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Le Honduras sous tension, Zelaya "assiégé" à l'ambassade du Brésil
LEMONDE.FR avec AFP | 22.09.09 | 16h00 • Mis à jour le 22.09.09 | 19h14
Au lendemain de son retour surprise sur le sol hondurien, le président déchu Manuel Zelaya était "assiégé" dans l'ambassade du Brésil, mardi 22 septembre. Dans la matinée, l'armée et la police
ont encerclé le bâtiment où s'était installé M. Zelaya et ont chassé plusieurs milliers de ses partisans qui avaient passé la nuit devant l'immeuble.
Le gouvernement de Roberto Micheletti, l'ex-président du Congrès qui a pris la place de M. Zelaya à la tête de l'Etat, a réagi autoritairement en apprenant son retour, qui l'avait manifestement
pris de court : il a fermé tous les aéroports du pays, instauré un couvre-feu national jusqu'à mardi soir, et fait donner la troupe à l'aube pour chasser les quelque 4 000 partisans du président
renversé qui avaient passé la nuit devant l'ambassade. La police a toutefois affirmé ne pas avoir l'intention d'entrer dans les locaux.
"Le pays est en état de siège, l'aéroport est fermé", a indiqué, depuis New York, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva. M. Lula a demandé aux militaires, au pouvoir de facto selon
lui, d'accepter une solution "négociée et démocratique" qui permette le retour de M. Zelaya, tandis que celui-ci affirmait à Tegucigalpa avoir entamé "des conversations" avec les militaires pour
une sortie de crise.
"SONS STRIDENTS"
A grand renfort de gaz lacrymogènes et de coups de matraque, militaires et policiers en tenue anti-émeute ont vidé mardi matin les abords de l'ambassade, et branché des haut-parleurs crachant à
pleine intensité l'hymne national du Honduras – "des sons stridents pour tenter de rendre fous ceux qui se trouvent à l'intérieur", a expliqué M. Zelaya depuis l'ambassade.
Le bâtiment est privé d'eau, d'électricité et du téléphone, le tout coupé par les autorités de fait, selon le ministère des affaires étrangères brésilien. "Ici, ce sont des coups de feu, des
grenades lacrymogènes, il s'instaure une dictature répressive et criminelle au Honduras, et il faut l'arrêter immédiatement", a déclaré M. Zelaya lui-même depuis l'intérieur de l'ambassade à la
chaîne de télévision américaine CNN
UNE CHANCE DE RÉSOUDRE LA CRISE
L'Organisation des Etats américains (OEA) a appelé le gouvernement de M. Micheletti à garantir la sécurité de M. Zelaya, et demandé à toutes les parties d'éviter la violence. Le secrétaire
général de l'OEA, José Miguel Insulza, avait prévu de se rendre "au plus tôt" à Tegucigalpa, mais a dû y renoncer en raison de la fermeture des aéroports, a-t-il expliqué, estimant que "la
négociation est la seule solution".
L'ensemble de la communauté internationale, qui soutient M. Zelaya depuis le coup d'Etat, appelle au "calme" et au "dialogue". L'Union européenne a toutefois implicitement rappelé à l'ordre M.
Zelaya qui, dès son retour, avait appelé l'armée à "retourner ses fusils contre les ennemis du peuple", tandis que M. Arias et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton estimaient lundi
soir que son retour surprise offrait une chance de résoudre la crise.
M. Zelaya avait été renversé le 28 juin par un coup d'Etat condamné par la communauté internationale, alors qu'il voulait organiser contre l'avis de la Cour suprême une consultation populaire
pour permettre la réélection du chef de l'Etat, actuellement interdite par la Constitution hondurienne.