dans
l’obligation de rappeler que le PCF est un parti démocratique ouvert à tous ceux qui veulent lutter contre le capitalisme, et que chaque camarade, quelles que soient ses opinions, a le droit de
s’exprimer et de participer démocratiquement à tous les aspects de la vie du parti.
De quel droit les camarades de Vive le PCF se permettent-ils de stigmatiser ainsi les animateurs et sympathisants de notre journal ? Les communistes proches des idées de La Riposte ne sont pas
différents de tous les autres. Ils paient une cotisation au PCF. Ils participent aux activités et aux campagnes électorales du parti. Certains d’entre eux sont membres du PCF depuis des
décennies. D’autres, plus jeunes, sont pour ainsi dire des communistes de troisième ou quatrième génération. Loin de n’avoir « rien à voir » avec l’histoire du PCF, ces camarades font partie
intégrante de cette histoire. Ceci n’oblige personne à partager leurs opinions en ce qui concerne la théorie marxiste, le programme du parti ou les questions internationales. Mais personne n’a le
droit de remettre en cause la valeur de ces camarades et leur appartenance au PCF.
« Organisés en groupe extérieur, écrit notre détracteur anonyme, [les militants de La Riposte] se définissent, ouvertement, comme l’antenne en France d’un groupe international se revendiquant
"trotskiste", basé dans le monde anglo-saxon. » Ceci n’est que pur fantasme. Les camarades qui soutiennent les idées de La Riposte ne sont « l’antenne » de personne, ni dans le « monde
anglo-saxon », ni ailleurs. L’association, déclarée sous la loi de 1901, détermine sa politique démocratiquement et en toute liberté, lors de ses congrès nationaux, auxquels tous les adhérents de
l’association peuvent participer.
Il est vrai que les idées de La Riposte coïncident, sur toutes les questions essentielles, avec celles que défend le regroupement d’organisations marxistes connu sous le nom de Tendance Marxiste
Internationale (TMI). De notre point de vue, communisme et internationalisme sont absolument indissociables. Nous sommes fiers de notre association à ce mouvement international, qui est pour nous
une source de réflexions, de discussions et d’informations d’une valeur inestimable. Les échanges d’idées avec nos camarades en lutte à travers le monde – au Venezuela, en Bolivie, au Brésil, en
Italie, en Espagne, au Pakistan, etc. – contribuent grandement à l’éducation politique de nos propres camarades, ainsi qu’à la richesse de notre journal et de notre site internet, que nous
mettons à la disposition de tous les communistes.
Soit dit en passant, contrairement à ce que prétend Vive le PCF, la TMI n’est pas « basée dans le monde anglo-saxon ». Comme son nom l’indique, il s’agit d’un mouvement internationaliste et
véritablement international. Au total, la TMI est présente dans une quarantaine de pays. Mais son centre de gravité, pour ainsi dire, ne se trouve pas en Europe, malgré une présence forte en
Italie et en Espagne. Sa plus grande section est au Pakistan (voir ici). Mais au cours de ces dernières années, c’est en Amérique latine qu’elle a connu sa plus forte croissance. La section
vénézuélienne, en particulier, occupe une place importante dans le mouvement révolutionnaire bolivarien. Les sections de la TMI au Mexique et au Brésil ont été, elles aussi, au cœur des grandes
luttes sociales et politiques qu’ont connu ces pays au cours de la dernière période. Quoi qu’il en soit, La Riposte n’est en aucun cas une « antenne » de nos camarades du Venezuela ou du
Pakistan, pas plus que ces derniers ne sont des « antennes » de La Riposte.
Vive le PCF qualifie La Riposte de « trotskiste » et l’accuse de pratiquer de l’« entrisme » dans le PCF. Pense-t-on sérieusement arrêter ainsi la progression de nos idées dans le parti ? Le but
de notre journal, de notre site web, de nos brochures, de nos livres, des nombreuses réunions publiques que nous organisons et de toute notre activité en général est d’expliquer et de défendre
les idées du marxisme. Quant à Léon Trotsky, nous considérons qu’il était l’un des plus grands révolutionnaires du XXe siècle. Pour nous, marxisme et « trotskisme » sont une seule et même chose.
Nous invitons tous ceux qui ne sont pas d’accord à nous expliquer pourquoi. Au demeurant, l’époque est heureusement révolue où la simple évocation du nom de Trotsky suscitait un réflexe
d’hostilité, au sein du PCF. Les animateurs de Vive le PCF peuvent le regretter, mais c’est ainsi – et ce n’est pas un hasard. De l’eau a coulé sous les ponts. Conformément aux prédictions de
Trotsky, le capitalisme a été restauré, en Russie et en Europe de l’Est, par ceux-là mêmes qui accusaient Trotsky d’avoir été un agent de la bourgeoisie. Par ailleurs, il faudrait que les
détracteurs de Trotsky expliquent exactement ce qu’ils reprochent à celui qui, après avoir dirigé la révolution de 1917, aux côtés de Lénine, puis fondé et dirigé l’Armée Rouge, a finalement payé
de sa vie sa lutte implacable contre la dégénérescence stalinienne de l’Etat Soviétique et de l’Internationale Communiste.
Venons-en maintenant à l’« entrisme ». Ce n’est pas pour rien que ce terme a une connotation extrêmement péjorative, dans le mouvement ouvrier français. A plusieurs reprises, des groupements
d’extrême gauche ont pratiqué ce qu’ils appelaient une tactique « entriste » dans le Parti Socialiste, le Parti Communiste ou les structures syndicales. Il s’agissait d’envoyer dans
l’organisation ciblée des individus qui n’affichaient ni leurs véritables idées, ni leur appartenance à une même organisation, avec pour mission de s’emparer de positions clés. La plus connue de
ces opérations a été menée dans le PS par les « Lambertistes ». Comme on le sait, Lionel Jospin était l’un de ces « pions ». Lorsqu’on demande à des soi-disant « trotskistes » de se comporter
pendant de longues années comme des réformistes, ils finissent par le devenir, comme ce fut le cas de Jospin.
Il est parfaitement évident que la démarche de La Riposte n’a strictement rien à voir avec ce type d’opération. Elle ne mène aucune activité subversive ou sournoise. Ses idées sont affichées et
expliquées au grand jour, lors de réunions publiques, dans son journal et sur son site internet. Loin de vouloir cacher ses idées, La Riposte s’efforce par tous les moyens de les porter à la
connaissance d’un public aussi large que possible. Son approche envers l’ensemble des communistes est fraternelle et constructive. Elle contribue ainsi au débat démocratique au sein du PCF, sans
le moindre sectarisme. Indépendamment des divergences qui existent entre La Riposte et la direction actuelle du parti, nous encourageons tous nos lecteurs et sympathisants à participer pleinement
et loyalement aux campagnes publiques et à la vie interne du PCF.
Nous ne céderons pas un pouce de nos idées marxistes. Mais en même temps, le PCF pourra toujours et en toutes circonstances compter sur le soutien de La Riposte. Le communiqué de presse que nous
avons publié, lors des dernières élections municipales, résume assez bien notre approche :
« La Riposte appelle les électeurs à voter massivement, aux élections municipales, pour infliger une défaite cinglante aux partis de droite. Au premier comme au deuxième tour, il faut se
mobiliser autour des listes du PCF ou soutenues par le PCF. A l’heure où le capitalisme et ses représentants politiques nous imposent la démolition des conquêtes sociales sur toute la ligne, une
progression électorale des partis de gauche encouragera tous ceux qui luttent contre Sarkozy et son gouvernement.
« La Riposte milite pour que le PCF tourne le dos au réformisme vaguement "anti-libéral" qui caractérise son programme actuel. Les compromis et renoncements successifs de ces dernières
années l’ont considérablement affaibli sur les plans organisationnel et électoral. Nous voulons que le parti renoue avec des idées authentiquement communistes. C’est la seule façon, pour le
parti, d’inverser son déclin. La Riposte s’est catégoriquement et publiquement opposée, par exemple, à la présence de candidats du PCF sur des listes communes avec le MoDem, au premier comme au
deuxième tour.
« Cependant, malgré ces divergences importantes, et conformément à nos engagements lors des élections précédentes, nous considérons qu’il est indispensable que tous les adhérents et sympathisants
du PCF se mobilisent pour renforcer le parti et son assise électorale. »
Ceci est assez clair, non ? Et pourtant, au lieu de combattre les véritables idées de La Riposte, l’article de Vive le PCF préfère nous présenter comme le prolongement, en France, d’un vaste
complot international dirigé par d’obscurs personnages ! Ainsi se poursuit l’accusation de notre Inquisiteur : « Selon la doctrine de leurs inspirateurs directs affichés, les obscurs Ted Grant et
Alan Woods, ils font de l’entrisme le fondement de leur pratique politique. Cette doctrine les a amenés à adhérer au Parti Travailliste en Grande-Bretagne et au Parti Socialiste en France. Depuis
quelques années, dans la situation de crise traversée par le PCF, ils décident de changer de parti, de passer du PS au PCF. Si l’on suit leur principe entriste, ce ne peut être qu’en espérant
influencer des militants communistes en déshérence. »
Ce passage est le fruit soit de l’ignorance, soit de la malveillance – et sans doute des deux à la fois. Essayons d’y répondre aussi succinctement que possible. Premièrement, Alan Woods est un
militant et un théoricien marxiste assez connu. Il n’a certainement rien d’« obscur ». Il est l’auteur de nombreux livres sur le marxisme. En 2004, une centaine de militants est venue l’écouter,
au siège fédéral du PCF de Paris, lors d’une réunion publique sur la révolution vénézuélienne. Alan reviendra animer une série de réunions publiques en France, l’année prochaine. Au Venezuela, il
est très connu pour ses idées marxistes et comme fondateur de la campagne Pas touche au Venezuela ! Il y a quelques semaines, il a fait une tournée de réunions publiques très réussie, dans ce
pays (voir ici). Chavez cite souvent ses livres, à la télévision. Bref, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute qu’au Venezuela (et dans d’autres pays), Alan Woods est beaucoup plus connu – ou
beaucoup moins « obscur » – que ne le sont les responsables de Vive le PCF dans le seul quinzième arrondissement de Paris.
Quant à Ted Grant, il faut reconnaître qu’il est beaucoup moins en vue qu’Alan Woods, ces derniers temps. Ce n’est pas vraiment de sa faute, d’ailleurs, puisqu’il est mort en 2006. Mais de son
vivant, il n’avait, lui non plus, absolument rien d’« obscur » ! Notons enfin que l’auteur de cette attaque contre La Riposte, qui affiche une grande méfiance à l’égard tout ce qui lui semble «
obscur », n’a pas lui-même souhaité apparaître au grand jour : il n’a pas signé son texte.
Il est totalement faux de dire que Ted Grant et Alan Woods « font de l’entrisme le fondement de leur pratique politique. » Par contre, ce qu’ils ont toujours défendu, c’est l’idée que les
marxistes ne doivent pas s’isoler du mouvement ouvrier, à la manière des sectes ultra-gauchistes, et qu’ils doivent au contraire participer activement aux luttes et aux organisations
traditionnelles des travailleurs. Nous sommes tout à fait d’accord avec cette idée, qui était aussi celle de Marx et de Lénine. Quant au Parti Travailliste, en Grande-Bretagne, il a toujours eu
une aile marxiste – depuis sa création, en 1900, jusqu’à nos jours. L’activité des marxistes du journal Socialist Appeal s’inscrit dans cette tradition. Pour l’information des « léninistes » de
Vive le PCF, Lénine lui-même insistait fortement, lors de la formation de l’Internationale Communiste, pour que les communistes britanniques participent activement au Parti Travailliste.
Aujourd’hui, malgré tout ce que l’on peut reprocher aux dirigeants pro-capitalistes de ce parti, le fait est que le Parti Travailliste est le seul parti de la classe ouvrière britannique. Dès
lors, les marxistes britanniques ont parfaitement raison d’y participer et d’y livrer une bataille politique contre Gordon Brown et ses amis.
Vive le PCF présente d’une façon complètement inexacte l’attitude de La Riposte, en France, vis-à-vis du Parti Socialiste et du Parti Communiste. Lorsque La Riposte a été lancée, dans les années
90, elle n’avait aucune influence et aucune « base » proprement dite – ni au PS, ni au PCF, ni nulle part ailleurs, pour être tout à fait franc. L’association était ouverte à tous ceux qui
s’intéressaient aux idées du marxisme – qu’ils soient ou non membres du PCF, du PS ou d’un syndicat. Ce qui nous importait, c’était de regrouper ceux qui voulaient se battre pour nos idées
révolutionnaires. Cette approche générale n’a pas changé, depuis. La Riposte est ouverte à tous ceux qui veulent militer pour les idées du marxisme. Si des militants du PS adhèrent à ces idées et
veulent nous rejoindre, ils seront les bienvenus. Cependant, dans la pratique, il s’est avéré qu’une large majorité des militants qui
exprimaient un intérêt pour nos idées venait du PCF, du MJCF et de la CGT – ce qui ne devrait surprendre personne. Ainsi, La Riposte n’est pas « passée du PS au PCF », comme l’affirme Vive le
PCF. Ce sont plutôt des militants du PCF qui sont « passés » à La Riposte – tout en restant au PCF.
Ceci dit, il est vrai qu’à partir de 2002, alors que la majorité de nos membres étaient au PCF, notre association a décidé qu’elle soutiendrait désormais le PCF électoralement et encouragerait la
jeunesse et les travailleurs à adhérer au parti, afin de le renforcer face à la droite et au capitalisme. Cette décision répondait d’ailleurs aux appels de Marie-George Buffet pour que les
associations de gauche se rassemblent autour du parti. Depuis, l’influence de La Riposte n’a cessé de grandir, à l’intérieur comme à l’extérieur du PCF, grâce à notre travail patient et
systématique d’explication des idées du marxisme. Et c’est bien évidemment cela qui pose problème à Vive le PCF. L’histoire de « l’entrisme » et du « passage au PCF » n’est qu’une tentative –
parmi d’autres – de discréditer La Riposte à peu de frais, sans prendre la peine de répondre à ses idées.
Enfin, rappelons qu’au cours des 30 dernières années, le problème du PCF fut beaucoup moins l’« entrisme » que le « sortisme », pour ainsi dire. Le parti a perdu des centaines de milliers
d’adhérents. Comme nous l’expliquons dans notre projet de texte alternatif, cette hémorragie de militants fut la conséquence du caractère de plus en plus ouvertement réformiste du programme du
parti et, surtout, du comportement de sa direction sous les gouvernements Mitterrand et Jospin. Ce n’est pas La Riposte qui a affaibli le PCF. Au contraire, elle est là pour aider les communistes
à redresser la barre.
La Riposte conserve, bien évidemment, sa structure propre. Ce que les responsables de Vive le PCF appellent un « groupe extérieur » est tout simplement une organisation distincte et indépendante
par rapport aux structures du PCF. Ceci est parfaitement sain et normal. Il ne faut pas tout mélanger. Tous les aspects de l’activité militante de La Riposte – la publication du journal,
l’organisation de réunions publiques, l’impression de livres, de tracts et d’affiches, les déplacements, les frais postaux, etc. – coûtent de l’argent. Ces mêmes activités doivent être gérées
collectivement et démocratiquement par les adhérents de l’association. Tous les communistes comprendront que ceci implique un minimum d’organisation, dont un système de cotisations. Ce n’est pas
au PCF de financer les activités de La Riposte. Reprocher à La Riposte d’être « organisée », c’est lui reprocher son existence même. L’un ne va pas sans l’autre. Le journal et toutes les
activités de La Riposte sont entièrement financés par les communistes qui sont adhérents ou sympathisants de l’association. C’est-à-dire qu’en plus de leur cotisation au parti, ils versent une
cotisation mensuelle à La Riposte. Les finances de La Riposte doivent être totalement séparées de celles du parti.
Les communistes comprendront aisément que le fait de nous doter de structures propres n’implique nullement que nous « complotons » contre le PCF. La tentative de dénigrer les camarades du parti
qui soutiennent les idées de La Riposte en les présentant comme autant d’« antennes » d’obscures forces extérieures et « anglo-saxonnes » – n’aboutira à rien. Si La Riposte progresse, c’est parce
que les idées qu’elle défend correspondent aux convictions profondes de nombreux communistes. Parmi ces camarades, il y a des jeunes – heureusement ! –, mais il y en a aussi beaucoup qui sont
membres du PCF depuis 20, 30 ou 40 ans. Certains sont des secrétaires de section ou de cellule. D’autres ont représenté le parti aux élections municipales, cantonales ou législatives. D’autres
encore ont d’importantes responsabilités syndicales. Traiter ces camarades d’éléments « extérieurs » au parti, comme le fait Vive le PCF, est parfaitement grotesque. Nous pouvons comprendre que
les animateurs de Vive le PCF veuillent empêcher la progression de La Riposte. Mais ils n’y parviendront pas en cherchant à dénigrer et marginaliser nos militants. La seule façon de lutter contre
La Riposte serait de démontrer en quoi ses idées ne sont pas valables. Si les animateurs de Vive le PCF sont incapables d’affronter La Riposte sur le terrain des idées, ils finiront tout
simplement par se discréditer.
Mais revenons au brûlot de notre détracteur anonyme, qui n’a pas tout à fait fini de vider son sac, ou plutôt sa poubelle : « Depuis qu’ils sont au PCF, [les militants de La Riposte] tentent de
propager, principalement par internet, indépendamment de toute base militante, des textes susceptibles de convenir aux communistes restés marxistes. Leurs écrits, par exemple sur Cuba, se sont
adaptés à leur nouveau parti. »
Passons sur l’idée selon laquelle les membres et les sympathisants de La Riposte n’auraient « aucune base militante » : nous y avons déjà répondu plus haut. Ce qui nous intéresse, ici, c’est la
spectaculaire découverte de notre critique : La Riposte aurait changé de position sur la révolution cubaine, de façon à « s’adapter » au PCF ! Si c’est exact, notre anonyme enquêteur doit – comme
tout bon policier – avoir à sa disposition des documents de La Riposte qui établissent clairement ce changement de position. Hélas ! De tels documents n’existent pas, pour une raison simple : la
position de La Riposte sur Cuba, telle que nous l’avons développée dans de nombreux textes, n’a jamais varié (voir ici). Comme sur tant d’autres points, l’insinuation de Vive le PCF ne correspond
à aucune réalité.
Entraîné par le flot irrésistible de ses erreurs, notre ami enchaîne : « [La Riposte] bénéficie d’une complaisance certaine de la part des directions les plus réformistes du PCF, notamment à
Paris qui peuvent y trouver un dérivatif, un repoussoir, une entrave à l’union des communistes opposés à la liquidation du PCF. » Voilà une nouvelle tout à fait stupéfiante ! Ainsi, les
dirigeants nationaux du PCF soutiendraient La Riposte ou faciliteraient son travail dans le but de diviser les communistes opposés à la liquidation du parti. Ce soutien serait particulièrement
appuyé – Dieu sait pourquoi – dans le cas des dirigeants de la Fédération du PCF de Paris. Vraiment, quelle absurdité ! Les relations entre les animateurs parisiens de La Riposte, d’une part, et
les responsables fédéraux du PCF Paris, de l’autre, sont tout à fait cordiales et fraternelles, malgré nos désaccords sur le plan politique. Mais La Riposte n’a jamais rien demandé aux dirigeants
fédéraux parisiens – et inversement. Par exemple, aucun militant de La Riposte ne siège au Conseil Fédéral. Là encore, soit les responsables de Vive le PCF précisent de quelles « complaisances »
ils parlent, soit les militants du PCF devront tirer la conclusion qu’ils ont affaire à une pure invention, dont l’objectif est de discréditer à bon compte à la fois La Riposte et la direction
fédérale du PCF Paris.
Les lignes que nous venons de citer sont immédiatement suivies de celles-ci : « C’est ce que constatent aussi nos camarades italiens de la Refondation Communiste dans la préparation de leur
congrès où une motion parasitaire de l’antenne italienne du même groupe essaie de faire diversion avec la bénédiction des directions sortantes désavouées depuis les dernières élections. » En
résumé, en plus d’être les acteurs d’un complot orchestré de l’extérieur – quelque part chez les « anglo-saxons » –, les militants de La Riposte sont en fait à la solde des « liquidateurs » du
parti, avec pour mission de diviser les adversaires de la liquidation. Et, pour preuve, Vive le PCF évoque le comportement supposé de nos camarades italiens de Falce Martello – qui, comme «
antenne » de la même conspiration internationale, seraient évidemment à la solde du liquidateur Bertinotti… Vraiment, si tout ceci est vrai, les travailleurs du monde entier devront une éternelle
reconnaissance à Vive le PCF pour avoir démasqué une aussi monstrueuse cabale internationale !
Malheureusement pour Vive le PCF, les faits ont clairement démenti ces accusations absurdes. Quelques jours après la publication de l’article de Vive le PCF, le congrès du Parti de la Refondation
Communiste (PRC) s’est tenu, où la réalité des alliances est apparue au grand jour. Nos camarades de Falce Martello se sont toujours vigoureusement opposés à la liquidation du PRC, tout comme La
Riposte s’oppose à la liquidation du PCF. Au congrès du PRC, nos camarades italiens détenaient un pourcentage des voix susceptible de donner une majorité aux adversaires des « liquidateurs ». Et
c’est évidemment ce qu’ils ont fait (voir ici). Sans l’apport de Falce Martello, les liquidateurs Bertinotti et Vendola seraient toujours à la tête du PRC – et la résolution finale du congrès,
qui exclut toute dissolution du parti, n’aurait pas été majoritaire. Nous laissons à Vive le PCF le soin de nous expliquer pourquoi des camarades qu’ils décrivent comme des « parasites » et des
agents des liquidateurs ont contribué à leur infliger une cinglante défaite.
Cette accumulation d’erreurs grossières, de mensonges et d’insinuations malveillantes ne fait pas honneur aux animateurs de Vive le PCF. On n’ose pas imaginer l’ambiance qui régnerait dans le
parti s’ils en prenaient la direction ! Nous sommes persuadés que des attaques de ce genre ne font pas l’unanimité parmi les sympathisants de Vive le PCF, dont plusieurs nous ont d’ailleurs fait
part de leur sympathie et de leur soutien. L’affrontement nécessaire entre les différents programmes et orientations, au sein du parti, doit se faire dans la clarté et la fraternité. Certes,
chaque « courant » peut défendre ses idées vigoureusement, avec fermeté. Mais des textes comme celui qu’a publié Vive le PCF ne sont pas constructifs. Ils ne font qu’ajouter à la confusion.
Quelle était la principale motivation de Vive le PCF, en publiant cet article contre La Riposte ? C’est assez simple. Les responsables de Vive le PCF préparent un texte alternatif pour le congrès
du PCF de décembre prochain. De ce point de vue, ils voient la publication de notre projet de texte alternatif – Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme – comme une initiative « parasitaire »,
pour reprendre leur terminologie. En d’autres termes, nous leur faisons de l’ombre. Mais encore une fois, nous leur conseillons de répondre au contenu politique de notre texte, plutôt que de
chercher, par de basses attaques, à provoquer la méfiance des militants communistes – qui sont moins bêtes que semble le penser Vive le PCF. Pour notre part, nous dirons ce que nous pensons du
texte alternatif de Vive le PCF, lorsqu’il sera publié. Et nous restons ouverts à une discussion sérieuse et fraternelle avec tous les camarades qui le souhaitent, dans le but de confronter nos
idées et d’enrichir le débat interne au parti. C’est la seule méthode de discussion correcte, entre militants communistes.
Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)
Publication : jeudi 14 août 2008