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Par FISCHER
Discothèques fermées, quatre cent trente établissements ont déjà mis la clé sous la porte, selon un syndicat du secteur
Un tiers des boîtes de nuit françaises ne rouvriront pas après la crise, annonce Patrick Malvaës, président du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs (SNDLL) qui évoque un monde englouti. Il propose sans faire d'humour de les reconvertir en centres de vaccination.
« La seule reconversion qui serait possible, ce serait de nous transformer en centre de vaccination », a proposé Dimanche 24 Janvier 2021 à France Info Patrick Malvaës, président du SNDLL. Les boîtes de nuit restent fermées depuis le début de la crise épidémique du coronavirus, quatre cent trente établissements ont déjà mis la clé sous la porte. « Ce sont des référents qui disparaissent, un monde englouti et nous ne voyons pas de perspectives », a-t-il témoigné.
Question. Combien de boîtes de nuit ont déjà mis la clé sous la porte ?
Réponse. J'ai eu des chiffres, Dimanche 24 Janvier 2021, nous arrivons maintenant à quatre cent trente établissements ciblés. C'est quand même énorme parce que nous arrivons à trente pour cent des établissements. Un tiers des boîtes de nuit françaises ne rouvriront pas après la crise, nous pouvons en être sûrs parce que cette dérive de quatre cent trente établissements va pouvoir passer à six cent établissements très rapidement. Elle a été endiguée par les aides que nous avons eues. Nous avons des aides actuellement, il y a eu un effet d'aubaine qui a incité certains à ne pas déposer tout de suite le bilan ou à ne pas fermer leur établissement, parce que nous pouvons fermer volontairement ou bien nous pouvons fermer judiciairement. Les fermetures judiciaires, nous en sommes à peu près à deux cent, mais le reste, ce sont des fermetures volontaires, la moitié d'entre elles. Dans les fermetures volontaires, beaucoup attendent la fin des aides et de voir comment cela tourne, parce que les factures commencent à tomber et à s'alourdir sacrément. Vous avez des comptes annuels et des assurances annuelles. Vous avez plusieurs charges annuelles qui commencent à se profiler. Et puis, vous avez un deuxième gros problème, c'est qu'il n'y a pas de salaire pour les dirigeants. Les salaires des dirigeants ne sont pas du tout pris en compte. Il y a un système de prise en charge du personnel, mais pas des dirigeants. Je veux être tout à fait clair avec vous, au risque de faire hérisser quelques poils à certains, mais ce n’est pas grave. Je suis tout à fait pour le maintien de la fermeture de nos établissements. Je suis parfaitement conscient qu'il y a un risque sanitaire majeur et que les mesures actuellement proposées, même par le biais de protocoles sanitaires, sont des mesures insuffisantes et inopérantes. De toute façon, le protocole nous soumettrait à de telles contraintes que l'établissement ne pourra pas redémarrer. Pour toutes ces raisons, pour moi, il est hors de question d'envisager une ouverture dans ces conditions, dans ce que j'appelle un mode dégradé qui, en plus de cela, ne s'accorde pas avec cet objectif sanitaire.
Question. Comment vont tous les autres, videurs, disc-jockeys et barmen ?
Réponse. C'est la catastrophe pour ceux qui travaillent derrière moi, avec moi au niveau de l'appareil syndical et au niveau du personnel surtout. Les aides ont été mises à un nouveau palier de dix mille euros par mois ou vingt pour cent du chiffre d'affaire. C'est une évolution qui est tout à fait heureuse, mais il ne faut pas laisser au bord du chemin des cas particuliers, des personnes qui sont en procédure collective et en redressement judiciaire. Il n'y a aucune raison que quelqu'un qui a déjà la tête sous l'eau, on ne l'aide pas. On devrait même l'être deux fois plus que les autres. Il y a un ensemble de cas comme cela qui sont à traiter. Nous sommes en train de voir actuellement avec le ministre Alain Griset pour traiter tous ces cas marginaux. Et j'ai un excellent délégué général à ces problèmes qui s'y emploie beaucoup. Alors pour le personnel, parce qu'on ne parle pas assez de notre personnel, c'est terrible. Ils ont une prise en charge qui est faite au niveau de l'emploi avec le chômage partiel, mais d'une façon pérenne, vous pensez bien que, avec l'évolution du métier, en un an, vous avez vieilli de dix ans dans un autre métier. La discothèque est un monde qui est évolutif par essence et par nature. Un disc-jockey d'aujourd'hui n'est pas un disc-jockey de demain. Ces professions, vous les faites pendant cinq ou six ans de façon très pointue et, après cela, la pointe, elle s'émousse. C'est terrible et, en plus, il n'y a pas de contact. C'est ce problème psychologique dont nous ne parlons pas non plus, nous avons parlé des dégâts matériels, mais il y a des dégâts psychologiques. Vous imaginez un peu tout le personnel qui n'est plus du tout en contact avec la clientèle et avec la direction. C'est un manque terrible parce que la discothèque, c'est un art de vivre.
Question. Peut-on imaginer d'autres possibilités d'activités que d'ouvrir au public pour les boîtes de nuit ? Y a-t-il des alternatives ?
Réponse. Sur le plan commercial, il faut être tout à fait clair. Il y en a plusieurs qui ont évoqué de fonctionner en mode bar ou en mode bar dansant. Moi, j'ai dit que c'est de la foutaise. La rentabilité ne sera pas au rendez vous. La seule reconversion qui serait possible, et je ne fais pas de l'humour, ce serait de nous transformer en centre de vaccination, nous y sommes tout à fait prêts, mais il faudrait encore qu'on nous sollicite. Nous le ferions tous avec grand plaisir. Nous avons même fait un sondage dans ce sens auprès de nos mandants. Pourquoi ne pas transformer les mille cinq cent établissements de France en centres de vaccination ? Toutes les discothèques répondraient présentes.
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