Rouillan: LCR "opposée" à sa réincarcération, en "désaccord" avec ses propos
AFP 01.10.08 | 20h33
La LCR est "opposée" à une réincarcération du co-fondateur d'Action directe Jean-Marc Rouillan, qui a demandé son adhésion au NPA, mais est aussi "en désaccord" avec ses déclarations laissant
entendre qu'il n'a pas de remords pour l'assassinat du PDG de Renault.
"Le parquet de Paris vient de demander la réincarcération de Jean-Marc Rouillan. Celui-ci a purgé sa peine: 20 ans de prison" et "la LCR qui a toujours défendu les droits démocratiques et les
droits des prisonniers, est contre sa réincarcération", affirme mercredi dans un communiqué le parti d'Olivier Besancenot.
"La LCR tient aussi à réaffirmer qu'elle a toujours rejeté et condamné les actions et la politique d'Action directe" et "est en désaccord avec les déclarations récentes de Jean-Marc Rouillan"
publiées dans l'Express.
Par ailleurs, poursuit le communiqué, M. Rouillan "a demandé son adhésion au Nouveau parti anticapitaliste (NPA)" que va fonder la LCR en janvier 2009.
"Du point de vue de la LCR, il avait sa place dans ce nouveau parti à partir du moment où il renonçait à ses actions du passé", ajoute le texte, laissant entendre que son adhésion pourrait être
compromise.
Par ailleurs, la LCR "dénonce une opération politique visant à tenter de criminaliser le NPA", "au moment où les préoccupations principales des Français, de la population, tournent autour de la
crise économique et de ses conséquences" et où "les réponses politiques du NPA rentrent de plus en plus en écho avec ces préoccupations".
La demande d'adhésion de M. Rouillan - qui avait rencontré en juin Olivier Besancenot- avait embarrassé l'organisation d'extrême-gauche qui, en créant le NPA, veut élargir son espace à gauche.
Mais l'organaisation trotskiste affirme qu'"ayant purgé sa peine" Rouillan "a bien le droit à l'engagement politique".
M. Besancenot a affirmé à L'Express qu'il aurait une "discussion de vive voix avec Jean-Marc Rouillan dans le cadre collectif du Nouveau parti anticapitaliste".
De son côté, M. Rouillan indique à l'Express que si le NPA (qui doit choisir un nom définitif) abandonne l'appellation révolutionnaire, il ne sera qu'un "parti électoral" et dans ce cas lui-même
sera "naturellement éliminé de ce processus".
Le numéro un du PS François Hollande a conseillé mercredi à Olivier Besancenot de "se débarrasser" de "cet adhérent encombrant", alors que le porte-parole du gouvernement Luc Chatel s'est déclaré
"choqué" par la décision de M. Rouillan d'adhérer au nouveau parti d'Olivier Besancenot.
Le parquet de Paris a demandé la révocation du régime d'aménagement de peine dont bénéficie Jean-Marc Rouillan depuis décembre 2007, après la publication de son interview.