actualité politique nationale et internationale
Problématique des «Sans Papiers»: Proposition d’Action Non-Violente:
DECRETER UNE JOURNEE NATIONALE DE DESOBEISSANCE CIVILE NON VIOLENTE.
Bref rappel de la situation des «Sans Papiers».
Cet appel s’adresse à toutes celles et tous ceux qui, comme moi se sentent personnellement interpellés par le drame humain des «Sans Papiers». Déjà en 1986 nos archives de presse font apparaître
un tel drame avec l’arrestation scandaleuse et la menace d’expulsion immédiate d’un Zaïrois à Zaventem, malgré l’intervention d’Amnesty International, du Haut Commissariat aux Réfugiés et
de la Ligue des Droits de l’Homme. A partir de l’année 1991, de tels drames ne cessent de se multiplier. En 1993, la question se pose encore publiquement: «La Belgique: terre d’exil ou terre
d’asile?» Avec beaucoup d’autres personnes et organismes, en 1994 nous participons aux actions de solidarité en faveur du Centre d’accueil «Les Forges» de la Croix Rouge de Belgique installé à
Nassogne qui sera finalement expulsé par les autorités publiques sous la pression de groupes d’extrême droite! Même l’Eglise diocésaine finit par capituler peu honorablement en rase campagne! La
même année, nous étions encore sur la brèche avec l’autre Centre d’Accueil de la Croix-Rouge à Hastière. Faut-il dresser une liste exhaustive de toutes ces atteintes aux droits humains des
étrangers? On n’en finirait pas. Rappelons cependant les années 2005 et 2006 qui nous ont encore mobilisés, notamment avec l’occupation de l’église st-Boniface à Ixelles, notre appel à la
désobéissance civile du 1er mars 2006, appel également lancé peu après par six associations (La Ligue des Droits de l’Homme, le Cré, le PAC, le Mrax, Point d’appui et le CNCD-11.11.11). Ensuite
nos actions avec la coordination en faveur des Sans Papiers à l’église St-Joseph à Namur tout au long de cette même année. Aujourd’hui, la situation ne cesse de se détériorer gravement partout
dans notre pays. Cependant, des signes encourageants de prise de conscience de personnalités, tant du monde politique, universitaire que religieux apparaissent enfin. Citons le dernier en vue
avec l’appel solennel, lancé via une «Carte Blanche» dans «Le Soir» du 10 avril courant, et signé par plusieurs universitaires, membres du Comité des universités et des hautes écoles belges pour
le soutien aux sans-papiers.
En attendant, à la faculté de Droit des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, comme en d’autres localités, notamment à l’ULB et L.L.N., des «Sans Papiers» sont hébergés et
comptent sur l’urgence de notre solidarité active et fraternelle, tant sur le plan politique, social que matériel. (matelas et couvertures s.v.p.!)
Décréter une journée nationale de désobéissance civile non-violente.
Pourquoi? L’urgence, tant humanitaire que politique, l’impose. Les Sans Papiers sont depuis trop longtemps menés en bateau par le monde politique. Certains politiques sont fondamentalement
opposés à honorer leurs engagements en ce domaine, tous les moyens leurs conviennent à cette fin.
D’autres h’hésitent pas à se servir de cette promesse fallacieuse de régularisation, en la reportant au delà du 6 juin à leurs fins bassement électoralistes: récolter des voix, alors que les
élections vont aboutir au chaos d’un pays devenu ingouvernable au niveau institutionnel. Qui d’ailleurs oserait encore prétendre aujourd’hui qu’il sera élu le 6 juin, si ce n’est un farfelu
illusionniste? De surcroît, n’est-il pas à craindre que des groupuscules populistes et d’extrême droite exploitent hélas le découragement de nombreux électeurs écœurés par toutes les magouilles
et pitreries qui n’ont cessé de miner la confiance en nos élus politiques. Autant dire qu’à partir du 7 juin 2009, il n’y aura plus guère d’espoir de voir les engagements honorés en faveurs des
Sans papiers!
Quand? La date du 10 mai nous paraît opportunément souhaitable par le sens hautement symbolique qu’elle représente.
Pourquoi? Cette journée symbole, oubliée volontairement depuis pas mal d’années, tant par les médias que par le monde politique, est devenue pour ces pouvoirs «une journée politiquement
incorrecte» dans le contexte d’amalgame de l’Union Européenne: OUBLIER POUR NE PAS DEPLAIRE A CEUX QUI NE SAVENT TOUJOURS PAS ASSUMER LEUR PASSE FASCISTE OU NAZI TOUJOURS RECURENT.
Que représente le 10 mai? C’était le 10 mai 1940. Les armées hitlériennes violaient sans avertissement trois petits pays neutres: Les Pays-Bas, la Belgique et le Grand Duché de Luxembourg.
Populations civiles bombardées et mitraillées s’enfuyant sur les routes de France dans un déluge de feu et de sang. Des milliers d’enfants dont j’étais, précipités dans cet enfer gothique. Des
routes parsemées de cadavres d’enfants, de femmes, de vieillards expulsés dans cet exode maudit.
Mais aussi des ETRANGERS que nous avions «accueillis» chez nous parce qu’ils avaient fui l’Allemagne hitlérienne. Ces étrangers, principalement des Juifs et résistants allemands fuyant
l’abomination nazie, d’abord arrêtés par une certaine «Belgique docile», représentée de pouvoirs publics et policiers sans état d’âme, ensuite emprisonnés sous prétexte de leur nationalité.
Expulsés ensuite en France, repris par Vichy et la gestapo pour être déportés en Allemagne, enfants compris, dans l’horreur indicible des camps nazis d’extermination.
Le 10 mai 1940, avec les années noires qui suivirent, constitue ainsi une date «Mémoire» des ETRANGERS victimes d’une Europe restée bétonnée dans ses fantasmes xénophobes et racistes, tout en
subsidiant une extrême-droite néo-nazie y compris en Belgique. Cette journée du 10 mai doit devenir, dans un sursaut démocratique populaire, celle de la révolte citoyenne non-violente criant:
«NOUS SOMMES TOUS DES ETRANGERS!»
Appel est fait à toutes et à tous pour que «l’imagination soit au pouvoir» dans l’organisation d’une telle vague de solidarité protestataire, avec toutes les organisations démocratiques
non-conformistes!
Willy COLETTE