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actualité politique nationale et internationale

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ANALYSE CRITIIQUE DU MEETING DU PARTI DE GAUCHE


http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/archives_2008/MLL081207.rtf

Sur le meeting de lancement du Parti de Gauche à St-Ouen.

Le meeting de lancement du Parti de Gauche (PG) ce samedi 29 novembre à l'île Saint-Denis à Saint-Ouen fut, assurément, un moment chaleureux et fort, de rassemblement et de retrouvailles pour certains, où se sont exprimées dans la salle et de la salle la volonté et la disponibilité au combat contre Sarkozy et contre le capitalisme. Prés de 3000 participants -et non pas un petit millier comme l'ont dit l'AFP et la presse- venus de toute la France par les réseaux construits depuis des années autour de Jean-Luc Mélenchon via notamment PRS (Pour une République Sociale, qui fournit l'armature, le noyau, la direction et l'appareil du PG), ou spontanément de la région parisienne et parfois de plus loin, tous rassemblés pour la recherche d'une issue politique et d'une organisation qui les représente enfin réellement. Nul doute que cette aspiration est celle-là même de millions et de millions dans ce pays, une aspiration commune à ce que l'on appelle le "peuple de gauche", à ce que nous désignons souvent comme la classe ouvrière, et la majorité de la jeunesse, la base sociale et électorale du PS en étant elle-même non seulement partie prenante, mais la plus grosse composante.

A ce peuple militant, les organisateurs du meeting ont offert pour partie un véritable "métinge" dans la tradition du mouvement ouvrier, avec des interventions multiples et l'Internationale pour finir.

Se sont ainsi succédés à la tribune, intronisés par le responsable de PRS François Delapierre : Raquel Garrido, responsable internationale de PRS, Christophe Ventura, militant d'ATTAC, Hayat Dhalfa, ancienne candidate aux législatives à Paris pour le MARS (Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale issu d'un courant du MRC de J.P. Chevènement) un groupe qui vient de s'intégrer au PG en formation, Alexis Corbière, dirigeant de PRS et conseiller municipal socialiste de Paris, Audrey Galland de PRS, Frank Pupunat, écologiste alter mondialiste qui animait jusqu'au congrès de Reims inclus le courant "Utopia" du PS, Danielle Simonet, venant également du courant de J-L. Mélenchon dans le PS et de PRS, Jacques Généreux, universitaire et économiste venant du PS, l'ambassadrice de Bolivie Luzmila Carpio lisant un message d'Evo Morales, Claude Debons, ancien dirigeant de la fédération CFDT des cheminots, passé à la CGT en 2003, et animateur des Comités Unitaires pour une Alternative à Gauche, qui a formé immédiatement avec J-L. Mélenchon et Marc Dolez le comité de fondation du PG lorsque ceux-ci ont déclaré qu'ils quittaient le PS, Elisa Martin, conseillère régionale Rhône-Alpes, le cinéaste Robert Guédigian, l'écologiste Corinne Morel-Darleux, la députée verte de Paris Martine Billard, le dirigeant de l'ancien MARS Eric Coquerel, la cheville ouvrière du courant de J-L. Mélenchon dans le PS Pascale Le Néouannic, conseillère régionale socialiste d'Ile-de-France, et pour finir les trois orateurs politiquement décisifs, Marc Dolez, Oscar Lafontaine et J-L. Mélenchon sur lesquels nous concentrerons ce compte-rendu, puisqu'en fait, un peu comme dans les concerts de rock, l'ensemble des orateurs précédents, plus que l'illustration d'une diversité encore toute relative, avait surtout pour fonction de chauffer la salle avant les têtes d'affiche. En outre fut annoncée et applaudie la présence d'observateurs du PCF, de la LCR, du courant UNIR de la LCR (Christian Piquet), des Alternatifs et du POI, et la tribune fit applaudir celle de l'ancien ministre Pierre Joxe (vieux compagnon de route de Mitterrand et dont tout le monde dans la salle ne s'est pas forcément rappelé instantanément qu'il fut ministre de la Défense de la guerre du golfe de 1991, nommé à ce poste suite à la démission de J.P. Chevènement ! ).

Outre J-L Mélenchon et Marc Dolez, deux autres parlementaires socialistes ont rejoint le PG : Jacques Dessallangre, député de l'Aisne, et François Autain, sénateur de Loire-Atlantique.

L'intervention de Marc Dolez fut brève et concise, et fut à vrai dire la seule à comporter des engagements politiques, précis et concrets qui sont apparus à la salle comme engageant le PG en formation, bien qu'ils n'y aient été formulés que lors de cette intervention. Contre les licenciements : moratoire sur les suppressions d'emplois à PSA et Renault, La Redoute, Amora, Latécoère, etc., interdiction des "licenciements boursiers", rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement, droit de veto aux comités d'entreprises. Pour les salaires : indexation des salaires, retraites et minima sociaux sur le coût de la vie, SMIC à 1500 euros nets tout de suite, garantie de la retraite à 60 ans à taux plein et refus de l'augmentation du nombre d'année de cotisations. Pour l'école publique et les services publics : rétablissement des postes supprimés cette année dans l'éducation nationale, retrait des projets Darcos de la maternelle à l'université et de la loi Pécresse et engagement à les abroger ; refus de la privatisation de la Poste sans oublier l'abrogation des directives européennes qui y poussent (et qui prévoient la libéralisation totale du marché à compter de 2011), retrait et engagement à abroger la loi Bachelot contre l'hôpital public.

Répétons toutefois que ces points qui formèrent la substance du discours de Marc Dolez, et dont plusieurs se retrouvent dans le tract du PG pour un "bouclier social", qui aborde aussi la question du logement (moratoire sur les prêts-relais) et du contrôle social des banques, ne constituent pas le programme du PG, programme dont l'exposé revenait à J-L Mélenchon dans le discours final.

Avant celui-ci, Oscar Lafontaine, ancien dirigeant du SPD allemand, candidat battu à la chancellerie en 1990 en raison de son hostilité à la réalisation de l'unité de l'Allemagne exigée massivement par le peuple dans la rue dans la RDA stalinienne qui s'effondrait, président du SPD en 1995 puis ministre des Finances en 1998, démissionnaire en 1999 (J-L Mélenchon condamnait à l'époque cette démission, lui opposant son soutien et sa participation prochaine au gouvernement Chirac-Jospin en France), devenu alors un opposant aux politiques libérales et social-libérales, ayant formé le "parti de gauche" allemand, premier tenant du titre, Die Linke, en se regroupant avec une association impulsée par des syndicats, puis avec le PDS (PC rénové issu de l'ancien parti-Etat-police de RDA), Oscar Lafontaine, donc, fit un discours attendu, dans un excellent français, dans lequel il présenta le socialisme français, c'est-à-dire pour lui celui de François Mitterrand et du congrès d'Epinay, comme l'alternative à "Bad-Godesberg" et à la droitisation de la social-démocratie, déplorant que celle-ci ait renoncé au réformisme en raison de la chute du mur de Berlin, qui semble bien être toujours resté un évènement malheureux à ses yeux ; et il accorda sa confiance et ses espoirs en la réussite du PG français, susceptible de réussir comme a réussi, selon lui, Die Linke en Allemagne.

Cette perspective vaut que l'on s'interroge, car la réussite dont il est ici question est celle de la création d'un petit parti à la gauche du social-libéralisme officiel occupant un espace électoral réel, mais réduit. La réussite que souhaitent au fond du coeur les militants réunis ce samedi, c'est autre chose : c'est vaincre Sarkozy. L'ampleur de la crise financière, économique, sociale, environnementale, qu'invoquent à juste titre tous les orateurs, conduit à une crise politique et sociale combinée, peut-être avant l'échéance électorale des Européennes en juin prochain. La perspective que des millions recherchent, c'est un débouché politique par rapport à ça. Pas l'occupation d'un "vide politique" laissé sur sa gauche par la droitisation du PS, ce à quoi nous a simplement invités Oscar Lafontaine, qui semble en effet très satisfait de la manière dont pour sa part il pense occuper présentement le dit espace vide. Ce n'est pas faire du sectarisme que de rappeler qu'en ce moment même les enseignants berlinois sont en grève contre la politique social-libérale d'un gouvernement local de coalition auquel participe Die Linke ...

Jean-Luc Mélenchon dans son grand discours final a fait des effets rhétoriques auxquels ses auditeurs sont habitués, notamment cet oecuménisme que, pour partie, nous partageons : nous sommes tous des sans-culottes, des trotskystes, des altermondialistes, et aussi des Chavez et des Lafontaine, nous assumons tous les fleuves et les ruisseaux de l'histoire du mouvement ouvrier, de la gauche, et aussi de la République française, a-t-il répété devant une salle heureuse de cette tonalité rassembleuse. Là dessus, il a présenté le "programme" du PG, qui doit constituer pour lui un mandat parlementaire :

1) inverser l’ordre du partage des richesses entre le capital et le travail sous toutes ses formes : salaires, sécurité sociale, service public, en se finançant par la récupération des dix points de la richesse nationale passée des poches du travail à celle du capital.

2) installer la planification écologique pour engager la transition entre le modèle de production, de consommation et d’échange actuel et le modèle de développement écologique.

3) réaliser la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société dans notre pays, passer à la sixième république parlementaire, garantir le droit de citoyenneté dans l’entreprise.

4) tourner la page du modèle de construction libérale de l’Europe dont le Traité de Lisbonne est le lamentable programme.

Ces 4 thèmes sont ceux là mêmes sur lesquels, notons-le, s'est opéré dans le PS, avant son récent congrès de Reims à l'orée duquel J-L Mélenchon et M. Dolez ont fait connaître leur démission, le regroupement dans la motion C (motion "Hamon"), qui fut le seul évènement nouveau, mais non des moindres, dans l'évolution politique récente à la base du PS : sauf le point sur une "république parlementaire" qui est encore moins clair dans la motion "Hamon" qui parle cependant de sortie de la V° République, c'est la même base politique qui a permis le regroupement de 24 000 votants à la base du PS, dont un millier, selon J-L Mélenchon, l'ont suivi depuis avec M. Dolez.

La perspective politique à atteindre pour J-L. Mélenchon passe par une défaite électorale du PS, à l'intérieur de la gauche, pour qu'il soit devancé par un "front de gauche" bâti sur le programme qu'il propose, condition selon lui pour qu'une majorité de gauche soit possible, dans laquelle, si l'on comprend bien, le PS "social-libéral" serait la force d'appoint, les rôles électoraux étant inversés. C'est ce qu'il nomme la "mise en quarantaine du social-libéralisme" -mais "social-libéralisme" ici veut dire "PS", tout le PS et rien que le PS, ce qui demanderait discussion ...- comme précondition à toute majorité de gauche, à toute alternative politique à Sarkozy. Et l'étape décisive est une alliance du PG avec le PCF -celle-ci est déjà acquise, elle avait à l'évidence été convenue avec la direction du PCF avant la sortie de  J-L. Mélenchon du PS- et le NPA aux élections européennes pour être devant le PS. Ceci signifie pour les sept mois allant de maintenant aux élections européennes au moins envers le PS une attitude en fait similaire à celle d'Olivier Besancenot : pas d'alliances, pas de proposition de faire, contre Sarkozy, la droite et le capitalisme, un gouvernement représentant les travailleurs, pas d'actions communes, l'alternative gouvernementale à Sarkozy étant conditionnée par la défaite du PS, proclamé mort et enterré comme parti réformiste issu du mouvement ouvrier depuis la seconde exacte, ni avant ni après, où J-L. Mélenchon l'a quitté. J-L. Mélenchon se veut par contre unitaire du côté du NPA, mais en  tout état de cause cette stratégie, entièrement construite autour du scrutin  européen de juin 2009, peut s'entendre aussi bien dans le cas où une liste unique du "front de gauche" dépasserait le PS que dans le cas où les listes "front de gauche" et NPA le dépasseraient par leurs scores additionnés.

En explicitant complètement les choses, l'alternative politique à Sarkozy doit selon J-L. Mélenchon émerger des élections européennes, alors que six mois de crise sociale probable nous en sépare, pour qu'aux élections suivantes, les présidentielles et législatives de 2012, le "front de gauche" conduise l'ensemble de la gauche à la victoire, et à un gouvernement qui, selon les combinaisons possibles, pourrait être un gouvernement PG-PCF, PG-PCF-NPA, PG-PCF-NPA-PS (un PS soumis, dompté et puni après sa supposée "mise en quarantaine") ou PG-PCF-PS, le noyau étant dans tous les cas PG-PCF. On pourrait ironiser sur l'audace qui permet d'envisager, de fait, de donner un tel rôle pivot et central à deux organisations dont l'une, très vieille, est tombée en dessous de 2% aux dernières présidentielles et dont l'autre vient juste d'être proclamée et n'a naturellement pas subi l'épreuve du suffrage universel. Mais ce serait déplacé : il
y  a l'état des forces à un moment donné et il y a la dynamique possible, et  l'audace n'est pas critiquable en soi, elle est l'expression du courage  politique et oui, il faut de l'audace pour ouvrir les brèches dans lesquelles  les grandes masses peuvent s'engouffrer pour se frayer leur propre issue. Une  telle audace eût été possible en 2005 au lieu de faire la synthèse avec Hollande et Royal au congrès du PS du Mans qui a suivi, et peut-être aux élections présidentielles de 2007 pour au moins empêcher l'orientation  antisocialiste de la campagne de Ségolène Royal de faire gagner Sarkozy en  désorientant une partie des électeurs, voire pour lui passer devant. Son  audace est une qualité de J-L. Mélenchon, mais la question est celle de  l'orientation et de la stratégie politiques.

Résumons-les : il fonde un nouveau parti sur un programme en 4 points d'esprit, disons,  réformiste et keynésien que l'on retrouve sans grandes différences à la gauche du PS dont il provient, et propose de le mettre en oeuvre légalement en ayant gagné les élections, donc dans les délais prévus par les institutions actuelles (en principe : présidentielles en 2012 et législatives dans la foulée), nouveau parti qui, avant même d'exister, a un accord avec la direction du PCF pour une liste commune aux élections européennes dont le but affiché est de prendre le maximum de voix au PS. Ce résumé est peut-être un peu caricatural, mais les caricatures quand elles sont vraies ont du bon, car elles font ressortir les choses effectives par delà les impressions et les espoirs légitimes.

Plusieurs camarades nous ont, et nous le comprenons fort bien, interpellés ces jours pour savoir si nous nous intégrons entièrement dans la logique de construction de ce nouveau parti. Militant est une association de travailleurs qui non seulement tolère, mais qui préconise la double appartenance aux partis existants dans la gauche et le mouvement ouvrier ; elle peut le faire parce que son programme est l'émancipation des travailleurs et la socialisation du capital, le renversement du capitalisme, son objectif immédiat est d'aider à l'unité du monde du travail et de la jeunesse en France pour défaire et chasser Sarkozy, et ses revendications urgentes portent sur le pouvoir d'achat, les salaires et l'emploi. Nous portons, ouvertement et sans sectarisme, ces propositions directement auprès des travailleurs, des jeunes, des sans-papiers, et dans les partis et organisations existants. Il va donc de soi que le PG et ceux qui sont en train de s'y regrouper ont tout notre intérêt et notre sympathie, et que Militant sera présent parmi eux. Mais notre programme vise plus loin. Pour tout dire, savoir s'il y aura en France à la suite des élections européennes une force politique à la gauche du PS ou si celle-ci aura même devancé le PS n'est pas du tout une question fondamentale par elle-même à nos yeux. Ce qui est fondamental, c'est de savoir si la masse du peuple de gauche, et non pas seulement telles ou telles couches militantes, va imposer l'unité dans la grève et dans la rue contre Sarkozy et aura le plus tôt possible un gouvernement qui la représente réellement. Et ce combat là requiert d'être présents aussi au PS et au PCF qui n'ont, ni l'un ni l'autre, disparu du champ politique du monde du travail.

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B
Quand les gens de gauche arrêterons de croire que le keynésienanisme ets de gauche on aura fait un grand pas.<br /> Accessoirement il est anti écolo, mais bon osef après moi le déluge.
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