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actualité politique nationale et internationale

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LA GUERRE DES PAYSANS

  Vous trouverez ci dessous le premier chapître du livre de Jean Baumgarten dont le titre est "La Servitude Volontaire"



La servitude volontaire selon Etienne de La Boétie.



Que nous apporte aujourd’hui le texte d’Etienne de La Boétie ? Près de 460 ans après, un grand coup de fraîcheur, une mine de réflexions toujours valables aujourd’hui sur les sources et les modalités de la « servitude volontaire » (chez tous ceux qui devraient pourtant se révolter, lutter contre elle, ne jamais l‘accepter).

C’est en 1948, à l’âge de 16 ans que, par l’ancien ami de ma sœur, René Bleibtreu, je pris connaissance de « La servitude volontaire », comme d’un texte unique qui posait  tous les problèmes fondamentaux auxquels était confrontée l’humanité. Il faut noter que chez tous les militants de cette époque le poids qu'avait représentée la guerre de 1914 pour le mouvement ouvrier était énorme et c'est principalement sur ce sujet ( la révolte contre les guerres impérialistes) que le livre de La Boëtie était passionnant à lire. A l’époque seuls les trotskistes et les anarchistes étaient intéressés par ce texte et pouvaient en parler. Il y a depuis plusieurs années beaucoup de personnes qui ont lu et commenté ce texte, Pierre Bourdieu ou Pierre Clastres  avec autour d’eux des jeunes universitaires.

Analysons ensemble La servitude volontaire et retirons en le suc délectable.

1) Faut-il un maître ou plusieurs?

Se référant à Ulysse qui se pose la question, les premières phrases de ce livre éliminent d’emblée le choix d’avoir un maître ou d’en avoir plusieurs (un maître auquel on est assujetti est un malheur extrême, ne parlons pas de l’assujettissement à plusieurs maîtres!)

En passant, La Boétie se demande si la République ne vaudrait pas mieux que la Monarchie, mais laisse au lecteur le soin de comprendre que cela l’entraînerait trop loin… 
«  … avant de chercher quel rang la monarchie doit occuper parmi les divers modes de gouverner la chose publique, je demanderais si l’on doit même lui en accorder aucun, car il est difficile de croire qu’il y ait rien de public dans ce gouvernement où tout est à un seul » : la question est donc réglée. Ni un maître ni plusieurs .

2) Pourquoi supporter un maître?

Après cette entrée en matière qui pose le premier problème, celui de la nature et de l’origine du gouvernement, il aborde le problème de savoir comment et pourquoi des millions d’individus supportent un tyran seul «  qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. » Voici donc déjà décrite la faiblesse des hommes, obéissant, temporisant, sans lutter. « … que mille, un million, mille villes ne se défendent pas contre un seul homme, cela n’est que couardise… »

Or un tyran seul, pourvu que le pays ne consente pas à sa servitude, ne fait pas le poids et est condamné à perdre à court et moyen terme. Et plus loin La Boétie invente une nouvelle tactique, non-violente, qu’aucun homme contemporain ne refuserait et qui a montré ses preuves ( en tous cas partiellement au XXème siècle ) : « Si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les  frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte. » Mais hélas les hommes si prompts à avoir des désirs, des passions, se refusent à avoir celles de la …liberté ! Les hommes sont tués à la guerre pour le tyran qu’ils se sont donné, ils laissent piller leurs champs, dépouiller leurs maisons. «  D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper s’il
ne vous les emprunte? »   Et ainsi, le tyran reçoit de vous mêmes tous les biens toutes les luxures dont il se délecte, toutes les indignités «  que les bêtes elles mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient… »

Nous avons donc dès les premières pages de ce texte une idée précise sur la nécessité de  rejeter toute forme de tyrannie, de trouver des formes nouvelles de révolte non violente et de montrer à tous quelles sont toutes les formes de la tyrannie, qui partent des guerres de rapine, des formes de luxure etc.

3) Les conditions dans lesquelles se profile le mal :


Ensuite La Boétie examine quelles sont les conditions dans lesquelles se profile le mal qu’il analyse en détail. Comment se fait-il ainsi que nous ne vivions pas avec les droits que nous concède la nature? Et que nous ne vivions pas avec ses préceptes qui sont pourtant d’une grande simplicité :  la nature nous a créé dans le même moule pour nous montrer que nous sommes tous égaux et « frères » et ne nous a pas mis au monde « comme sur un champ de bataille ». « Comment douter alors que nous ne soyons naturellement libres, puisque nous sommes tous égaux »?

En se référant ainsi à l’égalité entre tous les hommes, La Boétie introduit  un élément nouveau dans sa problématique. Ce nœud, cet élément nouveau c’est celui de l’inégalité économique qui caractérise toutes les sociétés capitalistes. Or au moment où est écrit ce livre, le capitalisme est en train de se constituer en force dans toute l’Europe du nord, en Italie du nord et dans la majorité du territoire français. Nous nous trouvons là dans une nouvelle perspective, à savoir celle d’une lutte commune pour retrouver l’égalité qui va de pair avec la fraternité et évidemment avec la liberté : 240 ans avant le début de la révolution française, nous retrouvons ici  la trilogie « liberté, égalité, fraternité », et nous retrouvons aussi clairement le nœud qui regroupait au seizième siècle ( pas très loin de 1549 date où ce livre a été écrit)  les combats qui caractérisèrent la guerre des paysans, c’est -à -dire celle des ana-baptistes, des paysans allemands, français, hollandais, etc. (1) qui luttèrent, le plus souvent violemment,  contre les coalitions d’hommes en armes, financées par les Princes, les dignitaires de l’église officielle, les Bourgeois, et l’ensemble de leurs forces, combattant contre un nombre considérable de paysans, d’intellectuels déracinés, de petits bourgeois  « prolétarisés ».  La guerre des paysans toucha plusieurs contrées du nord et du centre de l’Europe : l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande, la France,  (l’Alsace)  après avoir à la fin du XVème touché la Tchécoslovaquie     (la révolte de Jean Huss) et aussi l’Angleterre. La guerre des paysans proprement dite « la guerre des gueux », se déroula de 1524 à 1527 et se termina par le massacre impitoyable  de toute sa direction et de plusieurs milliers de paysans. Il y eut au XVIème siècle des « guerres de religion » dans toute l’Europe, mais aucune de ces guerres ne toucha à un tel point deux masses de populations à ce point antagonistes. Après l’échec de la guerre des paysans il y eut en 1534 une resucée en Allemagne : Jean de Leyde, (Jean Bockelsoon  dit également  Jan  von  Leyden)  cabaretier  en Hollande, à la tête d’une centaine de ses partisans, se déplaça en Allemagne du nord et prit pied dans la commune libre de Münzer, où ils arrivèrent ensemble, après plusieurs semaines d’agitation auprès de la population, à prendre le contrôle de la ville !

Dans ce paragraphe sont analysés en réalité, sous le couvert de l’égalité, tous les points qui ont toujours fait le malheur des hommes à savoir les conditions d’inégalité, d’injustice  sociale, toutes les différences liées aux origines des hommes à leur famille, etc.

Frédéric Engels a consacré un livre remarquable à la guerre des paysans ( qui est principalement une guerre contre les inégalités et les injustices sociales ), dans lequel il procède à une véritable analyse de classe et montre à quel point les intérêts des paysans de l’époque étaient contraires à ceux de la bourgeoisie montante.

Il suffirait à tout historien sensé de relire «  La guerre des     paysans » pour appliquer parfaitement  à la Grande Révolution Française l’analyse de classe définie par Engels. Dans un extrait important de ce livre cité plus loin nous retrouverons précisément cette analyse de classe fine qui s’applique encore plus parfaitement à la Révolution Française.

Cette guerre des paysans  reprit en 1534 en Hollande, sous une forme moins parfaite qu’en 1524 : une poignée « d’ anabaptistes », menés par l’ex - cabaretier  Jean de Leyde partirent de Hollande à une centaine, descendirent en Allemagne du Nord en grossissant leurs rangs, et  en entraînant une foule de paysans pauvres et de petits bourgeois radicalisés, et choisirent pour finir de résider dans la commune libre de Münzer au nord de l’Allemagne qu’ils occupèrent puis dirigèrent  durant un an en résistant face à une coalition de Princes allemands, qui finirent grâce à une trahison, à occuper la ville et à massacrer d’une manière horrible tous les insurgés à commencer évidemment par Jean de Leyde dont la tête fut pendue au dessus de la porte principale de la ville durant un an. (Gabriel d’Aubarède a parfaitement décrit ce que fut cette expérience incroyable…)

Voici ici le texte d’Engels issu de « La Guerre des paysans » qui se déroula 10 ans plus tôt :

« Le peuple allemand a, lui aussi, ses traditions révolutionnaires. Il fut un temps où l'Allemagne a produit des hommes qu'on peut comparer aux meilleurs révolutionnaires des autres pays, où le peuple allemand fit preuve d'une endurance et d'une énergie qui, dans une nation centralisée, eussent donné les résultats les plus grandioses, où les paysans et les plébéiens allemands caressèrent des idées et des projets devant lesquels leurs descendants frémissent assez souvent d'horreur aujourd'hui encore…l'essor de la production nationale de l'Allemagne était resté inférieur à celui des autres pays. L'agriculture était très en retard sur celle de l'Angleterre et des Pays-Bas; l'industrie sur celle de l'Italie, des Flandres et de l'Angleterre et, dans le domaine du commerce maritime, les Anglais, et en particulier les Hollandais, commençaient déjà à évincer les Allemands. La population était encore très disséminée. La civilisation en Allemagne n'existait qu'à l'état sporadique, groupée autour de centres industriels et commerciaux isolés …  Dans la population rurale, seule la noblesse était en contact avec des cercles plus larges et des besoins nouveaux. Quant aux paysans, dans leur grande masse, ils ne dépassèrent jamais le cadre des relations de voisinage et de leur étroit horizon local….

« Le train de vie joyeux des évêques et des abbés ventripotents et de leur armée de moines provoquait la jalousie de la noblesse et indignait d'autant plus le peuple qui devait en supporter les frais, qu'il était en contradiction plus criante avec leurs sermons.

La fraction plébéienne du clergé se composait des curés des villages et des villes. Ils étaient en dehors de la hiérarchie féodale de l'Eglise, et ne participaient en aucune façon à ses richesses. … C'est pourquoi ils étaient beaucoup plus mal payés et leurs prébendes étaient la plupart du temps très minces. D'origine bourgeoise ou plébéienne, ils étaient assez près de la situation matérielle de la masse pour conserver, malgré leur état de prêtres, des sympathies bourgeoises et plébéiennes. La participation aux mouvements de l'époque, qui n'était qu'exception chez les moines, était de règle chez eux. Ils fournirent les théoriciens et les idéologues au mouvement, et un grand nombre d'entre eux, représentants des plébéiens et des paysans, moururent pour ce fait sur l'échafaud. Aussi la haine du peuple contre les prêtres ne se tourne-t-elle que rarement contre eux … A la tête de la société urbaine se trouvait le patriciat, ceux qu'on appelait les  notables. Il se composait des familles les plus riches. Elles seules siégeaient au Conseil et occupaient toutes les fonctions municipales.

Ainsi elles n'administraient pas seulement les revenus de la ville, elles en vivaient également… L'opposition plébéienne se composait des bourgeois déclassés et de la masse des citadins privés des droits civiques : les compagnons, les journaliers et les nombreux éléments embryonnaires du Lumpen-proletariat, cette racaille que l'on trouve même aux degrés les plus bas du développement des villes. Le Lumpen-proletariat constitue d'ailleurs un phénomène qu'on retrouve plus ou moins développé dans presque toutes les phases de la société passée. La masse des gens sans gagne-pain bien défini ou sans domicile fixe était, précisément à cette époque, considérablement augmentée par la décomposition du féodalisme dans une société où chaque profession, chaque sphère de la vie était retranchée derrière une multitude de privilèges. Dans tous les pays développés, jamais le nombre de vagabonds n'avait été aussi considérable que
dans la première moitié du XVIe siècle. De ces vagabonds, les uns s'engageaient, pendant les périodes de guerre, dans les armées, d'autres parcouraient le pays en mendiant, d'autres enfin s'efforçaient, dans les villes, de gagner misérablement leur vie par des travaux à la journée ou d'autres occupations non accaparées par des corporations. Ces trois éléments jouent un rôle dans la Guerre des paysans : le premier, dans les armées des princes, devant lesquelles succombèrent les paysans; le deuxième, dans les conjurations et les armées paysannes, où son influence démoralisante se manifeste à chaque instant; le troisième, dans les luttes des partis citadins.. ..

Jusqu'à la Guerre des paysans, l'opposition plébéienne ne participe pas aux luttes politiques en tant que parti. Elle ne se manifeste que comme prolongement de l'opposition bourgeoise, appendice bruyant, avide de pillages, se vendant pour quelques tonneaux de vin. Ce sont les soulèvements des paysans qui la transforment en un parti, et même alors elle reste presque partout, dans ses revendications et dans son action, dépendante des paysans - ce qui prouve de façon curieuse à quel point les villes dépendaient encore à cette époque de la campagne…

Ce n'est qu'en Thuringe, sous l'influence directe de Münzer, et en divers autres lieux, sous celle de ses disciples, que la fraction plébéienne des villes fut entraînée par la tempête générale au point que l'élément prolétarien embryonnaire l'emporta momentanément sur toutes les autres fractions du mouvement. Cet épisode, qui constitue le point culminant de toute la Guerre des paysans et se ramasse autour de sa figure la plus grandiose, celle de Thomas Münzer, est en même temps le plus court…Cette division de toute la nation en deux grands camps, qui existait au début  de la première Révolution française et que l'on constate maintenant aussi à une étape supérieure du développement dans les pays les plus avancés, était purement impossible dans les conditions d'alors. Elle ne pouvait s'établir, même très approximativement, que lorsque la couche inférieure de la nation, les paysans et les plébéiens, exploitée par tous les autres ordres, se souleva. …

Dès le début des premiers mouvements en Souabe, Thomas Münzer était revenu en toute hâte en Thuringe et s'était établi, fin février où début de mars, dans la ville libre de Mulhausen où ses partisans étaient le plus nombreux. Il tenait dans ses mains les fils de tout le mouvement.  Il savait quelle tempête générale était sur le point de se déchaîner sur l'Allemagne du Sud et avait pris sur lui de faire de la Thuringe le centre du mouvement pour l'Allemagne du Nord. Il trouva un terrain tout à fait fécond. La Thuringe elle-même, principal centre de la Réforme, était extrêmement agitée. La misère matérielle des paysans, ainsi que les doctrines révolutionnaires religieuses et politiques en circulation, avaient également préparé les contrées voisines : la Hesse, la Saxe et le Hartz à une insurrection générale. A Mulhausen en particulier, la grande masse de la petite bourgeoisie était gagnée aux idées extrêmes de Münzer
et était impatiente de faire valoir sa supériorité numérique sur l'orgueilleux patriciat. Münzer lui-même se vit contraint, pour ne pas anticiper sur le moment opportun, de modérer l'ardeur de ses partisans. Mais son disciple Pfeifer, qui dirigeait le mouvement à Mulhausen, s'était déjà tellement compromis qu'il se trouvait dans l'impossibilité de retarder l'explosion, et c'est pourquoi, dès le 17 mars 1525, avant même le soulèvement général dans l'Allemagne du Sud, Mulhausen fit sa révolution. Le vieux Conseil patricien fut renversé et le gouvernement de la ville confié au nouveau « Conseil éternel », dont Münzer fut nommé président…. 

En Alsace l'insurrection avait éclaté plus tard que sur la rive droite du Rhin. Ce n'est que vers la mi-avril que les paysans de l'évêché de Strasbourg, puis peu après ceux de la Haute-Alsace et du Sundgau se soulevèrent. Le 18 avril une armée de paysans de la Basse Alsace pilla le monastère d'Altdorf. D'autres armées de paysans se constituèrent près d'Ebersheim et de Barr, ainsi que dans la vallée de la Willer et de l'Urbis. Toutes ces armées s'unirent pour former la grande armée de la Basse-Alsace, organisèrent la prise des villes et des bourgs et la destruction des monastères.

Partout on mobilisa un homme sur trois…Tandis qu'une colonne de paysans de Basse-Alsace se rassemblait au début de mai près de Saint-Hippolyte et, après une vaine tentative de s'emparer de cette ville, entrait le 10 mai à Barken, le 13 à Ribeauvillé, le 14 à Riquewihr, de connivence avec les bourgeois de ces différentes villes, une deuxième colonne, ayant à sa tête Erasmus Gerber, marcha sur Strasbourg pour s'en emparer par surprise. La tentative échoua. La colonne se tourna alors dans la direction des Vosges, détruisit le cloître de Marmoutier et assiégea Saverne, qui se rendit le 13 mai. De là, elle marcha sur la frontière lorraine et souleva la partie contiguë du duché, tandis qu'en même temps elle fortifiait les défilés de la montagne. De grands camps furent constitués à Herbitzheim, sur la Sarre et à Neubourg. A Sarreguemines 4000 paysans lorrains-allemands se retranchèrent. Deux colonnes avancées, celle de Kolben dans les Vosges à Sturzelbronn, et celle de Kleeburgen, à Wissembourg, couvrirent le front et le flanc droit tandis que le flanc gauche s'appuyait sur les paysans de la Haute-Alsace.

Ces derniers, en mouvement depuis le 20 avril, avaient obligé le 10 mai Soultz, le 12 Guebwiller, le 15 Cernay et les environs à adhérer à la confrérie paysanne. Le gouvernement autrichien et les villes libres des environs se liguèrent certes immédiatement contre eux, mais furent hors d'état de leur opposer une résistance sérieuse, à plus forte raison de les attaquer. C'est ainsi qu'à l'exception d'un petit nombre de villes l'Alsace tout entière était, vers le milieu de mai, aux mains des insurgés….

La ville de Salzbourg, soutenue par les paysans et les mineurs des environs, était depuis 1522 en conflit avec l'archevêque au sujet de ses privilèges municipaux et de l'exercice du culte. A la fin de 1524, l'archevêque attaqua la ville par surprise avec des mercenaires qu'il avait recrutés, utilisa les canons du château pour la terroriser et poursuivit les prédicateurs hérétiques. En même temps il édicta de nouveaux et lourds impôts et excita ainsi à l'extrême la population. …De même, en Styrie, dans la Haute-Autriche, en Carinthie et en Carniole, où de nouveau impôts, droits de douanes et décrets illégaux avaient lourdement atteint le peuple dans ses intérêts les plus directs, l'insurrection des paysans éclate au printemps de 1525. Ils s'emparèrent d'un certain nombre de châteaux... Quoique le gouvernement réussit par des promesses illusoires à calmer une partie des insurgés, la plupart d'entre eux restèrent rassemblés et se joignirent aux insurgés de Salzbourg, de telle sorte que toute la région de Salzbourg et la plus grande partie de la Haute-Autriche, de la Styrie, de la Carinthie et de la Carniole étaient entre les mains des paysans et des mineurs. Au Tyrol, les doctrines de la Réforme avaient trouvé également de nombreux adhérents. Plus encore que dans les autres régions des Alpes autrichiennes, des émissaires de Münzer y avaient déployé une activité couronnée de succès. L'archiduc Ferdinand poursuivit là aussi les prédicateurs de la nouvelle doctrine et porta également, par de nouveaux règlements fiscaux arbitraires, atteinte aux privilèges de la population. La conséquence fut que l'insurrection éclata, comme partout ailleurs au printemps de 1525. Les insurgés, dont le chef suprême Geismaier était un disciple de Münzer, le seul chef paysan qui possédait un éminent talent militaire, s'emparèrent d'une grande quantité de châteaux et entreprirent une action très énergique contre les prêtres (2), surtout dans le Sud, dans la région de l'Adige.

Les paysans du Vorarlberg, se soulevèrent également et s'unirent aux paysans de l'Allgäu. L'archiduc acculé de tous côtés fit concession sur concession aux rebelles, qu'il voulait encore exterminer quelque temps auparavant par le fer et par le feu. Il convoqua les diètes des pays héréditaires et conclut, jusqu'au moment de leur réunion, un armistice avec les paysans. Entre temps, il s'armait énergiquement pour pouvoir, le plus rapidement possible, parler un autre langage avec les scélérats.

L'armistice ne fut naturellement pas respecté longtemps. Dans les duchés, Dietrichstein, qui commençait à manquer d'argent, se mit à rançonner. Ses troupes slaves et magyares se permirent en outre les plus infâmes atrocités contre la population.

C'est pourquoi les Styriens se soulevèrent à nouveau, assaillirent dans la nuit du 2 au 3 juillet le capitaine Dietrichstein à Schladming et massacrèrent tout ce qui ne parlait pas allemand. Dietrichstein lui-même fut fait prisonnier. Le 3 au matin, les paysans réunirent un tribunal qui condamna à mort 40 nobles tchèques et croates parmi les prisonniers. Ils furent décapités sur-le-champ.

Le résultat ne se fit pas attendre. L'archiduc accepta immédiatement toutes les revendications des Etats des cinq duchés (Haute et Basse-Autriche, Styrie, Carinthie et Carniole).

Au Tyrol également les revendications de la diète furent acceptées, ce qui entraîna la pacification du Nord. Mais le Sud, qui maintenait ses premières revendications en face des décisions plus modérées de la diète, resta en armes. Ce n'est qu'en décembre que l'archiduc réussit à y rétablir l'ordre par la violence. Il n'oublia pas de faire exécuter un grand nombre de meneurs et de chefs de l'insurrection qui tombèrent entre ses mains.

En avril 10000 soldats bavarois, sous le commandement de Georg von Frundsberg, marchèrent sur Salzbourg.

Celle force imposante, ainsi que les dissensions qui éclatèrent entre les paysans, amenèrent les Salzbourgeois à conclure avec l'archevêque un accord qui fut signé le 1er septembre et qu'accepta également l'archiduc. Mais les deux princes, qui avaient entre temps suffisamment renforcé leurs troupes, rompirent bientôt cet accord et poussèrent ainsi les paysans de Salzbourg à se soulever de nouveau. Les insurgés tinrent tout l'hiver.

Au printemps, Geismaier se joignit à eux et engagea une brillante campagne contre les troupes qui approchaient de tous les côtés. Dans une série de combats extrêmement remarquables, il battit les unes après les autres - en mai et en juin 1526 - les troupes bavaroises, autrichiennes et celles de la Ligue souabe, ainsi que les mercenaires de l'archevêque de Salzbourg, et réussit longtemps à empêcher la jonction des différents corps.

Avec cela, il trouva encore le temps d'assiéger la ville de Radstadt. Finalement, cerné de tous côtés par des troupes supérieures en nombre, il fut obligé de se retirer, réussit à passer au travers des lignes ennemies et conduisit les débris de son armée par-dessus les Alpes autrichiennes en territoire vénitien... Les conséquences de la guerre des paysans : La retraite de Geismaier en territoire vénitien mit fin au dernier épilogue de la guerre. Les paysans étaient retombés partout sous la dépendance de leurs maîtres ecclésiastiques, nobles ou patriciens. Les accords qui avaient été conclus ici et là avec eux furent rompus.

Les anciennes charges furent aggravées par les rançons énormes qu'imposaient les vainqueurs aux vaincus. La plus grandiose tentative révolutionnaire du peuple allemand se termina par une défaite honteuse et une oppression momentanément redoublée. Mais avec le temps cependant, la situation de la paysannerie ne fut pas aggravée par l'écrasement de l'insurrection. Tout ce que la noblesse les princes et les prêtres pouvaient leur arracher bon an, mal an, ils le leur arrachaient déjà avant la guerre. Le paysan allemand de l'époque avait ceci de commun avec le prolétaire moderne que sa part des produits du travail se réduisit au minimum des moyens de subsistance nécessaires à son entretien et à la reproduction de la race paysanne. En moyenne, on ne pouvait pas leur prendre davantage. Certes, un grand nombre de paysans moyens assez aisés furent complètement ruinés, une foule de corvéables réduits au servage, des zones entières de terres
communales furent confisquées, un grand nombre de paysans furent jetés, par suite de la destruction de leurs maisons et de la dévastation de leurs champs ainsi que du désordre général, dans le vagabondage ou dans la plèbe des villes. Mais les guerres et les dévastations étaient des phénomènes quotidiens à l'époque, et d'une façon générale, la situation de la classe paysanne était beaucoup trop misérable pour qu'on pût l'aggraver encore de façon durable par l'augmentation des impôts. Les guerres de religion, qui survinrent ensuite, et enfin la guerre de Trente ans, avec ses dévastations et ses dépopulations massives et répétées, frappèrent les paysans beaucoup plus durement que la Guerre des paysans. » (3)

Il y eut environ 100.000 paysans en armes, mais à des périodes et des endroits différents, et autant de troupes menées contre eux mais qui, plus aguerries, mieux concentrées et permanentes, arrivèrent parfois non sans difficultés à battre les « gueux » d’en face. A lire l’extrait d’Engels on se rend compte à quel point la guerre des paysans essaima dans pratiquement toute l’Europe d’alors ! En même temps ( à 20 ans près ce qui est peu ) fut écrite   « La servitude volontaire » (1549) :  il y avait eu en France, dans le Luberon,  un massacre important de paysans, le massacre de Cabrières, où sur une surface de moins de 400 km2, Maynier d’Oppède représentant du roi François 1er avait ordonné à ses troupes de massacrer tous les « Vaudois » (4), c’est-à-dire les représentants réfugiés dans cette région d’une partie des paysans immolés dans cette  « guerre des gueux », qui étaient devenus anabaptistes, donc
réformés.

(Par « Vaudois » on entend à la fois les descendants de Jean Valdo ce prêtre qui en 1180 décida d’abandonner sa fortune et qui se fit « SDF », vivant d’aumônes, et des « Calvinistes » et «  Luthériens »). Les Vaudois il y en eût au Piémont où était parti Jean Valdo et notamment dans la vallée de la Luserne.  Il y eut en quelques semaines au moins 6.000  morts   (sans oublier évidemment tous les pillages qui se succédèrent dans cette région, effectués par les soldats et quelques nobles locaux, tous les morts de faim que l’on compta par milliers, sans oublier des centaines ou des milliers de viols …)

Survint  plus tard la saint Barthélemy (en 1572) et jusqu’à l’avènement d’Henri IV il y eut de nombreux cas de révoltes paysannes et urbaines. N’oublions pas non plus l’assassinat  du roi effectué par Ravaillac, et jusqu’à 1648 différentes révoltes où furent mêlés seigneurs et bourgeois contre la royauté.

Mais la « guerre des paysans » restera le modèle d’une guerre de classes où la haine du seigneur et du bourgeois sera la plus forte.

4) Nous sommes nés avec la passion de défendre la liberté :

en effet on ne peut mettre en servitude un être sans « lui faire tort ». Ainsi même les bêtes entrées en servitude dépérissent …Reste à savoir combien d’hommes vont pouvoir résister !

5)  La première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude.

Mais il existe une minorité qui ne pourra jamais s’y accoutumer et qui luttera contre la servitude volontaire ! ( Nous verrons dans les différents chapitres que le nombre de cette minorité est en général très faible, sauf à quelques moments privilégiés. Comment s’effectuera le partage entre ces deux catégories?  La Boétie n’épilogue pas sur ce sujet difficile : il se contente de noter et de comparer.

La première raison  pour laquelle les hommes servent volontairement, « c’est qu’ils naissent serfs et qu’ils sont élevés comme tels. »

Ayant perdu la liberté les gens s’avachissent, perdent le courage, la vivacité, etc. Il y a bien sûr une contradiction entre les points 4 et 5 : d’un côté il y a la vigueur, le sentiment de l’injustice qui mène certains hommes, qui les conduisent à résister, de l’autre il y a l’habitude ( qui jointe à l’art du maître ou du tyran de soudoyer le petit peuple) conduit de « l’habitude » à la « veulerie » c’est -à -dire à l’obéissance infamante. Comment faire la part des choses?

La Boétie n’entre pas dans ces « détails »! Nous pourrions dire aujourd’hui qu’il existe des cas exceptionnels où le peuple réagit violemment, se met en colère et arrive à déjouer les coups du sort, de sa destinée apparente : ce fut le cas durant la guerre des paysans, durant une partie de la révolution française, durant les trois mois que dura la Commune de Paris, durant les débuts de la Révolution d’octobre en Russie, en France durant quelques semaines en mai 68, pensons aussi aux révoltes anti-coloniales, à ce qui s'est passé et se passe toujours en Amérique latine. ( Je ne cite là que quelques exemples : il y en a plein d’autres à la surface de la terre…) Mais cependant il faut rappeler ici que tous les exemples cités se sont mal terminés (qu' en sera-t-il en Amérique latine aujourd'hui?), et que toujours les hommes puissants, ceux qui avaient le pouvoir, l’ont gardé et ont réussi à déjouer tous les travers,
tous les coups à eux assénés ! Nous verrons plus loin pourquoi les puissants ont gardé le pouvoir et pourquoi (ou plutôt comment!) les « prolétaires » avec leurs alliés l’ont perdu. Cependant on peut dire qu’il existe un élément fondamental qui explique ce maintien au pouvoir (permanent, avec toute une série de manœuvres, de perfidies comme bien sûr l’appui de milliers de gens liés à eux par le pouvoir et qui sont insensibles à tout sentiment de dignité et de justice sociale) c’est bien sûr l’argent, et le pouvoir que donne l’argent …

6) Les tyrans ont non seulement habitué le peuple à l’obéissance et à la servitude, mais également à leur dévotion :

au sommet  il y a les dizaines de gens qui ont le pouvoir. En dessous il y a quelques centaines d’hommes et de femmes qui leur sont directement liés. En dessous il y a quelques milliers de personnes qui sont payés directement pour transmettre les ordres, les directives.

Plus en dessous il y  a plusieurs dizaines de milliers de  personnes qui constituent  la hiérarchie officielle (peu importe ce qu’elles pensent véritablement ) du pouvoir central. En dessous il y a plusieurs centaines de milliers de personnes qui forment le gros des bataillons de l’administration …

Dans nos sociétés bien démocratiques, très policées, nous avons au dessus les riches, les gouvernants, ceux qui ont directement ou indirectement le pouvoir. En dessous nous avons les cadres supérieurs qui ont une parcelle du pouvoir central et qui en jouissent. En dessous nous avons les cadres moyens,  dont une partie seulement soutient le pouvoir. Plus en dessous nous avons les travailleurs qui se divisent en deux catégories : d’une part les fonctionnaires, protégés par leur statut , d’autre part les non fonctionnaires qui ne bénéficient d’aucune protection, mais qui ont un travail. En dessous il y a les chômeurs : d’un côté les chômeurs de longue durée de l’autre les chômeurs de courte durée. Les chômeurs de courte durée évidemment soutiennent ceux qui sont au dessus. Enfin au dernier étage ( au sous-sol ) il y a les SDF, les sans vie, les sans voix, tous ceux qui ne votent pas… ( En dessous il y a les immigrés sans
papier, clandestins qui se cachent et affrontent les pires dangers…) Ai-je ainsi travesti la réalité? Mais il survient des moments extraordinaires dans la vie des peuples où la peur, l’obéissance aux lois et aux puissants, la volonté de se soumettre, la dépendance vis à vis des éléments supérieurs ou des larrons à la solde de la tyrannie, ou la soumission aux règles de la « communication » ( ah, cette sacro-sainte communication si connue de nos Enarques modernes, si appréciée par Chirac, Dominique Galouzeau de Villepin, et maintenant par Nicolas Sarkosy ) ne marche plus : nous sommes effectivement là devant une forme nouvelle de révolte, une forme que tous les bénis-oui-oui  ont peur de voir apparaître : la révolte d’abord qui se métamorphose …en manifestations, en émeutes,  éventuellement en  révolution, ou bien comme au moment du référendum du 29 mai 2.005, en gifle gigantesque pour le pouvoir en place et qui
aujourd’hui, comme dans certains Etats d’Amérique du sud, peut se transformer en votes radicaux changeant fondamentalement une situation politique qui semblait figée, inamovible…

Ce qui est étonnant (et peut-être la définition de Lénine rapportée dans « Que faire » - 1902 -   est-elle exacte : « la classe ouvrière est fondamentalement réformiste »), c’est que la plupart des    révolutions    plébéiennes (prolétariennes ont avorté où ont été trahies jusqu’à présent. Ne parlons pas de toutes celles qui ont éclaté avant le vingtième  siècle et dont celle apparue au 19ème (la Commune) n'a en fait duré que 3 mois, et enfin la dernière grande révolution, la Révolution russe, si en apparence (sur le papier et « formellement ») elle tint le coup jusqu’en 1989, on peut dire que dès 1920-1921 elle se transforma en contre-révolution bureaucratique : elle amena au pouvoir une nouvelle couche sociale de privilégiés, les « nomenclaturistes » qui au fil du temps détinrent tout le pouvoir économique et politique. 

Cependant  il  faut constater en regardant ce qui se passait dans l‘ancienne Russie soviétique, que le peuple, celui qui trime ou est en chômage aujourd‘hui, regrette ce qu‘il avait sous l‘ancien régime et a perdu présentement : le bas niveau des anciens loyers, la sécurité sociale, un travail qui permettait au moins à chacun de vivre à peu près normalement…ll est aujourd’hui évident que les pouvoirs accaparés par les « nomenclaturistes » fabriquent directement  ce que la Boétie appelait la servitude acceptée par la grande majorité des hommes.

( Durant la période stalinienne, ces avantages matériels s’accompagnaient également - comme pour les compenser -  de la déportation forcée de millions de travailleurs.) 

A la lumière de ce qu’a pu nous apporter le livre de la Boétie, nous examinerons un certain nombre de ces révolutions ( à commencer bien sûr par la Révolution de 1789), nous aborderons aussi cette révolution populaire que fut la Commune de Paris, et nous passerons au crible l’ensemble du vingtième siècle, dans ses horreurs, ses espoirs trompés, les illusions qu’il a véhiculées. En passant nous verrons dans un chapitre spécial le cas exceptionnel de la Révolution russe . Enfin nous examinerons le cas particulier de la France qui, après la libération eût à affronter de nombreuses guerres coloniales, puis, après celles ci, affronta un mouvement social sans précédent en mai 68.  Notre avant dernier chapitre sera consacré à l’examen de l’histoire de l’impérialisme américain - le super - impérialisme -  à la manière étonnante où depuis plus d’un siècle il avait réussi à asservir son peuple, et avait tenté
également d‘asservir de nombreux autres peuples... Nous examinerons  en dernier le cas de l’Amérique latine: il semble qu’il existe une poussée nouvelle, en Bolivie,  au Venezuela, en Equateur, au Nicaragua et dans quelques autres pays, qui pousse les masses - notamment indiennes radicalisées - à prétendre arriver au pouvoir.

Nous conclurons donc  par un retour à la servitude volontaire : y aurait-il donc du changement ?



Notes sur le chapitre 1 :



(1)       « La guerre des paysans » : Frédéric Engels
( Editions sociales ). On retrouve dans « Le diable et le bon dieu » (de Jean Paul Sartre) quelques uns des thèmes abordés par Engels dans son livre, en moins politique et beaucoup plus anecdotique, avec certainement des passages issus du « Goetz von Berlichingen » de Goethe. (Paris 1855.) Sur la guerre des paysans on lira notamment  Gérard Walter : Thomas Mûnzer et les luttes sociales à l’époque de la réforme. Gabriel d’Aubarède : (sur Jean de Leyde) La révolution des Saints. (Gallimard 1946.)  Heinrich Heine : De l’Allemagne  (Paris 1855). Ernst Bloch : Thomas Münzer théologien de la révolution  (UGE Paris 1975 10/18.)

(2) De la guerre des paysans il nous reste une chanson célèbre en Allemagne mais que l’on chantait en France avant la guerre de 1939 et juste après la guerre aux Auberges de la jeunesse (MLAJ) : « Spiess voran drum und dran, hângt auf’s Closter Dach den roten Hahn, Spiess voran drum und dran hângt ihn auf den Schloss Kaplan. » Dont voici la traduction : «  la pique en avant , la pique de côté, mettez le « coq rouge »  sur le toit des églises ( incendiez les églises ), la pique en avant, la pique de côté, pendez le maître de chapelle dans son château. » Cette chanson toujours célèbre en Allemagne a fait l’objet d’une transcription en France dans les années 20 :
« Prolétaires luttons tous, chacun à son poste, au combat, la victoire est à nous, si nous unissons nos bras. »

(3) Extrait de « La guerre des paysans » de Frédéric Engels, (ouvrage cité) un livre qui fut largement sous-estimé au XXème ...

(4) On lira à ce sujet le livre de Jacques Aubery :
"Histoire de l'exécution de Cabrières et de Mérindol et d'autres lieux de Provence" ( Annotée par Gabriel d'Audisio .) Édition de l'Association d'Études vaudoises et historiques du Luberon - 1982 -










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