Le 29 octobre 2008 23:21, FISCHER BERNARD <fischer02003@ yahoo.fr> a écrit :
Bonsoir
Ce message est un premier message suite à la discussion relative à l'amendement Lefebvre.
Il y a finalement beaucoup de points communs entre cette discussion par rapport à beaucoup d'autres discussions.
Il y a d'une part les collaborateurs, tous les défenseurs de l'UMP, du PS et de la Françafrique.
Dans cette catégorie, il y a bien évidemment Africagora, l'appartenance politique du fondateur de cette association est totalement publique, il recevait récemment les félicitations de
l'UMP.
Il y a un autre problème en sens inverse.
Depuis des mois et des années, de plus en plus de sites font de plus en plus de discours anti impérialistes, de solidarité pour l' Afrique et pour les africains, mais nous constatons une
situation d'ignorance réciproque, de division et de polémique extrêmes entre les principaux animateurs de ces sites, et nous constatons des divergences très importantes entre les discours et la
pratique.
Par exemple, nous ne voyons jamais les animateurs de ces sites dans les manifestations pour les sans papiers.
Il y a aussi depuis de nombreuses années de petites associations comme par exemple l'association Survie et les animateurs de ces sites ne participent jamais aux réunions et aux activités de ces
associations.
Nous connaissons la solution, c'est la participation aux manifestations des militans du clavier et la participation aux discussions des militants du terrain.
Amicalement
En date de : Jeu 30.10.08, Sebastian Alzerreca <
zoulweb@gmail.com> a
écrit :
De: Sebastian Alzerreca <
zoulweb@gmail.com>
Objet: Re: RE.D.I.D LEFEBVRE
À:
redid_ani@yahoogroupes.fr
Date: Jeudi 30 Octobre 2008, 10h45
Bonsoir Bernard, bonsoir à tous,
Je suis partiellement d'accord avec l'analyse. Et je trouve intéressante la problématique, raison pour laquelle je vais essayer de donner mon avis sur ce débat.
Il est évident qu'en France, en particulier pour ce que je connais le mieux, la région parisienne, le nombre d'associations de "solidarité" avec l'Afrique, ou qui font la promotion des luttes
et résistances africaines ou contre la françafrique sont nombreuses.
Pour la plupart, nous nous connaissons - c'est un petit milieu tout de même - et nous nous retrouvons régulièrement pour des activités communes.
Pour ce qu'il est de la solidarité - dans la rue - avec les sans-papiers, cela dépend de l'énergie et des sensibilités de chacun. Personnellement, je considère que la politique de l'immigration
actuelle, la chasse aux migrants, les expulsions, sont la dernière roue du carrosse - mais aussi la partie la plus visible - d'une politique et d'une logique raciste et coloniale, voir
néo-coloniale.
Rien que le 16 octobre, nous avions une grande séance de travail et d'échanges entre Survie et Droits Devant !! en présence de près d'une centaine de personnes, militants contre la
françafrique, et travailleurs sans papiers en lutte pour leur régularisation.
A de nombreuses reprises, nous sommes dans la rue aux côtés de tout ceux qui luttent pour le respect et la dignité. Je me souviens encore du contre-sommet au sommet des chefs d'état
Afrique-France à Cannes en 2007, où nous avons fait le déplacement de toute la France, avec Survie, le CADTM et d'autres groupes, et de nombreux collectifs de sans-papiers.
Maintenant, quelles sont les difficultés que nous rencontrons ?
Chacun a sa petite vision spécifique de la stratégie à mettre en oeuvre, chacun à ses petits réseaux particuliers avec qui il travaille, chacun cherche un peu de visibilité, et il est souvent
difficile de dépasser tout cela pour se mettre ensemble, quand ce n'est pas directement des divergences politiques sur le fond qui nous éloignent les uns des autres.
Au delà de ça, comme je l'ai dit, notre temps et nos forces sont limités, nous travaillons souvent bénévolement, pendant le temps qu'on arrive à dégager à ces activités. Je crois pas qu'il soit
des plus pertinents d'"opposer" ceux qui sont sur plutôt sur le terrain et ceux qui sont plutôt derrière leurs écrans, comme tu le penses. On est bien souvent des deux côtés, mais on est bien
souvent peu nombreux, malheureusement. C'est ceux qui sont derrière leurs télés qu'il faut réussir à convaincre de se bouger pour réfléchir avec nous et se mobiliser dans la rue quand il le
faut.
Au niveau des collectifs de sans-papiers, il est aussi notoire que de nombreuses divisions existent, et que l'unité des sans-papiers est bien difficile à se mettre en place. Dans ce contexte,
il nous est parfois difficile de suivre ce qui se passe, et de soutenir l'ensemble des activités, quand il se met en place parfois trois manifestations le même jour, appelé par 3 collectifs
différents rien qu'à Paris.
C'est un peu facile de dire que nous sommes simplement derrière nos écrans, et pas dans la rue. Rien qu'en novembre 2008, nous participons et animons une quinzaine d'événements rien qu'à Paris
et en région parisienne. Je vais transférer sur la liste ce programme d'ailleurs, qu'on peut retrouver sur www.survie-paris. org
Quand aux marches et manifestations, comprenons aussi qu'on finisse par ne plus aller y perdre son temps, tant il est visible que le résultat est bien maigre. Nous étions tout de même de temps
en temps devant les centres de rétention (comme à Vincennes) pour dénoncer l'ignominie...
Pour finir, je dirais qu'on essaye modestement, à notre petit niveau et notre petite échelle, depuis plusieurs années de faire en sorte que tout ce monde puisse mieux se connaitre et travailler
ensemble, dans le cadre par exemple des Jeudis Africains à Paris.
Maintenant, il y a aussi sans doute une autre échelle à laquelle il faudrait travailler, celle du rapprochement entre les peuples et les résistances d'Europe et d'Afrique, sous toutes les
formes possibles, et on essaye aussi modestement d'y travailler.. .
La lutte continue, cherchons l'unité pour être plus fort ensemble,
Zoul
http://www.survie- paris.org