http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/08/23/le-npa-veut-un-rassemblement-anticapitaliste-a-gauche_1231190_823448.html
Prévoyant une rentrée sociale morose, Olivier Besancenot appelle à "entrer en résistance face à Sarkozy"
LE MONDE | 24.08.09 | 15h33 • Mis à jour le 24.08.09 | 15h33
Eviter une rentrée calme à Nicolas Sarkozy". La consigne donnée par Olivier Besancenot à ses militants, dimanche 23 août, lors de son meeting de rentrée à l'université d'été du Nouveau parti
anticapitaliste (NPA) à Port-Leucate (Aude), est claire : "Il faut appeler l'ensemble du mouvement ouvrier à entrer en résistance face à Sarkozy et lutter contre la fatalité ambiante", a insisté le
porte-parole. Après un printemps riche en mobilisations sociales, la rentrée s'annonce plus morose. Avec les licenciements qui vont reprendre et l'arrivée de quelque 300 000 jeunes de plus sur le
marché du travail, "le rapport de forces s'est dégradé", a reconnu M. Besancenot. Mais "le cycle des luttes n'est pas refermé", a-t-il affirmé.
Pour le NPA, on est juste passé de "la course de vitesse au marathon". Pour montrer qu'il n'est pas seul sur sa ligne radicale, le leader révolutionnaire s'était entouré de quelques symboles de ces
mobilisations toujours en cours. Alexis Antoine "des Molex", mais surtout, en guest star, Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental, qui avait sévèrement critiqué l'inaction de Bernard Thibault.
"Ceux qui ont accusé notre combat d'être instrumentalisé par l'extrême gauche, qui colportent ces inepties, nous méprisent. Face à un conflit exemplaire, l'absence de toute marque de solidarité des
confédérations syndicales de toute obédience est proprement indigne", a lancé ce militant, à la CGT "depuis près de vingt ans et fier de l'être". L'ovation qui lui a été faite sonnait comme un pied
de nez aux propos du leader de la CGT, Bernard Thibault, reprochant au NPA de "se substituer aux syndicats" et de "se tromper de mission".
"ARRÊTER DE SE FAIRE BRISER"
Certes, la situation sociale a changé, avec un mouvement social entré dans une "phase descendante". Mais c'est surtout de la responsabilité des centrales syndicales qui ont renoncé à organiser un
"mouvement d'ensemble" et une grève générale au printemps, veulent croire les militants du NPA. Désemparés par une cascade de licenciements et des salariés prêts à en découdre, les syndicats (CGT,
CFDT et FO confondus), selon le porte-parole du NPA, se seraient recentrés vers des revendications raisonnables. Il serait donc désormais plus difficile de "faire partir les boîtes en grève". Mais
foin de fatalité : "On peut remporter dans les semaines et les mois à venir des victoires sociales", croit M. Besancenot. Pour cela, la gauche syndicale et politique a un rôle à tenir. "L'objectif,
c'est d'être plus fort qu'eux et d'arrêter de se faire briser", a-t-il lancé devant quelque 1 200 sympathisants ravis.
Alors, quoi qu'en disent les dirigeants syndicaux, les militants du NPA continueront leurs interventions dans les "boîtes". "Nous allons consolider un milieu autour de nous par une activité
perpétuelle dans les entreprises", a prévenu le porte-parole du NPA. "On va être attentif à ce qui se passe à la base et guetter par où cela peut démarrer", renchérit Pierre-François Grond, son
bras droit. Le NPA va organiser une campagne pour l'emploi et contre les licenciements dès septembre. Et lance un appel à une "manifestation nationale des entreprises en lutte" en décembre, en lien
avec la marche contre le chômage et la précarité. Avec les centrales syndicales, "si possible". Sinon ce sera sans.