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actualité politique nationale et internationale

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ONZE ANS APRES SAINT BERNARD, UN AN APRES CACHAN

Interpellation à Lille de 120 sans-papiers, dont des grévistes de la faim
 
LILLE (AFP) - La police a interpellé mercredi environ 120 sans-papiers installés à la Bourse du travail de Lille, dont une soixantaine en grève de la faim pour réclamer une régularisation, au lendemain d'un ultimatum du préfet du Nord les sommant de cesser leur mouvement.
 
Deux compagnies de CRS, plus une soixantaine d'autres policiers, sont intervenus à 6H00 dans le parc de la Bourse du travail, après avoir interdit les différents accès au bâtiment, une propriété de la mairie utilisée par les syndicats.
Depuis le 25 juillet, environ 120 sans-papiers s'y étaient installés avec des tentes. Une soixantaine affirmaient observer une grève de la faim, pour certains depuis le 15 juin, afin d'obtenir une régularisation. Mardi en fin de journée, le préfet du Nord Daniel Canepa avait lancé un ultimatum aux grévistes en les sommant de cesser dès le soir même leur mouvement qu'il avait qualifié d'"inutile et dangereux".
"L'ultimatum a été rejeté, donc ce (mercredi) matin il y a eu une intervention. L'évacuation était annoncée, indispensable sur le plan sanitaire, de l'hygiène et de la sécurité, et justifiée sur le plan juridique", a déclaré M. Canepa lors d'un point presse après l'évacuation qui s'est terminée à 09H30.
Selon lui, 76 sans-papiers ont été placés en garde à vue pour l'examen de leur situation. En fonction de celle-ci, ils seront éventuellement placés dans différents centres de rétention administrative ou feront l'objet d'une procédure d'éloignement.
Une quarantaine d'autres sans-papiers, "se prétendant en grève de la faim", feront l'objet d'un examen médical "par précaution" et seront ensuite laissés libres, a ajouté le préfet. Cinq d'entre eux "présentant les symptômes d'une grève de la faim" ont été hospitalisés, a-t-il précisé. "Le préfet a mis en oeuvre son ultimatum, pour nous il s'agit d'une rafle, c'est une prise en otage", a déclaré à l'AFP Roland Diagne, le porte-parole du Comité des sans-papiers du Nord (CSP-59), présent sur place. Créé il y a une dizaine d'années, ce comité est très actif à Lille, où il organise chaque mercredi soir une manifestation et est de tous les mouvements sociaux.
Depuis plusieurs semaines, les relations s'étaient tendues avec les autorités nordistes, les sans-papiers multipliant les occupations de sites (mairie, faculté...) pour réclamer la régularisation d'environ 500 personnes en situation irrégulière dans le cadre d'un accord passé en 2004 avec la préfecture après déjà un mouvement de grève de la faim à la Bourse du travail. Récemment des interpellations ont eu lieu à plusieurs reprises.
Nommé il y a un an, l'actuel préfet, qui refuse tout régularisation massive, estime que ces accords n'ont plus lieu d'être puisque selon lui, ils devaient notamment permettre d'éviter les grèves de la faim. "La porte est ouverte" pour le dialogue, a répété M. Canepa mercredi, en rappelant qu'il avait donné rendez-vous le 31 août "à toutes les bonnes volontés" pour "examiner au cas par cas les dossiers qui méritent de l'être".
Il a dénoncé "les listes fantaisistes" fournies par le CSP-59, où parmi les quelque 500 noms de sans-papiers candidats à la régularisation figurent celui "d'un violeur", d'un autre ayant fait "un mariage forcé" et d'autres étant "déjà régularisés".
 
 
 
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