actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
L'administration Obama se prépare pour une violente confrontation avec les Israéliens
Les relations entre Israël et les États-Unis semblent se dégrader chaque jour un peu plus. L'émissaire de Barack Obama pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui rencontrait pour la première
fois le nouveau premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ce jeudi, à mis en garde l'État hébreu contre toute action militaire contre l'Iran, faisant suite aux récentes déclarations du
vice-président Joe Biden, presque menaçant contre Israël. M. Mitchell s'est également prononcé en faveur de la solution des « deux États pour deux peuples » pour régler le conflit
israélo-palestinien, confirmant ainsi, et de façon radicale, le récent discours de Barack Obama en Turquie et son intention de « faire de la paix globale au Proche-Orient une priorité absolue.
»
Or, Benyamin Nétanyahou a toujours refusé de se prononcer en faveur de la solution de deux États, excluant même cette idée lors de sa campagne électorale. Sa conception d'un État palestinien est
celle d'un État croupion, sans aucune souveraineté ; « une série de cantons déconnectés les uns des autres avec une autonomie limitée », comme l'a affirmé Saëb Erakat, responsable palestinien des
négociations. La visite de l'émissaire étasunien à manifestement contrarié le ministre israélien des Affaires Étrangères, Avigdor Lieberman, qui a immédiatement appelé a un rejet immédiat du
processus d'Annapolis.
Mais c'est surtout sur le dossier iranien que les relations israélo-américaines pourraient trouver leur point de rupture. Un article du New York Times daté du 13 avril dernier indique les
États-Unis prépareraient de nouvelles propositions autorisant Téhéran à continuer ses activités d'enrichissement d'uranium. Jusqu'à présent, les Occidentaux conditionnaient l'ouverture de
pourparlers avec Téhéran à l'arrêt de toute activité sensible d'enrichissement par l'Iran. En renonçant à faire d'une suspension de l'enrichissement un préalable, l'administration Obama
confirmerait ainsi sa disposition déjà clairement exprimée à discuter sans condition avec Téhéran. Une information qui s'ajoute à la mise à l'écart de Dennis Ross, néo-conservateur pro israélien
placé au département d'État comme conseiller spécial pour l'Iran d'Hillary Clinton. Cet agent sioniste notoire écarté de la délégation US, dirigé par le sous-secrétaire d'État Burns, lors d'une
récente réunion à Londres du groupe de coordination dit "P5+1", réunissant l'Allemagne, la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les USA, qui traite les négociations avec l'Iran sur le
nucléaire iranien.)
C'est donc bien à une modification sans précédent de la politique US à l'égard d'Israël auquel nous assistons, plus encore : un réalignement progressif de la stratégie des Etats-unis au
Moyen-Orient. Ce qui ne manquera pas de radicaliser chacune des parties dans un bras de fer ou tous les coups sont désormais permis, comme n'a pas manqué de menacer Elie Yishaï, ministre de
l'intérieur de l'Etat juif : « Barack Obama devrait savoir que contraindre Israël à un dialogue peut avoir des résultats aussi inverses qu'inattendus »
Inattendus, comme la recrudescence d'attentats terroristes ?
Samedi 18 Avril 2009
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