http://fr.news.yahoo.com/63/20090401/tpl-des-journalistes-de-france-3-et-rue-5cc6428.html
Des journalistes de France 3 et Rue 89 convoqués pour la vidéo off de Sarkozy: "On est dans l'absurde"
Ce mercredi 1er avril, rue du Château des Rentiers dans le XIIIème arrondissement de Paris, devant la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, il y avait une effervescence
inhabituelle.
Augustin Scalbert, journaliste à Rue 89, Joseph Tual et Carine Azzopardi journalistes à France 3 étaient convoqués à 9h30 à la BRDP. Pierre Haski, le directeur de la publication de Rue89, était
convoqué dans l'après-midi.
Une convocation réelle - malgré ce 1er avril - qui s'inscrit dans la plainte déposée par France 3 suite à la diffusion d'une vidéo off montrant Sarkozy avant une interview le 30 juin 2008.
Ce mercredi matin donc, Augustin Scalbert et ses confrères ont été entendus entre 2 et 3 heures au sujet de cette vidéo par la police judiciaire.
Plusieurs médias, mais pas tous, s'étaient déplacés pour couvrir l'évènement.
Dans le discours que tient Jean-François Téaldi, président de l'intersyndicale de France Télévisions, avant que les journalistes n'entrent à la BRDP, il n'hésite pas à évoquer "le régime de Pétain"
et dénonce une "dérive du pouvoir".
Le Post l'a interviewé un peu plus tard dans la matinée:
Des slogans comme "Carolis, ridicule", "Nous aussi on a des cassettes" ou" De Carolis indic de la police" n'ont cessé de fuser toute la matinée, lancé notamment par des syndicalistes de France
3.
Ici: "Liberté d'information":
Ici "Carolis ridicule" et "Nous avons la cassette":
Toute la matinée également, on a évoqué la menace d'une garde à vue, mais finalement, il n'en est rien.
Joseph Tual est sorti en premier. L'affaire fait sourire ce routard de l'information, qui rappelle à ses confrères qu'il est déjà poursuivi dans d'autres affaires tout simplement pour avoir fait
son travail. Joseph Tual travaille notamment sur l'affaire Ben Barka, la mort du juge Borrel ou encore l'enlèvement de Guy-André Kieffer.
Une demi-heure plus tard, ce fut au tour de Carine Azzopardi de sortir, mais la journaliste était visiblement sous le coup de l'émotion et n'a pas souhaité s'exprimer outre-mesure.
Dernier sorti, Augustin Scalbert. Le journaliste de Rue 89 était plutôt décontracté. Comme il le dit dans l'interview ci-dessous, il n'a cessé d'invoquer l'article 109 du code pénal qui permet à un
journaliste entendu comme témoin de protéger ses sources.
Mercredi midi, Pierre Haski, le directeur de la publication de Rue 89, se dit "soulagé" mais rappelle "Rue 89 reste sous la menace d'un procès pour vol et recel".
Quelques éléments en suspens:
1. Caméras de surveillance VS protection des sources: les journalistes de France 3 dénoncent le système de caméra de surveillance mis en place dans les locaux de France Télévisions depuis une
dizaine d'années. Pour eux, ce système met en danger la protection des sources, preuve en est avec la convocation de deux journalistes de France 3 après qu'ils aient été reconnus sur des bandes de
vidéos surveillances.
2. La mise à disposition des bandes de vidéo surveillance par France 3 à la police: Comme Augustin Scalbert l'affirme à la sortie de son audition, le procès verbal de France 3 indique que la chaîne
s'est proposée pour donner ces images. Un point qui inquiète les journalistes de la chaîne.
3. Une convocation le 1er avril, un hasard? L'un des trois journalistes auditionnés ce mercredi confiait qu'un policier avait lâché: "une convocation le 1er avril, c'est pas un hasard". Un pied de
nez de la police pour démontrer le ridicule de la poursuite? C'est ce que certains croient. En outre, les trois journalistes auditionnés mercredi matin ont souligné la grande courtoisie de la
police à leur égard.
4. Pas de garde à vue ce mercredi mais... cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas de suites comme le rappelle Pierre Haski.